Les dosages selon l’usage du béton
Le « dosage » d’un béton désigne la quantité de ciment par m³ de béton fini. Plus il est élevé, plus le béton est résistant et étanche, mais plus il coûte cher et plus il risque de fissurer au retrait s’il est mal mis en œuvre. Le bon dosage est celui de l’ouvrage, pas le plus fort.
| Dosage | Usage | Ciment | Sable | Gravillons | Eau |
|---|---|---|---|---|---|
| 250 kg/m³ | Béton de propreté, calage, remplissage | 250 kg | 680 kg | 1 175 kg | 125 L |
| 300 kg/m³ | Dallage non armé, allée, massif | 300 kg | 680 kg | 1 175 kg | 150 L |
| 350 kg/m³ | Béton armé : dalle, semelle, poteau, linteau | 350 kg | 680 kg | 1 175 kg | 175 L |
| 400 kg/m³ | Ouvrage exposé au gel, bassin, plage de piscine | 400 kg | 680 kg | 1 175 kg | 200 L |
Le squelette granulaire (400 L de sable et 800 L de gravillons) reste le même : seul le ciment et l’eau varient. C’est la raison pour laquelle on parle de béton « dosé à 350 ». Pour connaître le volume à couler, utilisez d’abord le calculateur de béton.
La recette au seau pour la bétonnière
Sur chantier, personne ne pèse le sable. On raisonne en sacs de ciment et en seaux de 10 L. Pour un dosage à 350 kg/m³, un sac de 35 kg produit 100 L de béton :
1 sac de ciment 35 kg + 4 seaux de sable + 8 seaux de gravillons + environ 17 L d’eau = 100 L de béton
- Ordre de chargement : la moitié des gravillons et de l’eau, puis le ciment, puis le sable, puis le reste des gravillons et l’eau en fin de malaxage.
- Temps de malaxage : 2 à 3 minutes après le dernier ajout, jusqu’à une couleur homogène.
- Sable mouillé : réduisez l’eau d’un bon tiers. Un sable stocké sous la pluie peut contenir 5 à 8 L d’eau par 100 L.
Erreur fréquente
Mesurer le ciment en seaux. Un seau de 10 L de ciment pèse environ 13 à 14 kg, pas 10 kg. Raisonner en sacs entiers évite de sous-doser sans s’en rendre compte.
Exemple : massif de fondation pour un abri de jardin
Quatre plots de 40 × 40 × 50 cm, soit 4 × 0,08 = 0,32 m³, en béton dosé à 300 kg/m³ (non armé). Quantités : 96 kg de ciment (3 sacs de 35 kg), 218 kg de sable (128 L, 13 seaux), 376 kg de gravillons (256 L, 26 seaux) et 48 L d’eau. À ce volume, la bétonnière louée à la journée reste la solution la plus économique.
Ce qui fait vraiment la résistance d’un béton
- L’eau : c’est le premier facteur. Un béton trop fluide perd une part importante de sa résistance. Ajoutez l’eau progressivement et visez une consistance plastique.
- La propreté des granulats : un sable terreux ou argileux empêche le ciment de bien enrober les grains.
- La cure : un béton qui sèche trop vite au soleil ou au vent fissure. Arrosez-le ou couvrez-le d’un film pendant au moins 3 jours.
- Le gel : ne coulez pas en dessous de 5 °C sans précaution. Un béton jeune qui gèle est perdu.
Pour un ouvrage de structure (poutre, plancher, mur de soutènement), le béton se commande par classe de résistance (C25/30 par exemple) et d’exposition auprès d’une centrale, sur prescription du bureau d’études. Le dosage « au seau » reste réservé aux petits ouvrages courants.
Intégrer le béton dans votre devis
Le prix de revient d’un béton gâché sur place additionne ciment, sable, gravillons, location de bétonnière et temps de main-d’œuvre, souvent sous-estimé. Les fournitures se facturent au même taux de TVA que la prestation de pose (voir la TVA sur les matériaux et fournitures). Préparez ensuite le chiffrage avec le générateur de devis gratuit ou, si vous êtes maçon, avec un logiciel de facturation pour maçons qui garde vos prix de revient.