Si votre facture ne mentionne aucun délai, votre client professionnel doit vous payer sous 30 jours à compter de la fin des travaux. Pas trois mois, pas "quand le chantier suivant sera soldé". Si un délai est négocié, il ne peut jamais dépasser 60 jours après émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit expressément. Face à un particulier, aucun plafond légal ne s'applique : la facture est due à réception, sauf accord contraire écrit. Le reste de cet article détaille le calcul exact, les mentions à faire figurer, et ce qui court automatiquement dès le lendemain de l'échéance.
La réponse en un tableau
Trois situations, trois régimes différents. La confusion entre les deux premières colonnes est à l'origine de la majorité des litiges de paiement chez les artisans.
| Votre client | Délai si rien n'est écrit | Délai maximum négociable |
|---|---|---|
| Professionnel (entreprise, artisan, commerçant) | 30 jours après exécution de la prestation | 60 jours après émission, ou 45 jours fin de mois sur accord écrit |
| Particulier (consommateur) | Paiement dû à réception de la facture | Libre, ce que vous avez écrit au devis fait foi |
| Acheteur public (commune, État, hôpital) | 30 jours (50 jours pour les établissements publics de santé) | Non négociable, le délai est imposé par la réglementation |
Le point que presque personne ne relève : dans la colonne de droite, c'est vous qui proposez le délai, dans votre devis puis sur votre facture. Beaucoup d'artisans attendent passivement que le client annonce sa politique de règlement, comme si le donneur d'ordre décidait seul. La loi ne fonctionne pas comme ça. Elle fixe un plafond, elle ne vous impose jamais de l'atteindre.
Le délai par défaut : 30 jours, et il s'applique tout seul
L'article L441-10 du Code de commerce pose la règle supplétive : en l'absence de délai convenu entre les parties, le règlement intervient au plus tard le trentième jour suivant la date de réception des marchandises ou d'exécution de la prestation. Ce délai n'a pas besoin d'être écrit pour exister. Il s'applique par défaut, même si votre facture est un simple document Word sans conditions de règlement.
Concrètement, un électricien qui termine une mise aux normes le 12 mars chez un artisan maçon et qui édite sa facture le 20 mars est fondé à réclamer un paiement au 11 avril, pas au 19 avril. Le point de départ, quand rien n'est convenu, c'est la fin des travaux, pas la date d'émission de la facture. Cette nuance vous fait souvent gagner une semaine.
Le réflexe qui change tout
Notez la date de fin de chantier sur votre bon d'intervention et faites-la signer par le client. C'est cette date, pas celle de votre facture, qui fait courir le délai légal en l'absence de conditions écrites. Sans preuve de la date d'exécution, vous discutez sur du vide devant un juge.
Les deux plafonds à ne jamais dépasser entre professionnels
Dès qu'un délai est négocié, le Code de commerce impose un plafond. Deux formules sont autorisées, et une seule doit apparaître dans votre contrat ou vos conditions générales.
Formule 1 : 60 jours à compter de la date d'émission de la facture
C'est la plus simple et la plus lisible. Facture émise le 3 septembre, paiement dû au plus tard le 2 novembre. Aucun calcul à faire, aucune interprétation possible. C'est celle que je conseille par défaut aux artisans qui travaillent avec des entreprises générales.
Formule 2 : 45 jours fin de mois
Elle n'est utilisable que si elle est expressément stipulée au contrat et qu'elle ne constitue pas un abus manifeste envers le créancier. Elle se calcule de deux manières admises, et c'est là que naissent la moitié des malentendus :
- Méthode 1 : on ajoute 45 jours à la date de facture, puis on reporte à la fin du mois obtenu. Facture du 10 mars, plus 45 jours égale 24 avril, échéance reportée au 30 avril.
- Méthode 2 : on va d'abord à la fin du mois de facturation, puis on ajoute 45 jours. Facture du 10 mars, fin de mois au 31 mars, plus 45 jours égale 15 mai.
Entre les deux, quinze jours de trésorerie se volatilisent. Sur un chantier de sous-traitance à 24 000 €, cet écart représente deux semaines d'avance de matériaux et de salaires que personne ne vous rembourse. Si votre donneur d'ordre impose du 45 jours fin de mois, exigez que la méthode de calcul soit écrite noir sur blanc dans le contrat de sous-traitance. Un contrat qui dit simplement "45 jours fin de mois" sans préciser laisse la porte ouverte à l'interprétation la plus favorable au payeur.
Un cas particulier existe pour les factures périodiques, celles qui récapitulent plusieurs livraisons ou interventions sur un mois : le délai maximum est alors de 45 jours à compter de la date d'émission, sans variante fin de mois. Ce format concerne surtout les artisans sous contrat de maintenance ou d'astreinte auprès d'un bailleur ou d'un syndic.
Ce que risque le client qui dépasse les plafonds
Beaucoup d'artisans ignorent que le dépassement de ces plafonds n'est pas seulement un problème contractuel entre eux et leur client. C'est une infraction administrative sanctionnée par la DGCCRF, avec des amendes qui peuvent atteindre 75 000 € pour une personne physique et 2 millions d'euros pour une personne morale, montants doublés en cas de récidive. Les décisions de sanction sont publiées, ce qui explique pourquoi les grands donneurs d'ordre y sont devenus sensibles.
Cette information a une valeur pratique immédiate : quand une entreprise générale vous annonce du 90 jours, elle vous propose une clause illégale, et elle le sait. Le rappeler poliment par écrit suffit souvent à ramener la discussion à 60 jours. C'est un levier bien plus efficace qu'une relance émotionnelle trois mois plus tard, quand la trésorerie est déjà dans le rouge.
Le cas des particuliers : aucun plafond, donc aucune protection automatique
Les délais du Code de commerce ne s'appliquent qu'entre professionnels. Face à un particulier, il n'existe ni plafond ni délai supplétif de 30 jours. La règle est simple : le prix est exigible dès la réception de la facture, sauf si vous avez accordé autre chose par écrit.
Cela paraît confortable, mais c'est en réalité la situation la plus risquée, parce que rien ne se déclenche automatiquement. Les pénalités de retard obligatoires entre professionnels ne s'appliquent pas au consommateur, et l'indemnité forfaitaire de 40 € non plus. Si vous voulez pouvoir facturer des intérêts à un particulier qui traîne, il faut les avoir prévus dans le devis signé ou dans vos conditions générales acceptées. Sans cela, vous ne pourrez réclamer que le principal, éventuellement majoré des intérêts au taux légal après mise en demeure.
C'est pour cette raison que le devis compte autant que la facture. Un devis signé a une vraie valeur juridique : les conditions de règlement qui y figurent deviennent la loi du contrat. Écrivez-y votre échéancier, vos pénalités, votre acompte. Trois lignes ajoutées au moment du devis valent mieux que six mois de procédure.
Marchés publics : 30 jours, et des intérêts qui tombent seuls
Pour un chantier commandé par une commune, un département, l'État ou un bailleur social soumis à la commande publique, le délai global de paiement est de 30 jours. Il monte à 50 jours pour les établissements publics de santé et à 60 jours pour certaines entreprises publiques.
L'avantage réel du marché public, c'est l'automatisme des intérêts moratoires : passé le délai, ils sont dus de plein droit, sans relance ni mise en demeure, au taux de refinancement de la BCE majoré de 8 points, auquel s'ajoute une indemnité forfaitaire de 40 €. L'administration doit les liquider spontanément. En pratique, tout le monde ne le fait pas, et beaucoup d'artisans n'osent pas les réclamer sur un marché qu'ils espèrent renouveler. C'est une erreur : réclamer des moratoires sur un dossier soldé n'a jamais coûté un marché à personne, ces montants sont budgétés.
Le dépôt de la facture se fait obligatoirement sur le portail public. Si vous démarrez sur ce type de chantier, notre guide pratique Chorus Pro pour artisan BTP détaille le dépôt, les statuts et les motifs de rejet les plus fréquents. Une facture rejetée pour un numéro d'engagement manquant ne fait pas courir le délai : vous perdez trente jours pour une case vide.
Calculer la date d'échéance sans se tromper
Prenons un cas concret. Un plombier termine le remplacement d'une colonne d'eau chez un maçon le vendredi 6 mars. Il édite sa facture de 4 850 € HT le lundi 9 mars. Voici ce que donne chaque configuration :
| Conditions de règlement | Date d'échéance | Jours d'avance de trésorerie |
|---|---|---|
| Aucune mention (règle supplétive) | 5 avril (30 jours après fin de travaux) | 30 jours |
| Paiement à réception | À réception de la facture | Quelques jours |
| 30 jours date de facture | 8 avril | 33 jours |
| 60 jours date de facture | 8 mai | 63 jours |
| 45 jours fin de mois (méthode 1) | 30 avril | 55 jours |
| 45 jours fin de mois (méthode 2) | 15 mai | 70 jours |
Entre la première ligne et la dernière, il y a quarante jours d'écart sur la même prestation. Pour un artisan qui facture 12 000 € par mois, passer de conditions à 30 jours à des conditions à 60 jours revient à immobiliser un mois de chiffre d'affaires supplémentaire en permanence. C'est exactement le montant qui manque quand arrive l'échéance URSSAF trimestrielle.
Les mentions obligatoires sur votre facture
Trois mentions liées au paiement doivent figurer sur toute facture émise à destination d'un professionnel. Leur absence est sanctionnable et, plus concrètement, elle vous prive de vos droits en cas d'impayé.
- La date d'échéance ou le délai de règlement. Écrire "paiement à 30 jours" suffit, mais indiquer la date calculée est plus efficace : un client qui lit "échéance au 8 avril 2026" a moins de marge d'interprétation.
- Le taux des pénalités de retard. Minimum trois fois le taux d'intérêt légal. À défaut de mention, le taux applicable est celui de la BCE majoré de 10 points.
- L'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 €. Elle est due de plein droit par tout professionnel en retard, sans qu'il soit besoin de la réclamer préalablement.
Si vous accordez un escompte pour paiement anticipé, il doit lui aussi être mentionné, ou la facture doit préciser qu'aucun escompte n'est accordé. La liste complète des éléments à faire figurer est détaillée dans notre guide des mentions obligatoires sur une facture en 2026. Un générateur de facture gratuit intègre ces mentions automatiquement, ce qui évite l'oubli récurrent de la ligne pénalités sur les modèles Word recyclés d'année en année.
Les pénalités de retard : automatiques, mais rarement appliquées
Entre professionnels, les pénalités courent dès le lendemain de la date d'échéance, de plein droit, sans mise en demeure préalable et sans que vous ayez à les annoncer. Le taux minimal est de trois fois le taux d'intérêt légal, soit environ 9 à 12 % selon le semestre en 2026.
Sur une facture de 6 000 € payée avec 45 jours de retard à un taux de 12 %, les pénalités représentent environ 89 €, auxquels s'ajoutent les 40 € d'indemnité forfaitaire. Personne ne devient riche avec 129 €. Ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est que la ligne apparaisse : un client qui reçoit une relance chiffrée avec pénalités comprend qu'il a en face de lui quelqu'un qui suit ses encaissements. Les mauvais payeurs professionnels trient leurs fournisseurs en deux catégories, ceux qui comptent et ceux qui ne comptent pas. Vous choisissez votre catégorie avec votre première relance.
Vous restez libre de renoncer aux pénalités sur un client fidèle qui a eu un accident de trésorerie. Faites-le explicitement, par écrit, en le présentant comme un geste commercial ponctuel. Renoncer en silence et systématiquement revient à annoncer que votre échéance est décorative.
Pour la suite de la procédure, notre article sur la facture impayée chez l'artisan détaille chaque étape, et le modèle d'email de relance vous donne le texte prêt à envoyer dès J+1.
Exemple chiffré complet : ce que coûte un mauvais délai
Un carreleur travaille en sous-traitance pour deux entreprises générales. Chiffre d'affaires mensuel : 14 000 € HT. La première paie à 30 jours date de facture, la seconde impose du 45 jours fin de mois calculé en méthode 2, soit environ 70 jours réels.
- Avec le premier donneur d'ordre, l'encours permanent est d'environ 14 000 €.
- Avec le second, il monte à environ 32 000 €, soit 18 000 € de trésorerie immobilisée en plus, en permanence.
- Sur ces 18 000 €, le carreleur avance la TVA collectée, les matériaux et les salaires. S'il finance ce décalage par un découvert autorisé à 11 %, cela lui coûte près de 2 000 € par an, pour le même travail et le même prix de vente.
Ces 2 000 € auraient dû être intégrés au prix de vente dès le devis. C'est le calcul que presque aucun artisan ne fait : un client qui paie à 70 jours ne vaut pas le même prix qu'un client qui paie à 30 jours. Si vous ne pouvez pas négocier le délai, négociez le prix. Notre guide pour fixer son tarif d'artisan du bâtiment détaille comment intégrer ce coût de portage dans votre taux horaire plutôt que de le subir.
Les quatre erreurs qui reviennent tout le temps
Découvrir le délai de paiement à la réception du premier virement
C'est de loin la plus fréquente. L'artisan signe un contrat de sous-traitance sans lire l'article "conditions de règlement", puis constate deux mois plus tard qu'il a accepté du 60 jours alors que ses fournisseurs, eux, l'ont mis à 30 jours. Le décalage est structurel et ne se rattrape jamais, il se finance.
Confondre date de facture et date de fin de chantier
Un artisan qui facture six semaines après la fin des travaux croit souvent avoir "perdu" ces six semaines. En réalité, en l'absence de conditions écrites, le délai de 30 jours court depuis l'exécution de la prestation, donc sa créance est déjà exigible. Facturez vite, mais sachez que le retard de facturation ne remet pas les compteurs à zéro pour le client.
Émettre une facture globale en fin de chantier long
Sur un chantier de trois mois, attendre la fin pour facturer revient à financer soi-même l'intégralité de l'opération, puis à attendre encore soixante jours. Les factures de situation existent exactement pour cela : elles déclenchent un délai de paiement à chaque étape validée, au lieu d'un seul délai à la fin.
Ne pas demander d'acompte
Un acompte de 30 % à la commande ne raccourcit aucun délai légal, mais il réduit mécaniquement le montant exposé. Sur un chantier à 20 000 €, il fait passer votre risque de 20 000 à 14 000 € et finance vos achats de matériaux. Les règles de montant et de rédaction sont détaillées dans notre article sur l' acompte sur devis artisan. Pensez aussi que la TVA est exigible dès l'encaissement de l'acompte sur les livraisons de biens : encaisser sans provisionner cette TVA revient à s'offrir une avance qui devra être rendue au Trésor.
Retenue de garantie : le délai caché de douze mois
Sur les marchés de travaux, une retenue de garantie de 5 % peut être appliquée sur chaque situation. Elle n'est pas un retard de paiement : c'est une somme légalement consignée pendant un an après réception, libérée si aucune réserve n'a été formulée. Beaucoup d'artisans l'oublient purement et simplement et ne la réclament jamais.
Sur un chiffre d'affaires annuel de 150 000 € en sous-traitance, 5 % représentent 7 500 € dormants. Tenez un tableau des retenues avec leur date de libération prévisionnelle, et réclamez-les à échéance. Le détail du mécanisme et la caution bancaire qui permet d'y échapper sont expliqués dans notre article sur la retenue de garantie sur travaux.
Que faire quand l'échéance est dépassée
Une procédure fixe, appliquée systématiquement, vaut mieux qu'une réaction émotionnelle au cas par cas. Voici le calendrier qui fonctionne dans la pratique :
- J+1 : email court et neutre. Vous rappelez la date d'échéance passée et vous joignez la facture. Aucun reproche, aucune justification. La moitié des retards se règlent ici, parce qu'il s'agit simplement d'un oubli de saisie côté client.
- J+8 : appel téléphonique. Vous demandez une date de règlement précise, pas une intention. Notez le nom de votre interlocuteur et la date annoncée, puis confirmez-la par email le jour même.
- J+15 : relance écrite avec le décompte des pénalités et l'indemnité de 40 €. Le ton reste professionnel, les montants font le travail.
- J+30 : mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. C'est l'acte qui fait basculer le dossier du commercial au juridique, et il est indispensable avant toute procédure.
- J+45 : injonction de payer. Procédure non contradictoire, peu coûteuse, efficace quand la créance n'est pas contestée sur le fond.
Si le client conteste la qualité des travaux pour justifier son non-paiement, le dossier change de nature. Répondez alors point par point et par écrit sur la partie technique, en maintenant la réclamation du paiement pour les prestations non contestées. Dans la majorité des cas, le litige technique sert d'écran à un problème de trésorerie chez le client, et le fait de dissocier les deux sujets débloque la situation.
Combien de temps pouvez-vous réclamer votre créance
Deux régimes de prescription coexistent, et se tromper de délai revient à perdre définitivement la créance :
| Type de client | Délai de prescription | Point de départ |
|---|---|---|
| Particulier (consommateur) | 2 ans | Fin des travaux ou date d'exigibilité |
| Professionnel | 5 ans | Jour où la créance est devenue exigible |
| Acheteur public | 4 ans (déchéance quadriennale) | 1er janvier de l'année suivant l'exigibilité |
Deux ans face à un particulier, cela passe très vite quand on laisse traîner un dossier "pour ne pas fâcher". Un plombier qui découvre en 2026 une facture de 2023 jamais réglée par un client particulier n'a plus de recours judiciaire, quelle que soit la solidité de son dossier.
Ce que la facturation électronique change à partir de 2026
La réforme de la facturation électronique entre professionnels modifie un point précis et très favorable aux artisans : la date de réception de la facture devient certaine et horodatée. Aujourd'hui, un client peut affirmer n'avoir jamais reçu la facture, ou l'avoir reçue trois semaines plus tard. Avec le passage par une plateforme agréée, le cycle de vie de la facture est tracé, statut par statut.
Le calcul du délai de paiement s'appuiera donc sur des dates opposables, et le statut "encaissée" permettra de rapprocher automatiquement facture et règlement. L'argument du courrier égaré disparaît. Pour comprendre le calendrier applicable à votre entreprise et ce qu'il faut préparer, consultez notre guide sur la facturation électronique 2026 pour les artisans.
Négocier son délai : trois formulations qui marchent
La négociation se joue au devis, jamais après. Trois formulations éprouvées, à adapter à votre situation :
- L'échelonnement : "30 % à la commande, 40 % au démarrage du chantier, solde à réception de facture". Vous ne discutez plus un délai unique, vous proposez un rythme. C'est beaucoup plus facile à faire accepter qu'une exigence de paiement comptant.
- L'escompte : "2 % d'escompte pour paiement sous 8 jours". Vous transformez la contrainte en avantage pour le client. Sur une facture de 5 000 €, 100 € d'escompte coûtent moins cher que 45 jours de découvert.
- Le prix différencié : annoncer un tarif pour un règlement à 30 jours et un tarif majoré pour un règlement à 60 jours. Peu d'artisans osent, et ceux qui le font constatent que la discussion se déplace du délai vers le prix, ce qui leur est toujours plus favorable.
Face à un donneur d'ordre qui refuse toute discussion, la question à se poser n'est pas "comment le convaincre" mais "combien ce chantier me coûte-t-il réellement en portage". Multipliez le montant du marché par le nombre de jours de délai, divisez par 365, appliquez votre taux de découvert : vous obtenez le coût réel du délai, à intégrer au prix ou à refuser en connaissance de cause.
Récapitulatif à garder sous la main
| Question | Réponse courte |
|---|---|
| Rien n'est écrit, quel délai ? | 30 jours après exécution de la prestation |
| Délai maximum entre professionnels | 60 jours après émission, ou 45 jours fin de mois si écrit au contrat |
| Facture périodique récapitulative | 45 jours après émission, sans variante fin de mois |
| Client particulier | Aucun plafond légal, paiement dû à réception sauf accord écrit |
| Marché public | 30 jours, intérêts moratoires automatiques |
| Pénalités de retard | Minimum 3 fois le taux légal, dues dès J+1 sans relance |
| Indemnité de recouvrement | 40 € par facture en retard, entre professionnels uniquement |
| Prescription | 2 ans (particulier), 5 ans (professionnel), 4 ans (public) |
Suivre ses échéances sans y passer ses soirées
Connaître les délais ne sert à rien si personne ne surveille les échéances. La plupart des artisans découvrent un impayé quand ils cherchent de quoi payer une facture fournisseur, soit deux à trois mois après l'échéance réelle. À ce stade, la créance est encore récupérable, mais le rapport de force s'est déjà inversé.
Avec Kelyseo (essai gratuit 14 jours, sans carte bancaire), la date d'échéance se calcule automatiquement selon les conditions de règlement du client, les mentions de pénalités et l'indemnité de 40 € figurent sur chaque facture, et les factures en retard remontent seules dans le tableau de bord. Vous relancez le lendemain de l'échéance, pas le trimestre suivant.
FAQ délai de paiement
Puis-je exiger un paiement comptant à la fin du chantier ?
Oui, rien ne vous oblige à accorder un délai. Face à un particulier, le paiement à réception est même la règle par défaut. Face à un professionnel, un paiement comptant reste parfaitement licite s'il est accepté au moment du devis ou du contrat. Ce qui est encadré, ce sont les délais longs, pas les délais courts.
Le délai court-il à partir de la date de facture ou de la fin des travaux ?
Cela dépend de ce qui est écrit. Si vous mentionnez "60 jours date de facture", le point de départ est l'émission. Si aucune condition n'est prévue, la règle supplétive fait courir les 30 jours à compter de l'exécution de la prestation. D'où l'intérêt de faire signer un bon de fin de chantier daté.
Mon client refuse de payer les pénalités de retard, que faire ?
Entre professionnels, elles sont dues de plein droit, son accord n'est pas requis. Vous pouvez les intégrer au décompte de votre mise en demeure puis à votre demande d'injonction de payer. En pratique, beaucoup d'artisans les utilisent comme levier de négociation : les abandonner contre un règlement immédiat du principal reste une issue acceptable.
Un délai de 90 jours accepté par écrit est-il valable ?
Non. Un délai supérieur aux plafonds légaux est illicite même s'il a été signé par les deux parties. La clause est réputée non écrite et le donneur d'ordre s'expose à une amende administrative. Vous pouvez donc réclamer le paiement au terme légal malgré la signature du contrat.
Faut-il envoyer une mise en demeure avant de réclamer des pénalités ?
Non entre professionnels : les pénalités courent automatiquement dès le lendemain de l'échéance, sans formalité. La mise en demeure devient nécessaire dans un autre cas, quand vous voulez faire courir les intérêts légaux face à un particulier, ou préparer une procédure judiciaire.
Le délai, c'est une décision commerciale
Le délai de paiement n'est pas une contrainte administrative subie, c'est une ligne de votre offre au même titre que le prix au mètre carré. Fixez-le dans votre devis, reportez-le sur votre facture avec la date calculée, et relancez le lendemain de l'échéance sans vous excuser. Un artisan qui applique ces trois réflexes récupère en moyenne plusieurs semaines de trésorerie sur l'année, sans facturer un euro de plus.
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