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Plafond auto-entrepreneur 2026 : seuils CA, TVA et conséquences

Publié le 24 mai 2026·14 min de lecture

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Il existe deux types de plafonds distincts pour un auto-entrepreneur en 2026 : les plafonds de chiffre d'affaires, qui déterminent si vous restez en régime micro, et les seuils de franchise de TVA, qui déterminent si vous collectez de la TVA. Ces deux séries de chiffres ne sont pas les mêmes, et les confondre crée des erreurs coûteuses. Voici tous les seuils 2026, avec ce qui se passe concrètement quand vous les franchissez.

Les plafonds de chiffre d'affaires 2026 : trois catégories

Le régime micro-entreprise s'applique tant que votre chiffre d'affaires annuel (CA) reste sous certains plafonds. Ces plafonds varient selon la nature de votre activité.

Activités de vente de marchandises (BIC vente) : 188 700 € HT. Ce plafond s'applique aux commerçants, aux artisans qui vendent des marchandises sans prestation associée, aux hébergeurs touristiques, aux artisans boulangers ou bouchers. Ce seuil élevé s'explique par les marges généralement faibles du commerce et la part importante des achats de marchandises dans le CA.

Activités de services (BIC services) : 77 700 € HT. Ce plafond concerne les artisans prestataires : plombiers, électriciens, menuisiers, peintres, maçons, couvreurs, carreleurs, et l'ensemble des corps de métier du bâtiment. Il s'applique aussi aux activités de services commerciales comme la livraison, le déménagement, le nettoyage.

Activités libérales (BNC) : 77 700 € HT. Ce plafond est identique à celui des services BIC. Il couvre les consultants, formateurs, graphistes, développeurs, coaches, traducteurs, et les professions libérales non réglementées. Les professions libérales réglementées (médecins, avocats, architectes, experts-comptables) ne peuvent pas exercer en micro-entreprise.

Activités mixtes. Si vous combinez vente et services dans la même auto-entreprise, deux seuils s'appliquent simultanément : votre CA total ne doit pas dépasser 188 700 €, et votre CA services seul ne doit pas dépasser 77 700 €. Les deux conditions sont cumulatives.

Ces plafonds sont revalorisés tous les trois ans sur la base de l'inflation. Les montants ci-dessus sont ceux en vigueur pour 2026.

Les seuils de TVA : différents des plafonds de CA

Les seuils de franchise de TVA sont distincts des plafonds de CA. Ne pas les confondre. Vous pouvez être au-dessus du seuil TVA et toujours sous le plafond de CA, ou inversement.

En 2026, les seuils de franchise de TVA sont :

  • 37 500 € HT pour les prestations de services (BIC services et BNC)
  • 41 250 € HT pour les prestations de services (seuil majoré de tolérance)
  • 85 000 € HT pour les ventes de marchandises (BIC vente)
  • 93 500 € HT pour les ventes de marchandises (seuil majoré)

Prenons un plombier avec 50 000 € de CA annuel. Il est sous le plafond micro (77 700 €), donc il reste en régime micro. Mais il est au-dessus du seuil de franchise TVA (37 500 €) : il doit collecter et reverser la TVA. Il reste auto-entrepreneur, mais il n'est plus en franchise de TVA.

C'est un point que beaucoup ratent : la franchise de TVA est conditionnée à des seuils bien inférieurs aux plafonds du régime micro. Un auto-entrepreneur peut tout à fait être assujetti à la TVA tout en restant dans le régime micro-entreprise.

La logique du seuil majoré : si vous dépassez le seuil de base (37 500 €) sans dépasser le seuil majoré (41 250 €), vous continuez à bénéficier de la franchise de TVA jusqu'au 31 décembre de l'année. Vous devenez redevable de la TVA seulement à partir du 1er janvier suivant. En revanche, si vous dépassez le seuil majoré en cours d'année, vous devenez redevable de la TVA immédiatement, au 1er jour du mois de dépassement.

Première année de dépassement du plafond CA : que se passe-t-il

Vous dépassez le plafond de CA pour la première fois. Votre régime micro ne change pas immédiatement. Voici la règle exacte.

Vous avez droit à deux ans de tolérance. Si vous dépassez le plafond une seule année, vous restez en régime micro l'année suivante. Le changement de régime n'intervient que si vous dépassez deux années consécutives.

Exemple : un électricien avec 80 000 € de CA en 2025 (au-dessus des 77 700 €). En 2026, il reste en régime micro. Si en 2026 son CA est de 74 000 € (sous le plafond), il reste en micro indéfiniment. Si en 2026 son CA est à nouveau au-dessus de 77 700 €, il bascule en régime réel d'imposition au 1er janvier 2027.

La tolérance ne s'applique pas aux seuils de TVA. Si vous dépassez le seuil majoré de TVA (41 250 € pour les services) en cours d'année, vous devenez redevable de la TVA immédiatement, sans période de grâce d'un an. C'est une différence fondamentale entre les deux types de seuils.

Autre point : la tolérance porte sur la deuxième année, pas sur la première. La première année de dépassement, vous devez malgré tout surveiller que vous ne franchissez pas également les seuils de TVA (plus bas). Si vous dépassez 41 250 € en cours d'année, vous collectez la TVA immédiatement, même si vous restez en régime micro.

Deuxième année consécutive de dépassement : la bascule automatique

Si vous dépassez le plafond de CA deux années de suite, vous êtes automatiquement exclu du régime micro à partir du 1er janvier de l'année suivante. Il n'y a pas de démarche à faire de votre côté : l'administration fiscale vous contacte pour vous indiquer votre nouveau régime.

Mais "automatiquement" ne signifie pas "sans préparation nécessaire". Le basculement vers le régime réel implique des changements majeurs dans votre gestion quotidienne.

Ce qui change au 1er janvier de l'année de bascule :

  • Vous tenez une comptabilité complète (livre-journal, grand livre, bilan, compte de résultat) — généralement confiée à un expert-comptable
  • Vos cotisations URSSAF sont calculées sur votre bénéfice réel, non sur votre CA
  • Vous pouvez déduire toutes vos charges professionnelles réelles
  • Vous collectez et déclarez la TVA si vous ne l'aviez pas encore fait
  • Vous devez ouvrir un compte bancaire professionnel si ce n'est pas déjà fait
  • Vos acomptes d'impôt sur le revenu sont calculés différemment

Le passage au régime réel n'est pas une catastrophe. Pour les artisans dont les charges réelles sont élevées, c'est même souvent une amélioration : ils paient des impôts et cotisations sur leur vrai bénéfice, pas sur leur CA brut. Ce qui était un désavantage fiscal en micro devient un avantage au réel.

Comment l'administration détecte le dépassement

L'URSSAF et le fisc ne reçoivent pas vos relevés de compte bancaire en temps réel. Ils savent ce que vous déclarez. Le dépassement est détecté à partir de votre déclaration de CA mensuelle ou trimestrielle sur autoentrepreneur.urssaf.fr.

Si vous déclarez un CA cumulé qui dépasse les plafonds en cours d'année, l'administration le voit. Elle vous contacte pour clarifier votre situation, notamment pour les seuils de TVA (puisqu'un dépassement en cours d'année impose une collecte immédiate).

La tentation de sous-déclarer son CA pour rester sous les plafonds est une fraude fiscale. Les conséquences sont sévères : rappel des cotisations et impôts sur les montants non déclarés, majoration de 10 % à 40 % selon le caractère délibéré, intérêts de retard de 0,20 % par mois. Sans parler du risque pénal pour dissimulation de revenus.

Un point souvent ignoré : les recoupements sont possibles. Si vous facturez des clients professionnels, ces clients déclarent les montants qu'ils vous ont versés dans leur propre comptabilité. Si votre CA déclaré est nettement inférieur à la somme de ce que vos clients ont déduit, l'administration peut demander des explications.

Proratiser le seuil la première année d'activité

La première année d'activité, les plafonds sont calculés au prorata temporis. Vous n'avez pas droit à 77 700 € complets si vous démarrez en juillet.

La formule : plafond annuel x (nombre de jours d'activité dans l'année / 365).

Exemple : vous créez votre auto-entreprise le 1er juillet 2026. Votre plafond de CA pour 2026 est : 77 700 € x (184 jours / 365) = 39 147 €. Si votre CA de juillet à décembre 2026 dépasse 39 147 €, vous êtes en dépassement pour 2026.

Cette règle s'applique aussi aux seuils de TVA la première année. Une création en juillet avec un CA de 25 000 € en 6 mois représente un rythme annualisé de 50 000 €, au-dessus du seuil de base de 37 500 €. Vous devrez vérifier si vous dépassez le seuil proratisé.

Ce calcul proratisé est parfois oublié par les auto-entrepreneurs qui démarrent en milieu d'année avec un beau carnet de commandes. Vérifiez votre seuil réel dès le lancement.

Anticiper la transition : les étapes clés avant le basculement

Si vous êtes sur une trajectoire de dépassement du plafond, ne pas attendre la lettre de l'administration. Anticipez 6 à 12 mois avant la bascule.

Étape 1 : choisir votre nouvelle forme juridique. Entreprise individuelle au régime réel ? EURL ? SASU ? Chaque option a des implications différentes en termes de protection du patrimoine, de régime social et de fiscalité. Un rendez-vous avec un expert-comptable est indispensable à ce stade. Budget : 200 à 400 € pour un bilan comparatif.

Étape 2 : ouvrir un compte bancaire professionnel. Le compte bancaire dédié est obligatoire pour les sociétés (EURL, SASU) et fortement recommandé pour les entreprises individuelles. Si vous n'en avez pas encore, ouvrez-le suffisamment tôt pour que vos flux soient propres dès le premier jour du nouveau régime.

Étape 3 : souscrire à un logiciel de comptabilité ou mandater un expert-comptable. Le régime réel impose une comptabilité qui dépasse la simple déclaration mensuelle de CA. Vous aurez besoin d'un bilan annuel, d'un compte de résultat, et d'un suivi rigoureux des charges déductibles.

Étape 4 : vous immatriculer à la TVA si ce n'est pas encore fait. Demandez votre numéro de TVA intracommunautaire auprès de votre service des impôts des entreprises (SIE). Ce numéro doit figurer sur toutes vos factures dès que vous collectez la TVA. Sans lui, vos factures sont non conformes.

Étape 5 : réviser vos tarifs. Si vous étiez en franchise de TVA et que vous passiez à la collecte de TVA, vos prix TTC augmentent mécaniquement de 10 % à 20 % si vous les gardez en HT identiques. Selon votre marché (particuliers vs professionnels), l'impact diffère. Les clients professionnels récupèrent la TVA, donc l'augmentation est neutre pour eux. Les particuliers, eux, paient le TTC : votre augmentation de TVA est visible dans leur budget.

Pour comprendre les implications concrètes du franchissement du seuil TVA : que faire quand vous dépassez le seuil TVA en auto-entrepreneur.

Les plafonds par activité : tableau récapitulatif

Certaines activités ont des règles particulières qui méritent d'être mentionnées.

Location meublée de courte durée (Airbnb, gîtes). Le plafond applicable est celui du BIC vente : 188 700 €. La franchise TVA est celle des hébergements : 91 900 € de base (2026). Des règles spécifiques s'appliquent selon la classification du bien.

Activité mixte vente et services. Si vous exercez les deux, votre CA vente se compare au plafond de 188 700 €, votre CA services au plafond de 77 700 €, et votre CA total au plafond de 188 700 €. Vous devez respecter les trois conditions simultanément.

Artisans du bâtiment. Le plafond est celui des BIC services : 77 700 €. Même si vous vendez des matériaux dans le cadre de vos prestations, l'activité est classée prestation de service pour un artisan. Le plafond de 188 700 € ne s'applique pas.

Auto-entrepreneurs salariés en parallèle. Le salariat n'est pas du CA de votre auto-entreprise. Seules les recettes de votre activité indépendante comptent dans le calcul du plafond. Mais attention : vos revenus salariaux s'ajoutent à vos revenus micro pour le calcul de l'impôt sur le revenu et peuvent faire perdre le bénéfice du versement libératoire.

Pour une vision complète de ce que le chiffre d'affaires implique au-delà des plafonds : seuil de chiffre d'affaires auto-entrepreneur 2026 : tout comprendre.

FAQ

Si je dépasse le plafond en décembre, dois-je basculer au régime réel dès janvier ?

Pas si c'est la première année de dépassement. Vous restez en micro pour l'année suivante. Le basculement n'est automatique qu'après deux années consécutives de dépassement. En revanche, si vous avez également dépassé le seuil de franchise TVA (41 250 € pour les services), vous devenez redevable de la TVA immédiatement au 1er du mois de dépassement — indépendamment du plafond micro.

Mon CA est de 76 000 € pour des prestations de services. Suis-je encore en micro-entreprise ?

Oui. Le plafond est de 77 700 € pour les services. Vous êtes sous le plafond de CA. En revanche, vous avez très probablement dépassé le seuil de franchise TVA (37 500 €), voire le seuil majoré (41 250 €). Cela signifie que vous collectez et reversez de la TVA, tout en restant en régime micro pour le reste. Vérifiez à quelle date vous avez dépassé 41 250 € pour savoir à partir de quand vous deviez collecter la TVA.

Puis-je volontairement quitter le régime micro avant d'atteindre le plafond ?

Oui. Vous pouvez opter à tout moment pour le régime réel d'imposition, sans attendre de dépasser le plafond. Cette option volontaire est intéressante si vos charges réelles dépassent votre abattement forfaitaire, ou si vous souhaitez bénéficier d'une meilleure protection patrimoniale en créant une société. La demande se fait auprès de votre centre de formalités des entreprises.

Le plafond de 77 700 € s'applique-t-il au CA encaissé ou au CA facturé ?

Au CA encaissé (recettes effectivement perçues) pour les auto-entrepreneurs. C'est une différence importante avec les sociétés qui utilisent le principe des droits constatés (CA facturé). Si vous émettez une facture de 10 000 € en décembre mais que vous êtes payé en janvier, cette somme entre dans votre CA de janvier, pas de décembre. Déclarez ce que vous avez réellement reçu sur votre compte.

Que se passe-t-il si j'oublie de déclarer mon CA et que je dépasse le plafond sans le savoir ?

L'ignorance ne protège pas des conséquences fiscales. Si votre CA réel a dépassé le plafond deux années de suite, vous auriez dû basculer au régime réel. L'administration peut recalculer vos cotisations et impôts sur la base du régime réel avec application des pénalités de retard. La régularisation est possible mais coûteuse. Si vous réalisez un dépassement non déclaré, consultez un expert-comptable rapidement pour limiter les pénalités via une déclaration spontanée.

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Rédigé par Youcef Belhenniche, fondateur de Kelyseo·Vérifié en 24 mai 2026

Ce guide est mis à jour régulièrement pour refléter les évolutions réglementaires.

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