La TVA dans la restauration n'est pas aussi simple qu'un taux unique. Entre le repas sur place à 10 %, la bouteille de vin à 20 % et le plat à emporter à 5,5 % ou 10 % selon sa nature, un restaurateur qui facture des clients professionnels doit ventiler correctement ses taux. Ce guide couvre tous les cas, restaurant traditionnel, restauration rapide, traiteur, livraison, facturation entreprise.
TVA restaurant : les trois taux à connaître
10 %, la règle générale pour la restauration
La vente de plats préparés consommés sur place ou à emporter est soumise à la TVA à 10 % (article 279 a du CGI). C'est le taux qui s'applique à :
- Tous les plats servis au restaurant (entrées, plats, desserts)
- Les plats à emporter préparés (sandwichs chauds, plats cuisinés, salades composées)
- Les boissons non alcoolisées servies avec le repas (eau en carafe, café, thé, sodas)
- Les menus et formules incluant plat + boisson non alcoolisée
- Le service traiteur avec prestataire de service (livraison + service à table)
20 %, les boissons alcoolisées
Les boissons alcoolisées sont toujours à 20 %, qu'elles soient consommées sur place ou à emporter. Verre de vin, bière, cocktail, digestif, champagne : TVA à 20 % systématiquement.
Sur une facture de restaurant incluant un repas et des boissons alcoolisées, vous devez faire apparaître deux taux séparément. Un reçu global sans ventilation des taux n'est pas conforme pour un client professionnel.
5,5 %, les produits alimentaires non préparés
Ce taux concerne principalement la vente de produits alimentaires non transformés ou peu transformés : pain, fruits, légumes bruts, épicerie. Pour un restaurant qui vend des produits de sa boutique (confitures maison non chauffées, huiles, conserves non préparées sur place) : 5,5 %.
La frontière entre 5,5 % et 10 % porte sur la notion de "préparation". Un croissant vendu froid à emporter : 5,5 %. Un croissant réchauffé ou vendu avec un café : 10 %. Pour un restaurant classique, ce taux à 5,5 % est marginal.
Tableau récapitulatif, TVA restauration 2026
TVA applicable selon le type de vente
Plats préparés consommés sur place, 10 %
Plats à emporter (chauds ou préparés), 10 %
Boissons non alcoolisées (eau, sodas, café), 10 %
Boissons alcoolisées (vin, bière, cocktails), 20 %
Pain vendu seul non préparé, 5,5 %
Produits épicerie fine non préparés, 5,5 %
Plateau repas livré (traiteur), 10 %
Service traiteur avec personnel de service, 10 % (repas) + 20 % (alcool)
Location de salle seule, 20 %
Facturer un client entreprise : les exigences spécifiques
Un ticket de caisse ne suffit pas pour un client professionnel qui veut déduire son repas d'affaires. Il faut une facture en bonne et due forme, avec tous les éléments obligatoires.
Ce que doit contenir la facture pour une entreprise :
- Vos coordonnées complètes (dénomination, adresse, SIRET, numéro de TVA)
- Coordonnées du client (raison sociale, adresse, numéro de TVA si applicable)
- Numéro de facture séquentiel
- Date du repas et date d'émission de la facture
- Nombre de couverts
- Détail ventilé par taux de TVA : total HT à 10 %, TVA à 10 %, total HT à 20 %, TVA à 20 %
- Total TTC
- Mode de règlement
En pratique : votre logiciel de caisse génère souvent ces factures automatiquement depuis le ticket de caisse, en y ajoutant les coordonnées du client. Si votre caisse ne le fait pas, un logiciel de facturation complémentaire est nécessaire.
Caisse enregistreuse certifiée : l'obligation depuis 2018
Depuis le 1er janvier 2018, tout assujetti à la TVA qui encaisse des paiements de particuliers doit utiliser un logiciel de caisse ou un système de caisse certifié. La certification doit être fournie par l'éditeur du logiciel (attestation de conformité).
Un restaurant qui n'utilise pas de caisse certifiée risque une amende de 7 500 € par logiciel non conforme, doublée en cas de récidive. La certification ne porte pas sur le matériel (la caisse elle-même) mais sur le logiciel qui fait fonctionner la caisse.
Les tickets de caisse générés par un logiciel certifié sont des justificatifs fiscaux valables. Pour les montants supérieurs à 150 € TTC avec un client professionnel, vous devez établir une facture formelle (pas juste un ticket).
Traiteur : comment structurer la facturation
Un traiteur qui livre des repas et assure le service (buffet, cocktail dînatoire, mariage) : le tout est à 10 % sur la partie alimentaire, 20 % sur les boissons alcoolisées. La mise à disposition du personnel de service (serveurs, maîtres d'hôtel) suit la nature de la prestation principale, si c'est indissociable du service traiteur, c'est 10 %.
La location de matériel (tables, chaises, couverts, nappes) : 20 % si facturée séparément comme location de matériel. Si incluse dans un forfait traiteur global indissociable, elle peut suivre le taux principal, mais l'administration fiscale est vigilante sur ce point. En cas de doute, dissociez.
Facture traiteur, Cocktail dînatoire 80 personnes, 12/04/2026
Buffet froid et chaud, 80 pers. × 28,00 €/pers., 2 240,00 € HT, TVA 10 %, 224,00 €, 2 464,00 € TTC
Boissons : vins, champagne, bière, 80 pers. × 12,00 €/pers., 960,00 € HT, TVA 20 %, 192,00 €, 1 152,00 € TTC
Boissons soft : eaux, jus, café, 80 pers. × 4,00 €/pers., 320,00 € HT, TVA 10 %, 32,00 €, 352,00 € TTC
Service : 3 serveurs × 6 h × 22,00 €/h, 396,00 € HT, TVA 10 %, 39,60 €, 435,60 € TTC
Location matériel (tables, nappes, vaisselle), 280,00 € HT, TVA 20 %, 56,00 €, 336,00 € TTC
Total HT : 4 196,00 €
TVA 10 % : 295,60 €
TVA 20 % : 248,00 €
Total TTC : 4 739,60 €
Acompte versé le 20/03/2026 : 1 421,88 € TTC (30 %)
Reste à régler : 3 317,72 € TTC
Livraison à domicile : TVA à 10 % sur les plats
Un restaurant qui livre via ses propres coursiers ou via une plateforme (Uber Eats, Deliveroo, Just Eat) : la TVA sur les plats reste à 10 %. Les frais de livraison facturés au client : ils suivent le taux de la prestation principale si inclus dans le prix, sinon ils peuvent être à 20 % s'ils sont facturés comme service distinct.
Via les plateformes de livraison : c'est la plateforme qui gère la facturation client et la TVA applicable. Vous recevez un relevé avec votre commission nette. Votre CA déclaré est le montant brut des ventes (avant déduction des commissions plateforme).
Restaurant auto-entrepreneur : est-ce viable ?
Le statut auto-entrepreneur est difficilement compatible avec un restaurant traditionnel à plein régime. Le seuil de CA pour les activités commerciales (vente de marchandises et fournitures de logement/restauration) est de 188 700 € HT en 2026. Un restaurant de quartier avec 20 couverts à 35 € de ticket moyen génère rapidement 400 000 à 600 000 € de CA annuel, bien au-delà du seuil.
Le statut auto-entrepreneur convient pour : un traiteur à domicile en complément d'activité, un food truck saisonnier, un chef qui fait des dîners privés ponctuels. Pas pour gérer un restaurant avec salle et personnel.
Restauration rapide et dark kitchen : les spécificités
La restauration rapide (fast food, snack, sandwicherie) et les dark kitchens (cuisines sans salle, livraison uniquement) ont des caractéristiques TVA similaires aux restaurants traditionnels mais avec quelques particularités.
Restauration rapide : pas de différence de taux selon la vitesse de service
Un hamburger vendu dans un fast food est à 10 %, qu'il soit consommé sur place ou à emporter (s'il est chaud ou préparé). Un sandwich froid vendu à emporter sans préparation chaude peut être à 5,5 % si l'établissement facture correctement. En pratique, la quasi-totalité des fast foods appliquent 10 % sur tout leur menu, ce qui est correct pour les plats préparés chauds.
Dark kitchen et plateformes de livraison
Une dark kitchen qui travaille exclusivement via des plateformes de livraison (Uber Eats, Deliveroo) ne gère généralement pas directement la facturation client. La plateforme émet le reçu au consommateur. Pour les clients professionnels qui commandent des plateaux repas via ces plateformes, la facture doit être émise par le restaurant avec les mentions légales complètes.
Le chiffre d'affaires déclaré par la dark kitchen correspond au montant brut des ventes avant commission de la plateforme. Les commissions sont des charges déductibles (avec TVA à 20 % récupérable).
Gestion des pourboires et de la TVA
Les pourboires sont un sujet fiscal souvent mal compris dans la restauration. Leur traitement dépend de la façon dont ils sont collectés et redistribués.
Pourboires laissés librement par le client
Quand un client laisse un billet en sus de sa note ou ajoute un montant sur son terminal de carte bancaire, le pourboire est un geste de gratitude spontané. Il n'est pas soumis à TVA s'il est remis directement au personnel (il entre dans la base de calcul des cotisations sociales de l'employé, mais ce n'est pas une question de TVA pour le restaurant).
Service inclus (service compris)
Si les prix affichés incluent le service (mention "service compris"), la totalité du montant est soumise à TVA. La part de service incluse dans le prix facturé suit les taux des prestations auxquelles elle se rapporte : 10 % pour les repas, 20 % pour les alcools.
Mariage, réceptions et événements : traiteur à grande échelle
Les traiteurs qui organisent des mariages, réceptions d'entreprise et événements familiaux gèrent des factures complexes avec des montants élevés. Une organisation rigoureuse de la facturation est essentielle.
Acomptes et facturation progressive
Un mariage de 150 personnes représente une facture de 15 000 à 30 000 euros ou plus. La facturation en trois étapes est standard : un premier acompte à la réservation (30 % du devis), un deuxième acompte un mois avant l'événement (40 %), et le solde à la réception de la prestation.
Chaque acompte donne lieu à une facture d'acompte avec TVA exigible au moment de l'encaissement. La facture de solde défalque les acomptes versés. Conservez la cohérence des taux entre les acomptes et la facture finale.
Annulation et remboursement
En cas d'annulation, les conditions générales du traiteur définissent les frais retenus. Un acompte retenu comme indemnité d'annulation n'est pas soumis à TVA (c'est une indemnité, pas le paiement d'une prestation réalisée). Émettre un avoir annulant la facture d'acompte, puis une facture d'indemnité sans TVA. Ce traitement est plus précis et défendable en cas de contrôle.
Restaurant et réseaux sociaux : ce que les influenceurs demandent
Les partenariats avec des influenceurs (repas offerts en échange de publications) soulèvent des questions fiscales spécifiques.
Repas offerts à un influenceur : échange de marchandises et services
Un repas offert à un influenceur en échange d'une publication Instagram constitue un échange économique (troc). Du côté restaurant, la valeur du repas est un cadeau d'affaires ou une dépense de publicité. Du côté influenceur, la valeur du repas reçu peut être un revenu en nature. L'enjeu fiscal principal est côté l'influenceur, pas côté restaurant.
Pour le restaurant, la dépense est déductible comme frais de publicité si elle est documentée (accord écrit, publications prévues et réalisées). La TVA sur cette dépense (repas offert) n'est pas déductible (règle générale sur les cadeaux d'affaires au-delà de 69 euros TTC par bénéficiaire par an).
Gestion des erreurs de facturation en restauration
Dans un environnement de service rapide, des erreurs de facturation arrivent. Savoir les corriger correctement évite les problèmes comptables.
Erreur sur le taux de TVA appliqué
Si vous avez appliqué 20 % sur un plat à 10 %, vous avez sur-collecté de la TVA. En cas de correction : émettez un avoir sur la facture incorrecte et une nouvelle facture avec le bon taux. La TVA sur-collectée et reversée à l'État n'est pas perdue : elle est récupérable via une déclaration rectificative ou imputée sur la prochaine déclaration.
Erreur sur le montant facturé
Même procédure : avoir sur la facture erronée, nouvelle facture correcte. Ne jamais modifier une facture déjà émise et transmise au client. Les factures ont une intégrité chronologique obligatoire dans les systèmes certifiés NF525.
Développer son activité de restauration
La restauration est un secteur difficile avec des marges sous pression. Les leviers de développement les plus efficaces jouent sur la fidélisation, la diversification et l'optimisation des charges.
La restauration d'entreprise : un marché récurrent
Les repas d'affaires, plateaux repas commandés par des entreprises voisines, ou conventions avec des sociétés pour les déjeuners de leurs équipes représentent un flux de revenu stable et prévisible. Ces clients paient plus vite (facturation mensuelle) et sont moins sensibles au prix si la qualité et le service sont au rendez-vous.
Diversification : click and collect, réservation en ligne
Le click and collect (commande en ligne, retrait en restaurant) permet de réduire les temps d'attente et d'augmenter le volume en heure de pointe sans augmenter la surface. Les solutions SumUp, Zelty, ou les solutions intégrées des plateformes permettent de mettre en place ce service rapidement. La facturation reste identique aux ventes sur place : 10 % sur les plats, 20 % sur les alcools.
Caisse enregistreuse certifiée NF525 : obligations et impact sur la facturation
Depuis le 1er janvier 2018, tout assujetti à la TVA qui enregistre des paiements de clients particuliers doit utiliser un logiciel ou une caisse certifiée NF525 (ou conforme au décret du 7 décembre 2016). Cette obligation concerne directement la quasi-totalité des restaurants.
Pourquoi la certification NF525 existe et ce qu'elle contrôle
La certification NF525 vise à empêcher les logiciels de caisse permissifs qui permettaient d'effacer des transactions ou de modifier rétroactivement les données de vente pour minorer le chiffre d'affaires déclaré. Un logiciel certifié garantit l'inaltérabilité des données, leur conservation pendant au moins 6 ans et leur traçabilité. L'administration fiscale peut exiger l'attestation de conformité lors d'un contrôle. En cas d'absence d'attestation, l'amende est de 7 500 € par logiciel non conforme.
Ce que votre caisse doit produire comme documents
Une caisse NF525 doit être capable de produire : les tickets de caisse (ou factures simplifiées pour les particuliers), les tickets de clôture journalière (Z de caisse), les clôtures mensuelles et annuelles, et un journal des opérations horodaté. Ces documents doivent être conservés pendant 6 ans. Lors d'un contrôle TVA, l'inspecteur peut demander les journaux de caisse et les comparer avec les déclarations de TVA et les relevés bancaires. Des écarts inexpliqués conduisent à des redressements.
Tickets de caisse et obligation de remise au client
Depuis le 1er août 2023, les tickets de caisse ne doivent plus être systématiquement imprimés et remis aux clients (lutte contre le gaspillage). Le client peut les demander, et vous devez alors les produire. Certains restaurateurs proposent désormais des tickets dématérialisés (QR code, email). Pour les clients professionnels qui demandent une facture, le ticket de caisse ne suffit pas : une facture avec toutes les mentions obligatoires (numéro, date, SIRET, TVA ventilée) est nécessaire pour que le client récupère la TVA.
FAQ, Facture restaurant
Un repas d'affaires est-il déductible des impôts pour le client entreprise ?
Oui, si le repas est justifié professionnellement (réunion client, déjeuner de travail) et que la facture est au nom de l'entreprise avec toutes les mentions obligatoires. La TVA à 10 % est récupérable par le client assujetti. Les boissons alcoolisées sont incluses si elles sont raisonnables, l'administration fiscale ne fixe pas de seuil, mais le caractère professionnel doit être démontrable.
Quelle TVA pour une livraison de plateaux repas à une entreprise ?
10 % sur les plats, 20 % sur les boissons alcoolisées, 10 % sur les boissons non alcoolisées. Si vous facturez des frais de livraison séparément : 20 % sur la livraison. Si la livraison est incluse dans le forfait plateau repas : 10 % sur l'ensemble. Mentionnez clairement la ventilation sur la facture.
Faut-il une facture pour chaque client ou peut-on faire un récapitulatif mensuel ?
Pour les clients particuliers : le ticket de caisse suffit. Pour les clients entreprises avec lesquels vous avez un compte : une facture mensuelle récapitulative est possible si les deux parties ont convenu de cette organisation. Mentionnez les dates de repas et le nombre de couverts sur la facture récapitulative.
La TVA sur le café après le repas est-elle à 10 % ou 20 % ?
À 10 %. Le café est une boisson non alcoolisée servie dans le cadre d'un service de restauration. Qu'il soit compris dans le menu ou facturé séparément : 10 %. C'est la même règle pour les tisanes, chocolats chauds et autres boissons chaudes non alcoolisées.
Quelle TVA pour les cours de cuisine organisés dans un restaurant ?
Un cours de cuisine est une prestation de formation ou d'animation à 20 % de TVA (sauf si l'établissement est certifié Qualiopi). Si la prestation inclut les ingrédients consommés et un repas à la fin, vous pouvez ventiler : la partie cours (20 %) et la partie repas (10 %). En pratique, si le cours et le repas sont indissociables (on cuisine ce qu'on mange), appliquez 20 % à l'ensemble ou ventillez raisonnablement en deux lignes.
La TVA sur les tickets restaurant est-elle à 10 % ?
Les tickets restaurant (titre-restaurant) sont des moyens de paiement, pas des prestations. Quand un client règle avec des tickets restaurant, vous encaissez ces titres et les transmettez à l'émetteur (Edenred, Sodexo, etc.) qui vous rembourse face valeur. La TVA sur le repas reste identique (10 %, 20 % selon les produits), le mode de paiement ne change pas le taux.
Comment facturer les extras d'un séminaire non anticipés dans le devis initial ?
Les consommations en dehors du forfait prévu (rounds supplémentaires au bar, repas de personnes non prévues, location de matériel supplémentaire) donnent lieu à une facture complémentaire avec les taux TVA correspondants. Prévenir le client organisateur en temps réel évite les surprises à la facturation finale. Faire signer un bon de commande ou une validation par email pour tout extra significatif.
Gestion comptable et fiscale d'un restaurant ou d'un traiteur
La comptabilité d'un restaurant est complexe en raison de la multiplicité des taux de TVA applicables. En pratique, chaque caisse enregistreuse doit être configurée pour ventiler automatiquement les ventes selon les taux : 10 % pour les plats, 5,5 % pour certains produits à emporter non chauffés, 20 % pour les boissons alcoolisées. Cette ventilation automatique est ensuite reprise dans les déclarations de TVA mensuelles ou trimestrielles.
Pour les restaurateurs assujettis à la TVA (chiffre d'affaires dépassant les seuils de franchise), la déclaration CA3 doit être déposée chaque mois ou chaque trimestre selon le régime. Les restaurateurs dont le chiffre d'affaires est inférieur à 36 800 euros (prestations de services) peuvent bénéficier de la franchise en base de TVA, mais c'est rare pour un établissement de restauration active.
Cas pratiques : facturation selon le type de service
Voici trois exemples de situations de facturation courantes en restauration et traiteur.
- Mariage de 100 couverts avec service traiteur sur place (50 euros HT/couvert) : prestation traiteur consommée sur place = 10 % de TVA sur la totalité (hors boissons alcoolisées). Devis global de 5 000 euros HT, facturation à 5 500 euros TTC. Les vins servis à table sont facturés à 20 % de TVA sur la valeur des bouteilles.
- Livraison de sandwichs froids à une entreprise (plateaux repas non chauffés) : produits non chauffés à emporter = 5,5 % de TVA. Si les sandwichs sont livrés dans des boîtes avec sauce chaude ou si le prestataire rechauffe les plats sur place, le taux passe à 10 %. La livraison en sus est à 20 %.
- Service bar lors d'un cocktail d'entreprise (jus de fruits, sodas, vins) : jus et sodas à 10 %, vins et spiritueux à 20 %. Facturation séparée par catégorie ou ventilation sur la facture globale. Si le client préfère une ligne unique, appliquez le taux de 20 % en évaluant quelle proportion est alcoolisée.
Erreurs fréquentes dans la facturation restaurant et traiteur
- Appliquer 5,5 % sur des plats cuisinés chauds vendus à emporter : seuls les aliments non chauffés et non prêts à réchauffer bénéficient du 5,5 %.
- Oublier de séparer boissons alcoolisées et non alcoolisées sur les factures de traiteur : le risque de redressement est réel si tout est facturé au même taux.
- Ne pas émettre de facture pour les repas d'entreprise : les clients professionnels ont besoin d'une facture avec TVA pour récupérer la TVA sur leurs notes de frais.
- Confondre livraison de repas et service traiteur : la livraison seule (sans service) est à 20 % sur les frais de livraison, tandis que le repas livré garde son propre taux.
- Ne pas mentionner les taux TVA sur les devis de réception : le client doit pouvoir valider le budget TTC avant de signer.
Mentions légales obligatoires sur les factures de restauration
Les factures d'un restaurant ou d'un traiteur doivent comporter les mentions légales communes (numéro de facture, date, identité des parties, description des prestations, prix HT, taux TVA, total TTC, conditions de paiement). Des mentions spécifiques s'ajoutent selon les situations :
- Pour les événements : date et lieu de la prestation, nombre de couverts ou de participants, nature du menu ou du format de service.
- Pour les clients professionnels : numéro TVA intracommunautaire si applicable, référence au devis ou bon de commande signé.
- Pour les livraisons : adresse de livraison, heure de livraison convenue, conditions de stockage si pertinentes.
- Pénalités de retard et indemnité forfaitaire de 40 euros pour les clients professionnels (B2B).
Optimiser sa facturation en restauration et traiteur
La clé d'une facturation efficace en restauration est la préparation en amont. Pour les événements, établissez un devis détaillé avec toutes les lignes ventilées par taux TVA. Faites-le signer avant le début de tout engagement de préparation. Prévoyez des clauses d'annulation progressives : 10 % retenus à moins de 30 jours, 30 % à moins de 15 jours, 50 % à moins de 7 jours, 100 % à moins de 48 heures. Ces clauses doivent figurer dans vos CGV et être rappelées sur le devis.
Pour la restauration quotidienne, investissez dans une caisse enregistreuse certifiée NF525 (obligatoire depuis 2018 pour les restaurants assujettis à la TVA). Cette certification garantit l'intégrité des données de caisse et simplifie les contrôles fiscaux. Les données de caisse servent de preuve en cas de litige ou de contrôle.
Protection sociale du restaurateur et du traiteur indépendant
En tant que restaurateur indépendant ou traiteur, votre protection sociale dépend de votre statut juridique. En entreprise individuelle ou EURL à l'IR, vous êtes affilié à la SSI (Sécurité Sociale des Indépendants). En SARL avec gérance minoritaire ou en SAS, vous êtes assimilé salarié au régime général. Chaque régime a ses avantages et inconvénients en termes de cotisations et de couverture.
Les restaurateurs emploient souvent des extras pour les événements. Attention aux obligations sociales liées à l'emploi d'extras : déclaration via le TESE (Titre Emploi Service Entreprise) ou le GUSO (Guichet Unique du Spectacle Occasionnel) selon la nature des prestations. Tout travail salarié non déclaré expose à de lourdes sanctions.
Développer son activité traiteur et événementielle
Le marché traiteur événementiel est en forte croissance, porté par la demande des entreprises (séminaires, cocktails d'affaires, teambuilding culinaire) et des particuliers (mariages, anniversaires, baptêmes). Pour développer votre activité, plusieurs leviers sont efficaces : référencement sur les plateformes spécialisées (Mariages.net, La Belle Assiette, Devis Traiteur), partenariats avec des lieux de réception, galeries photo de vos buffets et présentations sur Instagram et Pinterest.
La spécialisation culinaire est un excellent différenciateur : traiteur végétalien, cuisine du monde, gastronomie régionale. Elle vous permet de vous positionner sur un segment de marché précis et de facturer plus cher en jouant la carte de l'expertise. Accompagnez cette spécialisation d'une communication digitale ciblée et de témoignages clients pour construire votre réputation.
Réglementation 2026 : les nouveautés pour la restauration
En 2026, les principaux sujets réglementaires pour les restaurateurs sont la TVA sur les nouveaux formats de vente (box repas, dark kitchen, livraison via des tiers comme Deliveroo ou Uber Eats), la conformité RGPD pour les systèmes de réservation en ligne, et la gestion des avis clients (obligation de transparence sur l'origine des avis depuis la loi de 2023).
Pour les dark kitchens (cuisines fantômes sans salle de restauration), le taux de TVA applicable est 10 % si les plats sont livrés chauds prêts à consommer, et varie selon les produits pour les livraisons de kits de préparation. La distinction entre service de restauration et vente de denrées alimentaires doit être clairement établie sur les factures pour justifier le taux appliqué.
Questions fréquentes supplémentaires sur la TVA en restauration
Quelle TVA pour un food truck qui vend des crêpes chaudes ?
Les crêpes chaudes vendues depuis un food truck sont des produits de restauration rapide consommés sur place ou à emporter chauds : TVA à 10 %. Si le food truck vend aussi des boissons non alcoolisées froides (jus de fruits en bouteille) à emporter, celles-ci peuvent être à 5,5 %. Le café servi chaud reste à 10 %. Veillez à paramétrer votre caisse enregistreuse pour ventiler correctement chaque catégorie de produit.
La vente de repas via Uber Eats ou Deliveroo est-elle à 10 % ?
Oui, les repas chauds livrés via des plateformes de livraison sont à 10 % de TVA côté restaurant. La commission prélevée par la plateforme (Uber Eats, Deliveroo, Just Eat) est une prestation de mise en relation soumise à TVA à 20 % que la plateforme vous facture. Vous la récupérez dans votre déclaration de TVA. Vérifiez que vos paramètres de caisse et votre logiciel comptable traitent correctement ces flux particuliers.
La caisse enregistreuse certifiée : obligation et implications fiscales
Depuis le 1er janvier 2018, tout assujetti à la TVA réalisant des ventes au détail ou des prestations de services à des particuliers doit utiliser un logiciel de caisse ou un système de caisse satisfaisant aux conditions d'inaltérabilité, de sécurisation, de conservation et d'archivage des données. Cette obligation s'applique à tous les restaurateurs assujettis à la TVA, y compris les food trucks et les traiteurs ambulants.
Le système de caisse doit être certifié par un organisme accrédité (certification NF525) ou doté d'une attestation individuelle de l'éditeur. En cas de contrôle fiscal, l'absence de certification expose à une amende de 7 500 euros et à une mise en conformité obligatoire sous 60 jours. Conservez votre attestation de conformité et les exports des données de caisse pendant 6 ans.
La certification NF525 garantit que votre caisse enregistre tous les encaissements de façon inaltérable, horodate chaque transaction, et permet de produire des rapports d'activité (clôture journalière, Z de caisse, récapitulatifs TVA). Ces rapports sont la base de votre comptabilité et de vos déclarations de TVA. Un Z de caisse mal tenu ou une clôture journalière manquante est une anomalie que l'administration fiscale peut sanctionner.
Gestion des pourboires : TVA et implications sociales
Les pourboires laissés librement par les clients aux serveurs ne sont pas soumis à la TVA et n'entrent pas dans le chiffre d'affaires du restaurant. Ils appartiennent directement aux salariés et doivent être redistribués selon les règles internes (convention collective de la restauration). Si le pourboire est directement inclus dans la note (service compris), c'est une partie du prix de la prestation et il est soumis à la TVA correspondante.
Depuis 2022, les pourboires versés par carte bancaire et reversés aux salariés bénéficient d'une exonération de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu, dans la limite de 20 % du salaire mensuel brut, jusqu'à fin 2024. Pour 2026, vérifiez les conditions en vigueur, qui peuvent avoir évolué. Cette exonération est un avantage social significatif à communiquer à vos employés.
TVA sur la vente à emporter : le guide complet
La vente à emporter génère les situations TVA les plus complexes en restauration. Voici un tableau récapitulatif des principaux cas :
- Sandwich froid non chauffé : 5,5 % (denrée alimentaire non transformée à emporter).
- Pizza chaude à emporter : 10 % (plat chaud prêt à consommer).
- Salade composée froide à emporter : 5,5 % si vendue sans accompagnement chaud, 10 % si vendue avec un plat chaud dans un menu.
- Boisson non alcoolisée froide à emporter : 5,5 % (eau, jus de fruits, soda en bouteille ou canette).
- Café à emporter : 10 % (boisson chaude de restauration).
- Vin à emporter : 20 % (boisson alcoolisée quelle que soit la situation).
- Kit de préparation de repas froid : 5,5 % si les ingrédients sont séparés et non transformés.
- Menu enfant avec jouet inclus : ventilation obligatoire entre le repas (10 %) et le jouet (20 %).
Facturation des événements d'entreprise : les spécificités B2B
Les clients entreprises qui organisent des séminaires, cocktails ou repas d'affaires ont des besoins spécifiques en matière de facturation. Ils ont besoin d'une facture détaillée avec TVA apparente pour récupérer la TVA dans leur comptabilité (dans la limite des règles de déductibilité des dépenses de représentation). Ils ont également besoin d'un bon de commande ou d'un devis signé par un responsable habilité, et souvent d'un délai de paiement à 30 ou 60 jours.
Préparez pour vos clients entreprises un dossier complet : devis détaillé avec ventilation TVA, confirmation de réservation avec conditions d'annulation, feuille de route le jour J (horaires, plan de salle, menu confirmé), et facture finale avec toutes les consommations réelles ventilées par taux TVA. Ce niveau de service distingue les traiteurs professionnels et justifie des prix premium.
Les normes d'hygiène et leur impact sur la facturation traiteur
Un traiteur professionnel doit respecter les normes HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point) pour la sécurité alimentaire. Ces normes imposent un suivi des températures de conservation, une traçabilité des denrées, et des procédures de nettoyage et de désinfection documentées. Si vous sous-traitez à un autre traiteur pour un événement, vérifiez que votre sous-traitant est également certifié et respecte ces normes.
Sur votre devis et facture, vous pouvez mentionner votre conformité HACCP comme argument commercial. Certains clients professionnels (entreprises pharmaceutiques, établissements de santé, crèches) l'exigent contractuellement. Une attestation de formation HACCP de vos équipes est un document à conserver et à présenter à la demande.
Récapitulatif des taux TVA en restauration et traiteur 2026
- 5,5 % : produits alimentaires solides non chauffés vendus à emporter (sandwichs froids, salades froides, fruits, légumes).
- 10 % : restauration sur place (tous plats et boissons non alcoolisées), plats chauds à emporter, boissons non alcoolisées servies en salle, café, traiteur avec service sur place.
- 20 % : boissons alcoolisées (vin, bière, spiritueux) quelle que soit la situation, livraison de repas (frais de livraison), traiteur à emporter sans service sur place, location de salle seule, produits non alimentaires (nappes, décoration).
La règle d'or : en cas de doute sur le taux applicable, appliquez le taux le plus élevé et consultez votre expert-comptable. Il vaut mieux collecter plus de TVA que d'en collecter moins, car un sous-paiement de TVA expose à un redressement avec majorations. Une facturation rigoureuse et un logiciel de caisse bien paramétré sont vos meilleures protections.
Utilisez Kelyseo pour émettre des devis et factures de traiteur avec ventilation multi-taux de TVA, gestion des acomptes et des soldes, et archivage automatique. L'essai gratuit de 14 jours vous permet de tester l'outil sur vos vraies missions événementielles sans engagement.
La TVA sur les spectacles et animations dans un restaurant
Certains restaurateurs proposent des soirées avec musique live, spectacles de danse ou animations diverses. La TVA sur les spectacles vivants est à 5,5 % pour les premières représentations d'un spectacle (jusqu'à 140 représentations), et 10 % au-delà. Mais ce taux s'applique au billet de spectacle, pas au repas servi en parallèle.
Si vous proposez un forfait "dîner + spectacle", la ventilation est obligatoire : le repas à 10 %, les boissons alcoolisées à 20 %, le billet de spectacle à 5,5 % si éligible. Si vous ne ventillez pas, l'administration peut appliquer le taux le plus élevé à l'ensemble. Mentionnez sur votre facture la valeur de chaque composant du forfait.
Les animations intégrées sans facturation séparée (DJ en soirée, fond musical d'ambiance) ne justifient pas de taux réduit spectacle. Seule la billetterie identifiée pour un spectacle distinct ouvre droit au taux réduit. Si vous louez votre salle à un organisateur de spectacle, la location de salle est à 20 %.
Gérer les acomptes et annulations en traiteur événementiel
La gestion des acomptes et des annulations est un enjeu majeur pour les traiteurs. Voici les meilleures pratiques du secteur.
- Acompte à la réservation : demandez systématiquement 30 à 50 % du montant TTC à la signature du devis. Cet acompte bloque la date et finance vos achats de denrées spécifiques.
- Confirmation des effectifs : imposez une date de confirmation du nombre de couverts (généralement 7 à 15 jours avant l'événement). Au-delà, facturez sur la base de l'effectif confirmé même si des personnes se désistent.
- Clause d'annulation : prévoyez des paliers d'indemnisation progressifs dans vos CGV. Ces clauses doivent être portées à la connaissance du client avant la signature et idéalement signées avec le devis.
- Force majeure : définissez dans votre contrat ce qui constitue un cas de force majeure justifiant l'annulation sans pénalité (décès dans la famille, catastrophe naturelle, pandémie). La Covid-19 a montré l'importance de cette clause.
- Facture d'acompte : toujours émettre une facture d'acompte lors de l'encaissement, avec mention du montant total du devis et du solde restant dû. Cette facture est soumise à TVA au même taux que la prestation principale.
Facturation électronique et restauration : ce qui change en 2026
La réforme de la facturation électronique obligatoire concerne principalement les flux B2B (entre professionnels). Pour un restaurant qui facture essentiellement des particuliers (tickets de caisse), l'impact direct est limité. En revanche, si vous travaillez avec des clients entreprises (comités d'entreprise, collectivités, hôtels) et que vous leur émettez des factures, vous serez progressivement concerné par l'obligation d'émettre des factures électroniques.
Pour les traiteurs événementiels qui facturent majoritairement des entreprises, préparez-vous dès 2025-2026 en adoptant un logiciel de facturation compatible avec les formats électroniques (Factur-X, UBL). Cette transition peut sembler complexe mais elle vous permettra de répondre aux exigences des grands donneurs d'ordre qui l'imposent déjà dans leurs conditions générales d'achat.
Les obligations liées à l'affichage des prix en restauration
En restaurant, l'affichage des prix est réglementé par le code de la consommation. Les prix doivent être affichés TTC, en euros, pour tous les produits disponibles à la vente. L'affichage doit être visible depuis l'extérieur pour les menus et tarifs de base. Tout écart entre le prix affiché et le prix facturé est une pratique commerciale trompeuse passible de sanctions.
Pour les traiteurs, les devis remis aux clients valent affichage de prix. Dès lors que le client a accepté le devis, les prix ne peuvent être modifiés qu'avec son accord explicite (avenant signé). Une augmentation de tarif en cours de prestation sans accord préalable est contestable juridiquement. Prenez l'habitude de cadrer précisément vos prix dans vos devis et de prévoir des clauses d'indexation pour les prestations planifiées longtemps à l'avance.
Fiscalité des repas offerts et des repas du personnel
En restauration, les repas pris par le personnel dans l'établissement constituent un avantage en nature soumis à cotisations sociales. La valeur retenue est forfaitaire (fixée annuellement par les pouvoirs publics). Pour 2026, l'avantage en nature repas est d'environ 4 euros par repas. Si la valeur réelle du repas servi est supérieure, l'employeur peut retenir la valeur réelle mais c'est plus complexe à gérer.
Les repas offerts aux clients (repas d'inauguration, déjeuner de présentation, goût gratuit) ne sont pas déductibles de la TVA (TVA sur les cadeaux non déductible si valeur unitaire supérieure à 73 euros TTC). En revanche, ils sont déductibles en charge d'exploitation pour l'impôt sur le revenu ou sur les sociétés, dans la limite de ce qui est raisonnable et documenté (note de frais avec nom des convives et objet professionnel).
Développer les ventes additionnelles et la fidélisation client
En restauration, les ventes additionnelles (upselling, cross-selling) sont un levier puissant de chiffre d'affaires. Proposer une entrée ou un dessert supplémentaire, suggérer un accord mets-vins, présenter les formules à meilleure marge : ces pratiques augmentent le ticket moyen sans coût d'acquisition client supplémentaire. La formation des équipes de salle à ces techniques commerciales est un investissement à fort retour.
Pour les traiteurs, la fidélisation des clients événementiels passe par la qualité constante des prestations, la réactivité lors de la préparation (propositions rapides, flexibilité sur les menus), et le suivi post-événement (questionnaire de satisfaction, offre de remise pour une prochaine prestation). Un client satisfait qui recommande votre traiteur à ses relations professionnelles est votre meilleur commercial.
Les logiciels de caisse et de facturation recommandés pour les restaurateurs
Pour la restauration quotidienne, les logiciels de caisse certifiés NF525 les plus utilisés en France sont : Lightspeed, Zelty, Tiller, SumUp (fonctionnalités basiques), et les solutions intégrées des groupes d'encaissement. Ces logiciels gèrent la ventilation automatique des taux TVA, les tickets de caisse et la clôture journalière.
Pour la facturation des clients professionnels et des événements traiteur, un logiciel de facturation distinct comme Kelyseo est utile : il permet d'émettre des devis professionnels, de gérer les acomptes, d'envoyer les factures par email et de suivre les encaissements. La complémentarité entre votre logiciel de caisse (pour les transactions quotidiennes) et un logiciel de facturation (pour les clients B2B et les événements) couvre l'ensemble de vos besoins administratifs.
Récapitulatif : la facturation restaurant et traiteur en 8 bonnes pratiques
- Paramétrez votre caisse enregistreuse pour ventiler automatiquement les ventes par taux TVA dès l'ouverture de votre établissement.
- Établissez systématiquement un devis signé pour toute prestation traiteur événementielle, avec ventilation TVA et conditions d'annulation.
- Exigez un acompte à la réservation (30 à 50 %) et émettez une facture d'acompte dès son encaissement.
- Facturez les boissons alcoolisées à 20 % même dans le cadre d'un forfait traiteur.
- Émettez une facture détaillée pour chaque client professionnel, avec ventilation des taux TVA.
- Conservez votre certification NF525 à jour et archivez les exports de caisse pendant 6 ans.
- Préparez la transition vers la facturation électronique si vous travaillez avec des clients entreprises.
- Formez vos équipes de salle aux techniques de vente additionnelle pour augmenter le ticket moyen sans frais supplémentaires.
La maîtrise de la fiscalité en restauration est un avantage compétitif. Elle vous protège des redressements fiscaux, vous permet de facturer avec confiance et de répondre aux exigences croissantes de vos clients professionnels. Associée à une gestion rigoureuse de votre trésorerie et à une offre culinaire différenciante, elle constitue le socle d'une entreprise de restauration pérenne et rentable.
Contrats d'entretien et de nettoyage en restauration : quelle TVA ?
Les restaurants font appel à des prestataires de nettoyage, de débarrassage et d'entretien des équipements de cuisine. Ces prestations de services à un professionnel sont toutes à 20 % de TVA. La TVA que vous payez sur ces prestations est récupérable dans votre déclaration de TVA si vous êtes assujetti. Assurez-vous que vos prestataires vous remettent bien des factures conformes avec mention du taux TVA pour pouvoir la récupérer.
Le contrat de maintenance de vos équipements (four, réfrigérateurs, lave-vaisselle professionnel) est également à 20 %. Ces charges sont déductibles de votre résultat fiscal et la TVA est récupérable. Conservez tous les contrats et factures de vos fournisseurs de services : ils constituent vos charges déductibles et leur absence lors d'un contrôle peut conduire à une remise en cause de la déductibilité.
La TVA sur les achats de denrées alimentaires : ce que vous récupérez
En tant que restaurateur assujetti à la TVA, vous récupérez la TVA sur vos achats de denrées alimentaires auprès de vos fournisseurs (grossistes, marché de Rungis, producteurs locaux). Les produits alimentaires achetés pour la restauration sont en général soumis à TVA à 5,5 % chez le fournisseur. Vous récupérez cette TVA dans votre déclaration mensuelle ou trimestrielle.
La déduction de TVA sur les achats est conditionnée à la détention de factures conformes de vos fournisseurs. Exigez systématiquement une facture (pas seulement un ticket de caisse) pour tout achat professionnel dépassant 150 euros TTC. Organisez votre comptabilité fournisseurs avec rigueur pour maximiser la TVA récupérable et réduire votre charge nette de TVA.
Anticiper les contrôles fiscaux en restauration
La restauration est un secteur fréquemment contrôlé par l'administration fiscale en raison des espèces manipulées et de la complexité des taux TVA. Un contrôle fiscal peut porter sur la cohérence entre les achats de denrées (justifiés par les factures fournisseurs) et les recettes encaissées (justifiées par les Z de caisse). Toute anomalie (ratio matières premières / recettes incohérent, Z de caisse manquants, recettes en espèces non tracées) est un signal d'alerte pour les contrôleurs.
Pour vous préparer à un éventuel contrôle : archivez vos Z de caisse quotidiens, vos factures fournisseurs et vos déclarations de TVA pendant au moins 6 ans. Tenez à jour votre livre de recettes ou utilisez les exports de votre logiciel de caisse. Si vous tenez une comptabilité sincère et documentée, un contrôle fiscal est une procédure gérable sans risque de redressement.
Un expert-comptable spécialisé en restauration est votre meilleur allié pour préparer et traverser un contrôle fiscal. Il connaît les ratios du secteur, les pratiques acceptées par l'administration et les points de vigilance à anticiper. Son accompagnement régulier (revue mensuelle de la comptabilité, déclarations TVA, bilan annuel) est un investissement à fort retour pour tout restaurateur.
En complément de votre comptable, un logiciel de facturation comme Kelyseo vous permet de gérer vos devis et factures événementiels en toute autonomie, d'envoyer des relances automatiques en cas d'impayé, et d'avoir une vision claire de votre chiffre d'affaires mensuel. Essayez gratuitement 14 jours, sans engagement et sans carte bancaire.
La restauration est un métier de passion, mais c'est aussi une entreprise qui doit être gérée avec rigueur. La maîtrise des taux TVA, la conformité de votre caisse et la qualité de votre facturation ne sont pas des contraintes administratives : ce sont des piliers de la santé financière de votre établissement.
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