Facturation

Facture commerce de détail : TVA vente marchandises et mentions 2026

Publié le 29 avril 2026·3 min de lecture

Gérez vos factures et devis en 1 clic

Essai gratuit 14 jours · Sans carte

Essayer

Un détaillant qui vend des vêtements, de l'électronique, des articles de sport ou des produits de beauté facture à 20 % de TVA dans la grande majorité des cas. Ce qui complique la vie : les commerces mixtes qui vendent à la fois des produits alimentaires, des produits courants et des services associés. Chaque catégorie a son propre taux, et les clients professionnels ont besoin de factures ventilées correctement pour récupérer leur TVA.

TVA commerce de détail : les taux par catégorie de produit

20 %, le taux de droit commun

La majorité des produits vendus en commerce de détail sont à 20 % : vêtements, chaussures, électronique, électroménager, produits de beauté et cosmétiques, jouets, articles de sport, mobilier, décoration, bricolage, livres audio et jeux vidéo, bijoux, fleurs et plantes non comestibles.

Ce taux s'applique aussi aux services associés à la vente : retouches, livraison, installation, garantie étendue vendue séparément.

5,5 %, l'alimentation et les produits de première nécessité

Les produits alimentaires destinés à la consommation humaine sont à 5,5 % : épicerie, conserves, produits frais, surgelés, boissons non alcoolisées (hors restauration), eau en bouteille, produits diététiques, compléments alimentaires sous certaines conditions.

Également à 5,5 % : les protections hygiéniques féminines, les appareillages pour personnes handicapées, les livres physiques (papier), les abonnements presse, certains équipements pour la dépendance.

10 %, la restauration et certains produits spécifiques

Si votre commerce propose de la vente à emporter de plats préparés ou chauds (sandwicherie, épicerie avec angle snacking) : 10 % sur ces ventes. Le transport de personnes si vous proposez un service navette : 10 %. Les travaux d'amélioration dans des logements anciens si vous êtes aussi prestataire (cas rare pour un détaillant pur).

2,1 %, les médicaments remboursables

Uniquement pour les pharmacies et commerces autorisés : les médicaments remboursables par la Sécurité sociale sont à 2,1 %. Les médicaments non remboursables sont à 10 %. Les parapharmacies (cosmétiques, compléments) sont à 20 %.

Ticket de caisse ou facture : qui a besoin de quoi

Pour un client particulier, le ticket de caisse est suffisant. Il n'y a pas d'obligation légale d'émettre une facture formelle pour une vente au détail à un particulier, sauf si le client le demande explicitement.

Pour un client professionnel (entreprise, artisan, association), la facture est obligatoire dès que le montant dépasse 25 € TTC, et fortement recommandée en dessous. Le client a besoin de la facture pour :

  • Comptabiliser la dépense dans ses charges
  • Récupérer la TVA (s'il est assujetti)
  • Justifier la dépense en cas de contrôle fiscal

Un simple ticket de caisse ne suffit pas pour un client pro : il ne contient pas son numéro de TVA, sa raison sociale ni le détail des taux appliqués. Ayez un process en caisse pour basculer en mode "facture pro" quand un client présente sa carte de visite ou sa carte de TVA.

Mentions obligatoires sur une facture de commerce de détail

  • Numéro de facture séquentiel et chronologique
  • Date d'émission et date de vente
  • Votre dénomination commerciale + raison sociale + adresse + SIRET
  • Numéro de TVA intracommunautaire
  • Coordonnées du client professionnel + son numéro de TVA si UE assujetti
  • Description précise de chaque article vendu (référence, désignation, quantité)
  • Prix unitaire HT, taux de TVA, montant TVA, total TTC pour chaque ligne
  • Total HT, TVA ventilée par taux, total TTC en bas de facture
  • Conditions de paiement et pénalités de retard si client professionnel

Exemple de facture : boutique mixte alimentation et articles ménagers

Facture, Épicerie fine Leblanc, Client : Restaurant Le Vieux Moulin

Huile d'olive extra-vierge AOP 5L × 3 (alimentaire), 87,00 € HT, TVA 5,5 %, 4,79 €, 91,79 € TTC
Vinaigre balsamique de Modène 1L × 6 (alimentaire), 54,00 € HT, TVA 5,5 %, 2,97 €, 56,97 € TTC
Épices et aromates, assortiment 12 références (alimentaire), 36,00 € HT, TVA 5,5 %, 1,98 €, 37,98 € TTC
Tabliers de cuisine × 4 (textile professionnel), 96,00 € HT, TVA 20 %, 19,20 €, 115,20 € TTC
Livraison à domicile, 15,00 € HT, TVA 20 %, 3,00 €, 18,00 € TTC

Total HT : 288,00 €
TVA 5,5 % : 9,74 €
TVA 20 % : 22,20 €
Total TTC : 319,94 €

Caisse enregistreuse certifiée : l'obligation légale depuis 2018

Tout commerçant assujetti à la TVA qui encaisse des paiements de particuliers doit utiliser un logiciel de caisse certifié NF525 ou équivalent depuis le 1er janvier 2018 (loi de finances 2016). La certification porte sur le logiciel, pas sur le matériel.

Le logiciel certifié doit garantir l'inaltérabilité, la sécurisation, la conservation et l'archivage des données de caisse. En cas de contrôle fiscal, l'absence de certification expose à une amende de 7 500 € par logiciel non conforme.

Votre éditeur de caisse doit vous fournir une attestation de conformité. Si vous n'en avez pas, demandez-la, c'est son obligation contractuelle.

Commerce de détail auto-entrepreneur : le bon seuil

Un commerce de détail relève de l'activité commerciale (vente de marchandises). Le seuil de CA pour la franchise de TVA en 2026 est de 188 700 € HT. Sous ce seuil : pas de TVA à facturer, mention "TVA non applicable, art. 293 B du CGI" sur chaque facture.

Ce seuil est beaucoup plus élevé que pour les prestataires de services (36 500 €). Un commerce de détail modeste (marché, vente en ligne, boutique de quartier) peut rester sous la franchise pendant plusieurs années. Mais attention : dès le dépassement, la TVA est due à partir du premier jour du mois suivant le dépassement.

Piège courant pour les vendeurs en ligne (Etsy, Vinted pro, Amazon Marketplace) : les commissions de plateforme ne réduisent pas votre CA déclaré. Si vous vendez 200 000 € sur Amazon mais que la plateforme prélève 30 % de commission, votre CA reste 200 000 €, pas 140 000 €.

Vente en ligne (e-commerce) : mêmes règles, un piège supplémentaire

Un détaillant qui vend en ligne en France : mêmes taux de TVA que la vente physique. La difficulté vient des ventes vers d'autres pays de l'UE.

Depuis juillet 2021, le régime OSS (One Stop Shop) simplifie la TVA pour les ventes à distance dans l'UE. Si vous dépassez 10 000 € HT de ventes annuelles vers d'autres pays de l'UE (cumulé tous pays), vous devez appliquer la TVA du pays de destination de l'acheteur, pas la TVA française. L'OSS vous permet de tout déclarer depuis la France en un seul fichier.

En dessous de 10 000 € HT de ventes intra-UE : TVA française sur tout. Simple.

Remises, avoir et retours : comment les gérer sur la facture

Un client retourne un article : vous émettez un avoir (facture d'avoir ou note de crédit). L'avoir annule partiellement ou totalement la facture initiale. Il porte le même numéro de taux de TVA que la facture originale et doit référencer le numéro de la facture annulée.

Une remise commerciale accordée en cours d'année (remise de fidélité, remise volume) : facturez-la sur une facture d'avoir distincte ou directement sur la facture de vente comme ligne négative avec le même taux de TVA que le produit concerné.

Commerce de détail et récupération de TVA sur les achats

La TVA ne circule que dans un sens pour le commerçant assujetti : il collecte la TVA sur ses ventes et déduit la TVA payée sur ses achats professionnels. La différence est reversée à l'État (ou remboursée si la TVA déductible dépasse la TVA collectée).

Quelles TVA sont déductibles ?

Sont déductibles les TVA payées sur tous les achats professionnels : achat de marchandises pour revente, achat de matériel et outillage, véhicule utilitaire (pas les voitures de tourisme), loyer commercial (si le bailleur facture avec TVA), frais de livraison, emballages, fournitures de bureau, logiciels professionnels, publicité, formation.

La règle générale : la TVA est déductible si l'achat est directement lié à une activité taxée à la TVA. Les achats destinés à des ventes exonérées (livres à 5,5 %, médicaments à 2,1 %) ouvrent droit à déduction de la TVA payée sur ces achats de manière proportionnelle au prorata de l'activité.

Gérer le stock et la TVA sur les invendus

Le stock de marchandises en fin d'exercice est un actif du bilan. La TVA sur les achats de stock est déductible dès l'achat, même si les marchandises ne sont pas encore vendues. Les soldes et déstockages à prix réduit ne créent pas de régularisation de TVA : tu collectes la TVA sur le prix de vente réel (soldé), même si c'est en dessous du prix d'achat.

Les cadeaux clients et les prélèvements personnels

Si tu offres des produits à des clients (cadeaux, échantillons), la TVA sur ces prélèvements doit être régularisée si la valeur unitaire dépasse 69 euros TTC par bénéficiaire par an. En dessous de ce seuil, pas de régularisation. Si tu prélèves des marchandises pour ta consommation personnelle, la TVA initialement déduite doit être reversée.

Gestion de caisse et conformité fiscale

La caisse est le coeur de la comptabilité d'un commerce de détail. Bien la tenir protège en cas de contrôle fiscal et facilite la gestion quotidienne.

Clôture de caisse quotidienne

Le Z de caisse (état de clôture journalier) doit être édité chaque soir et conservé. Il récapitule les ventes par mode de règlement (espèces, carte, chèque) et par taux de TVA. Ces tickets constituent la base du journal des ventes. Un écart récurrent entre le Z de caisse et les montants encaissés réels est un signal d'alerte pour le contrôle fiscal.

Plafond des paiements en espèces

En France, les paiements en espèces sont limités à 1 000 euros pour les ventes à des particuliers résidents français, et à 15 000 euros pour les paiements entre professionnels. Au-dessus, seuls les moyens de paiement traçables (carte, virement, chèque) sont acceptés. Dépasser ces plafonds expose à des sanctions pénales.

Archivage des données de caisse

Les données de caisse doivent être conservées pendant 6 ans (durée légale de prescription fiscale). Le logiciel certifié NF525 garantit l'inaltérabilité et l'archivage. En cas de changement de logiciel, les données historiques doivent être exportées et conservées sous un format lisible.

Commerce de détail multicanal : boutique physique et en ligne

De nombreux commerçants de détail combinent une boutique physique et une activité e-commerce. Gérer la TVA de ces deux canaux nécessite une organisation comptable rigoureuse.

Unifier la comptabilité physique et en ligne

Un logiciel de caisse connecté à la boutique en ligne (Shopify, WooCommerce, PrestaShop) permet de centraliser les ventes et d'avoir une vue unifiée du chiffre d'affaires et des stocks. La TVA est identique quel que soit le canal de vente : 20 % sur les produits courants, 5,5 % sur l'alimentation, etc.

La différence principale : en ligne, les frais de plateforme (commission Shopify, commission Amazon Marketplace) sont des charges professionnelles à 20 % de TVA déductible. La TVA sur ces commissions est récupérable si tu es assujetti.

Click and collect et livraison à domicile

Le click and collect (commande en ligne, retrait en boutique) suit les règles TVA standard. La livraison à domicile facturée séparément est une prestation de transport à 20 %. Si les frais de livraison sont inclus dans le prix du produit (livraison offerte), ils ne créent pas de ligne distincte sur la facture.

Développer son commerce de détail

Le commerce de détail fait face à une concurrence forte des grandes surfaces et des acteurs en ligne. Les pistes de développement les plus efficaces jouent sur la différenciation par le service et la spécialisation.

Se spécialiser et créer de l'expertise

Un commerce de détail généraliste peine à rivaliser avec les grandes enseignes sur les prix. La spécialisation (épicerie fine de terroir, vins naturels, cycle de qualité, jouets pédagogiques) permet de toucher une clientèle qui cherche conseil et expertise, pas seulement le prix. Cette clientèle est souvent plus fidèle et moins sensible au prix.

La fidélisation : moins chère que l'acquisition

Un programme de fidélité bien conçu (carte de fidélité, avantages exclusifs, avant-premières) coûte moins cher que d'acquérir de nouveaux clients. Du point de vue fiscal, les bons d'achat émis dans le cadre d'un programme de fidélité sont comptabilisés comme une réduction commerciale, sans impact immédiat sur la TVA tant qu'ils ne sont pas utilisés.

Les réseaux sociaux et le commerce local

Instagram, Facebook et TikTok sont des outils de promotion efficaces pour les commerces locaux, notamment pour présenter les nouveautés, les promotions et la vie du magasin. Les dépenses publicitaires sur ces plateformes sont des charges professionnelles à 20 % de TVA déductible. Ces investissements marketing sont à mettre en regard de l'augmentation du chiffre d'affaires générée.

Comptabilité d'un commerce de détail : régimes et obligations

Le régime comptable d'un commerce de détail détermine les obligations déclaratives, la périodicité de la TVA et le niveau de tenue de la comptabilité. Choisir le bon régime dès l'ouverture évite des ajustements coûteux plus tard.

Choisir entre micro-entreprise, réel simplifié et réel normal

Sous 188 700 euros de CA annuel, la micro-entreprise (régime auto-entrepreneur) est accessible : comptabilité simplifiée, pas de déclaration de TVA (franchise de TVA). Inconvénient majeur : impossible de récupérer la TVA sur les achats de stock, ce qui pénalise les commerces à forte rotation de marchandises.

Le régime réel simplifié s'applique entre 188 700 et 840 000 euros de CA. Deux acomptes de TVA par an (juillet et décembre), une régularisation annuelle en mai. Pratique pour les petits commerces stables.

Le régime réel normal (au-dessus de 840 000 euros de CA, ou sur option) impose une déclaration mensuelle de TVA (ou trimestrielle si la TVA annuelle est inférieure à 4 000 euros). C'est le régime des commerces en croissance ou à fort volume de TVA à récupérer sur les achats.

Le journal des ventes et le journal des achats

Pour un commerçant assujetti à la TVA, les deux journaux comptables fondamentaux sont le journal des ventes (alimenté par le Z de caisse quotidien et les factures clients pros) et le journal des achats (alimenté par les factures fournisseurs). Ces deux journaux permettent de calculer la TVA à reverser chaque mois ou trimestre : TVA collectée sur les ventes moins TVA déductible sur les achats.

Un logiciel de comptabilité connecté à la caisse automatise largement cet enregistrement. Sans logiciel, un tableur bien tenu peut suffire pour un micro-commerce, mais l'erreur est fréquente lors des périodes de soldes avec plusieurs taux.

Déclaration de TVA : mensuelle ou trimestrielle

Si votre TVA annuelle collectée ne dépasse pas 4 000 euros, vous pouvez opter pour une déclaration trimestrielle (formulaire CA3 tous les 3 mois). Au-dessus, la déclaration mensuelle est obligatoire. Le choix trimestriel simplifie la gestion mais peut créer des décalages de trésorerie importants en haute saison si votre activité est saisonnière.

En cas de TVA à récupérer régulièrement (achats de stock importants), la déclaration mensuelle est plus avantageuse car elle accélère le remboursement par l'administration fiscale.

Gérer les litiges et les retours de marchandise

Dans un commerce de détail, les retours et les litiges sont inévitables. Une procédure claire protège le commerçant sur le plan comptable et fiscal.

Procédure d'avoir pour un retour

Quand un client retourne un article et demande un remboursement, vous émettez un avoir (note de crédit). Cet avoir doit référencer la facture ou la vente originale, indiquer le produit concerné avec son taux de TVA, et annuler le montant correspondant. Sur votre déclaration de TVA du mois concerné, la TVA sur l'avoir vient en déduction de la TVA collectée.

Si le client reçoit un bon d'achat plutôt qu'un remboursement, la TVA n'est régularisée qu'à l'utilisation du bon, pas à son émission. Attention à suivre l'utilisation des bons d'achat dans votre caisse.

Litige qualité et geste commercial

Un geste commercial (remise accordée après coup pour compenser un défaut ou un retard) est comptabilisé comme une réduction commerciale sur avoir. La TVA est régularisée en proportion du geste. En revanche, un avoir émis sans retour physique du produit (par exemple, pour un client fidèle qui a reçu un article légèrement défectueux mais le garde) est valide fiscalement : il suffit que le motif soit documenté.

Conservez toujours le motif écrit du litige (email, note interne) : en cas de contrôle fiscal, les avoirs sans justification peuvent être requalifiés.

FAQ, Facture commerce de détail

Doit-on remettre un ticket de caisse à tous les clients depuis 2023 ?

Non. Depuis le 1er août 2023, la remise systématique du ticket de caisse n'est plus obligatoire pour la plupart des commerces (loi antigaspillage). Le ticket est remis à la demande du client. Exception : carburant, appareils électroménagers, tickets de transport, où le ticket reste obligatoire.

Les frais de port e-commerce sont-ils à 20 % ?

Les frais de livraison suivent le taux du produit principal quand ils sont inclus dans le prix ou clairement accessoires à la vente. S'ils sont facturés séparément comme prestation de transport : 20 %. La règle de l'accessoire s'applique, si vous vendez des livres (5,5 %) et facturez les frais de port séparément, les frais de port sont à 20 %.

Un commerçant en franchise de TVA doit-il quand même émettre des factures ?

Oui, les obligations de facturation s'appliquent même en franchise de TVA. La différence : les factures ne mentionnent pas de TVA et portent la mention "TVA non applicable, art. 293 B du CGI". Le numéro de SIRET, la description des produits et les conditions de paiement restent obligatoires.

Quelle TVA sur les emballages cadeaux et packaging ?

L'emballage cadeau vendu séparément du produit (service d'emballage) : 20 %. L'emballage inclus dans le prix du produit et non dissociable : suit le taux du produit. Un coffret cadeau qui regroupe plusieurs produits à taux différents : appliquez un taux mixte proportionnel ou, plus simplement, ventillez ligne par ligne sur la facture.

Un commerce de détail peut-il récupérer la TVA sur l'achat d'un véhicule ?

La TVA sur l'achat d'un véhicule de tourisme n'est pas déductible pour un commerçant de détail, même si le véhicule est utilisé pour des livraisons. En revanche, la TVA sur un véhicule utilitaire (camionnette, fourgon) est intégralement déductible. Si vous achetez un véhicule double cabine (à la fois utilitaire et passagers), la déductibilité est partielle selon les règles de l'administration fiscale.

Comment gérer la TVA sur les ventes soldées ?

Lors des soldes, vous appliquez le taux de TVA normal sur le prix soldé (remisé). Si un article normalement à 50 euros TTC (41,67 HT + 8,33 TVA à 20 %) est soldé à 30 euros TTC, la TVA collectée est de 5 euros (30/1,20 × 0,20). Vous n'avez pas à régulariser la TVA précédemment déduite sur l'achat. La perte est une charge comptable, pas une irrégularité fiscale.

Quelle TVA pour les formations ou ateliers organisés en boutique ?

Un atelier de cuisine dans une épicerie fine, un cours de réparation vélo dans un magasin de cycle, une formation à la dégustation dans une cave à vin : ces prestations sont à 20 % de TVA. L'exonération de TVA sur les formations ne s'applique qu'aux organismes certifiés Qualiopi. Si ton commerce n'est pas certifié, tes ateliers sont imposables à 20 %, même si les participants sont des particuliers.

Quelle TVA sur les cartes cadeaux (gift cards) ?

L'émission d'une carte cadeau (gift card) n'est pas soumise à la TVA au moment de sa vente : c'est un simple échange de valeur, pas encore une vente de produit. La TVA n'est due qu'à l'utilisation de la carte, lors de l'achat du produit ou du service. A ce moment-là, le taux appliqué est celui du produit acheté (20 % pour les vêtements, 5,5 % pour l'alimentation, etc.). Si la carte cadeau n'est jamais utilisée (cartes dormantes), aucune TVA n'est due sur le montant expiré.

Comment corriger une erreur de TVA sur une facture déjà émise ?

Si vous avez appliqué le mauvais taux (par exemple 20 % sur de l'alimentation qui devait être à 5,5 %), émettez un avoir sur la facture erronée, puis une nouvelle facture corrigée. Vous ne pouvez pas modifier une facture déjà remise au client. La séquence avoir + nouvelle facture garantit la traçabilité. Si la TVA incorrecte a déjà été déclarée, régularisez sur la prochaine déclaration (TVA à reverser trop élevée le mois précédent, à récupérer ce mois-ci).

La facturation numérique pour les commerces de détail en 2026

La dématérialisation des factures et des tickets de caisse est une tendance de fond dans le commerce de détail. Voici ce qui change concrètement.

Facture électronique B2B et commerce de détail

La réforme de facturation électronique B2B 2026-2027 concerne principalement les ventes entre professionnels assujettis à la TVA. Pour un commerce de détail qui vend principalement aux particuliers (B2C), la réforme a un impact limité. Elle s'applique uniquement aux factures émises à des clients professionnels.

Si votre commerce vend à la fois à des particuliers et à des professionnels (restaurateurs, entreprises), les factures aux professionnels devront passer par une Plateforme Agréée dès septembre 2027 pour les TPE.

Ticket de caisse dématérialisé

La suppression du ticket de caisse papier systématique (loi antigaspillage 2023) pousse vers le ticket numérique. Plusieurs options existent : envoi par email, QR code sur écran de caisse, SMS. Le ticket dématérialisé contient les mêmes informations légales que le ticket papier. Du point de vue fiscal, son archivage doit être assuré avec la même rigueur qu'un ticket papier.

Commerce de détail et déclaration TVA : méthode simplifiée

Pour un commerce de détail avec des taux TVA multiples, la déclaration TVA mensuelle peut sembler complexe. Voici la méthode simplifiée en 3 étapes.

Étape 1 : Récupérer les Z de caisse du mois

Chaque Z de caisse journalier ventile les ventes par taux de TVA. Sommez les Z de caisse du mois pour obtenir : CA TTC à 5,5 %, CA TTC à 10 %, CA TTC à 20 %. Calculez le CA HT pour chaque taux (TTC / 1,055, TTC / 1,10, TTC / 1,20) et la TVA collectée correspondante.

Étape 2 : Récupérer la TVA déductible

Listez toutes les factures fournisseurs du mois (achats de marchandises, charges, emballages, etc.) et extrayez la TVA mentionnée sur chaque facture. C'est votre TVA déductible du mois.

Étape 3 : Calculer le solde et déclarer

TVA à reverser = TVA collectée - TVA déductible. Si positif, vous reversez à l'État. Si négatif, vous avez un crédit de TVA récupérable. Déclarez sur impots.gouv.fr (formulaire CA3 mensuel ou CA12 annuel selon votre régime).

Gérer les promotions et réductions sur la facturation

Soldes, promotions flash, codes promo : les remises de prix sont courantes dans le commerce de détail. Voici comment les traiter fiscalement.

Remise directe sur la facture ou le ticket

Une remise appliquée au moment de la vente réduit le prix de vente TTC. La TVA est calculée sur le prix remisé. Un produit à 120 € TTC (100 € HT + 20 € TVA) vendu avec 20 % de remise = 96 € TTC (80 € HT + 16 € TVA). La remise n'a pas de taux de TVA propre — elle réduit simplement la base imposable.

Programme de fidélité et points de réduction

Quand un client utilise ses points de fidélité pour réduire le prix d'un achat, la TVA est calculée sur le montant effectivement payé par le client. Si des points payés par une société tierce (carte co-branded) compensent une partie du prix, la TVA porte sur le montant total, y compris la partie remboursée par le tiers.

Obligations d'affichage des prix et TVA en commerce de détail

Un commerçant de détail a des obligations légales d'affichage des prix qui sont liées à la TVA.

Affichage des prix TTC obligatoire

Pour les ventes aux particuliers, les prix affichés doivent être en TTC (toutes taxes comprises). Afficher des prix HT en boutique pour des clients particuliers est interdit (art. L112-1 du Code de la consommation). L'affichage HT est autorisé uniquement pour les espaces réservés aux professionnels ou dans les catalogues B2B.

Qu'est-ce que le "prix de référence" en période de soldes

Pendant les soldes, la loi impose d'afficher le prix barré (prix de référence, soit le prix le plus bas pratiqué dans les 30 jours précédant les soldes) et le prix soldé. La TVA ne change pas pendant les soldes — c'est le prix HT de base qui est réduit, et la TVA se calcule sur le prix soldé HT.

Commerce de détail et facturation électronique

La réforme de facturation électronique B2B (entrée en vigueur progressive à partir de septembre 2026) concerne le commerce de détail dès lors qu'il facture des clients professionnels assujettis à la TVA.

Impact sur un commerce mixte (particuliers + professionnels)

Si 80 % de vos clients sont des particuliers et 20 % des professionnels, la réforme ne concerne que les 20 % de factures professionnelles. Vos tickets de caisse et factures aux particuliers restent en PDF ou papier. Les factures aux professionnels passeront par une Plateforme Agréée (PA) à partir de septembre 2027 pour les TPE.

Logiciel de caisse et conformité PA

Les logiciels de caisse certifiés NF525 évoluent pour intégrer la conformité avec la facturation électronique. Avant de choisir ou renouveler votre logiciel de caisse, vérifiez s'il est compatible avec les nouvelles obligations et s'il s'intègre avec une PA immatriculée pour les factures B2B.

Questions fréquentes supplémentaires

Un commerçant peut-il refuser les paiements en espèces ?

Oui. La loi n'oblige pas un commerçant à accepter les espèces, à condition d'afficher clairement ce refus (pancarte en caisse "Paiement en espèces non accepté"). Cependant, le refus de paiement en espèces sans raison valable peut être problématique dans certains cas. En pratique, la plupart des commerces acceptent les espèces jusqu'aux plafonds légaux.

Quelle TVA sur la livraison à domicile pour une commande mixte (5,5 % et 20 %) ?

Si les frais de livraison sont facturés séparément, ils sont à 20 %. Si la livraison est incluse dans le prix et que la commande est majoritairement alimentaire (5,5 %), l'ensemble peut suivre le taux principal. La règle de l'accessoire s'applique : les frais accessoires suivent le taux du produit principal. En cas de commande mixte sans taux dominant clair, la facturation séparée à 20 % est la plus sûre.

Doit-on remettre une facture si le montant est inférieur à 25 € TTC ?

Pour un client particulier : non, un ticket de caisse suffit en dessous de 25 € TTC (même en dessous de ce seuil, le client peut en demander une). Pour un client professionnel : oui, la facture est obligatoire quel que soit le montant dès lors que l'achat est à usage professionnel. En pratique, configurer votre caisse pour passer automatiquement en mode "facture pro" quand un client présente son numéro de TVA est la solution la plus propre.

Conclusion : les règles clés de la TVA commerce de détail

La TVA en commerce de détail suit des règles claires, même si la multiplicité des taux (2,1 %, 5,5 %, 10 %, 20 %) peut sembler complexe au départ. En pratique, la grande majorité des ventes d'un commerce généraliste sont à 20 %, avec quelques exceptions bien identifiées pour l'alimentation et les produits de santé.

Les trois obligations clés à respecter :

  • Utiliser un logiciel de caisse certifié NF525 (obligation depuis 2018)
  • Émettre des factures conformes pour tous les clients professionnels
  • Déclarer et reverser la TVA dans les délais (mensuel ou trimestriel selon votre régime)

Pour les commerçants qui vendent à la fois aux particuliers et aux professionnels, l'organisation des deux flux (caisse B2C et facturation B2B) est la clé d'une gestion TVA sans erreur. Un logiciel de caisse connecté à un logiciel de facturation qui génère automatiquement les factures pros depuis les ventes enregistrées en caisse est l'outil le plus efficace pour y parvenir.

Commerce de détail : KELYSEO gère vos factures pro avec TVA multi-taux (5,5 %, 10 %, 20 %), les avoirs pour retours, et les exports comptables mensuels. Compatible avec les principaux logiciels de caisse. Essai gratuit 14 jours.

Ressources complémentaires pour les commerçants

Les règles TVA d'un commerce de détail touchent à plusieurs domaines complémentaires. Voici les guides qui approfondissent les points clés abordés dans cet article.

Le commerce de détail en 2026 cumule les défis : concurrence des e-commerçants, réforme de facturation électronique, règles TVA multiples. Les commerçants qui maîtrisent leur administration fiscale libèrent du temps et de l'énergie pour ce qui compte vraiment : le service client et la sélection des produits.

Gérez vos devis et factures avec Kelyseo

Créez et envoyez vos documents en quelques clics. Conforme à la législation française, avec relances automatiques et suivi des paiements.

Essayer gratuitement

Consultez notre espace dédié au commerce de détail et notre modèle de facture commerce de détail. Pour aller plus loin sur la TVA : guide des taux TVA 2026 et toutes les mentions légales obligatoires.

Créer ma première facture