Il existe deux types de plafonds distincts pour un auto-entrepreneur en 2026 : les plafonds de chiffre d'affaires, qui déterminent si vous restez en régime micro, et les seuils de franchise de TVA, qui déterminent si vous collectez de la TVA. Ces deux séries de chiffres ne sont pas les mêmes, et les confondre crée des erreurs coûteuses. Voici tous les seuils 2026, avec ce qui se passe concrètement quand vous les franchissez.
Les plafonds de chiffre d'affaires 2026 : trois catégories
Le régime micro-entreprise s'applique tant que votre chiffre d'affaires annuel (CA) reste sous certains plafonds. Ces plafonds varient selon la nature de votre activité.
Activités de vente de marchandises (BIC vente) : 188 700 € HT. Ce plafond s'applique aux commerçants, aux artisans qui vendent des marchandises sans prestation associée, aux hébergeurs touristiques, aux artisans boulangers ou bouchers. Ce seuil élevé s'explique par les marges généralement faibles du commerce et la part importante des achats de marchandises dans le CA.
Activités de services (BIC services) : 77 700 € HT. Ce plafond concerne les artisans prestataires : plombiers, électriciens, menuisiers, peintres, maçons, couvreurs, carreleurs, et l'ensemble des corps de métier du bâtiment. Il s'applique aussi aux activités de services commerciales comme la livraison, le déménagement, le nettoyage.
Activités libérales (BNC) : 77 700 € HT. Ce plafond est identique à celui des services BIC. Il couvre les consultants, formateurs, graphistes, développeurs, coaches, traducteurs, et les professions libérales non réglementées. Les professions libérales réglementées (médecins, avocats, architectes, experts-comptables) ne peuvent pas exercer en micro-entreprise.
Activités mixtes. Si vous combinez vente et services dans la même auto-entreprise, deux seuils s'appliquent simultanément : votre CA total ne doit pas dépasser 188 700 €, et votre CA services seul ne doit pas dépasser 77 700 €. Les deux conditions sont cumulatives.
Ces plafonds sont revalorisés tous les trois ans sur la base de l'inflation. Les montants ci-dessus sont ceux en vigueur pour 2026.
Les seuils de TVA : différents des plafonds de CA
Les seuils de franchise de TVA sont distincts des plafonds de CA. Ne pas les confondre. Vous pouvez être au-dessus du seuil TVA et toujours sous le plafond de CA, ou inversement.
En 2026, les seuils de franchise de TVA sont :
- 37 500 € HT pour les prestations de services (BIC services et BNC)
- 41 250 € HT pour les prestations de services (seuil majoré de tolérance)
- 85 000 € HT pour les ventes de marchandises (BIC vente)
- 93 500 € HT pour les ventes de marchandises (seuil majoré)
Prenons un plombier avec 50 000 € de CA annuel. Il est sous le plafond micro (77 700 €), donc il reste en régime micro. Mais il est au-dessus du seuil de franchise TVA (37 500 €) : il doit collecter et reverser la TVA. Il reste auto-entrepreneur, mais il n'est plus en franchise de TVA.
C'est un point que beaucoup ratent : la franchise de TVA est conditionnée à des seuils bien inférieurs aux plafonds du régime micro. Un auto-entrepreneur peut tout à fait être assujetti à la TVA tout en restant dans le régime micro-entreprise.
La logique du seuil majoré : si vous dépassez le seuil de base (37 500 €) sans dépasser le seuil majoré (41 250 €), vous continuez à bénéficier de la franchise de TVA jusqu'au 31 décembre de l'année. Vous devenez redevable de la TVA seulement à partir du 1er janvier suivant. En revanche, si vous dépassez le seuil majoré en cours d'année, vous devenez redevable de la TVA immédiatement, au 1er jour du mois de dépassement.
Première année de dépassement du plafond CA : que se passe-t-il
Vous dépassez le plafond de CA pour la première fois. Votre régime micro ne change pas immédiatement. Voici la règle exacte.
Vous avez droit à deux ans de tolérance. Si vous dépassez le plafond une seule année, vous restez en régime micro l'année suivante. Le changement de régime n'intervient que si vous dépassez deux années consécutives.
Exemple : un électricien avec 80 000 € de CA en 2025 (au-dessus des 77 700 €). En 2026, il reste en régime micro. Si en 2026 son CA est de 74 000 € (sous le plafond), il reste en micro indéfiniment. Si en 2026 son CA est à nouveau au-dessus de 77 700 €, il bascule en régime réel d'imposition au 1er janvier 2027.
La tolérance ne s'applique pas aux seuils de TVA. Si vous dépassez le seuil majoré de TVA (41 250 € pour les services) en cours d'année, vous devenez redevable de la TVA immédiatement, sans période de grâce d'un an. C'est une différence fondamentale entre les deux types de seuils.
Autre point : la tolérance porte sur la deuxième année, pas sur la première. La première année de dépassement, vous devez malgré tout surveiller que vous ne franchissez pas également les seuils de TVA (plus bas). Si vous dépassez 41 250 € en cours d'année, vous collectez la TVA immédiatement, même si vous restez en régime micro.
Deuxième année consécutive de dépassement : la bascule automatique
Si vous dépassez le plafond de CA deux années de suite, vous êtes automatiquement exclu du régime micro à partir du 1er janvier de l'année suivante. Il n'y a pas de démarche à faire de votre côté : l'administration fiscale vous contacte pour vous indiquer votre nouveau régime.
Mais "automatiquement" ne signifie pas "sans préparation nécessaire". Le basculement vers le régime réel implique des changements majeurs dans votre gestion quotidienne.
Ce qui change au 1er janvier de l'année de bascule :
- Vous tenez une comptabilité complète (livre-journal, grand livre, bilan, compte de résultat) — généralement confiée à un expert-comptable
- Vos cotisations URSSAF sont calculées sur votre bénéfice réel, non sur votre CA
- Vous pouvez déduire toutes vos charges professionnelles réelles
- Vous collectez et déclarez la TVA si vous ne l'aviez pas encore fait
- Vous devez ouvrir un compte bancaire professionnel si ce n'est pas déjà fait
- Vos acomptes d'impôt sur le revenu sont calculés différemment
Le passage au régime réel n'est pas une catastrophe. Pour les artisans dont les charges réelles sont élevées, c'est même souvent une amélioration : ils paient des impôts et cotisations sur leur vrai bénéfice, pas sur leur CA brut. Ce qui était un désavantage fiscal en micro devient un avantage au réel.
Comment l'administration détecte le dépassement
L'URSSAF et le fisc ne reçoivent pas vos relevés de compte bancaire en temps réel. Ils savent ce que vous déclarez. Le dépassement est détecté à partir de votre déclaration de CA mensuelle ou trimestrielle sur autoentrepreneur.urssaf.fr.
Si vous déclarez un CA cumulé qui dépasse les plafonds en cours d'année, l'administration le voit. Elle vous contacte pour clarifier votre situation, notamment pour les seuils de TVA (puisqu'un dépassement en cours d'année impose une collecte immédiate).
La tentation de sous-déclarer son CA pour rester sous les plafonds est une fraude fiscale. Les conséquences sont sévères : rappel des cotisations et impôts sur les montants non déclarés, majoration de 10 % à 40 % selon le caractère délibéré, intérêts de retard de 0,20 % par mois. Sans parler du risque pénal pour dissimulation de revenus.
Un point souvent ignoré : les recoupements sont possibles. Si vous facturez des clients professionnels, ces clients déclarent les montants qu'ils vous ont versés dans leur propre comptabilité. Si votre CA déclaré est nettement inférieur à la somme de ce que vos clients ont déduit, l'administration peut demander des explications.
Proratiser le seuil la première année d'activité
La première année d'activité, les plafonds sont calculés au prorata temporis. Vous n'avez pas droit à 77 700 € complets si vous démarrez en juillet.
La formule : plafond annuel x (nombre de jours d'activité dans l'année / 365).
Exemple : vous créez votre auto-entreprise le 1er juillet 2026. Votre plafond de CA pour 2026 est : 77 700 € x (184 jours / 365) = 39 147 €. Si votre CA de juillet à décembre 2026 dépasse 39 147 €, vous êtes en dépassement pour 2026.
Cette règle s'applique aussi aux seuils de TVA la première année. Une création en juillet avec un CA de 25 000 € en 6 mois représente un rythme annualisé de 50 000 €, au-dessus du seuil de base de 37 500 €. Vous devrez vérifier si vous dépassez le seuil proratisé.
Ce calcul proratisé est parfois oublié par les auto-entrepreneurs qui démarrent en milieu d'année avec un beau carnet de commandes. Vérifiez votre seuil réel dès le lancement.
Anticiper la transition : les étapes clés avant le basculement
Si vous êtes sur une trajectoire de dépassement du plafond, ne pas attendre la lettre de l'administration. Anticipez 6 à 12 mois avant la bascule.
Étape 1 : choisir votre nouvelle forme juridique. Entreprise individuelle au régime réel ? EURL ? SASU ? Chaque option a des implications différentes en termes de protection du patrimoine, de régime social et de fiscalité. Un rendez-vous avec un expert-comptable est indispensable à ce stade. Budget : 200 à 400 € pour un bilan comparatif.
Étape 2 : ouvrir un compte bancaire professionnel. Le compte bancaire dédié est obligatoire pour les sociétés (EURL, SASU) et fortement recommandé pour les entreprises individuelles. Si vous n'en avez pas encore, ouvrez-le suffisamment tôt pour que vos flux soient propres dès le premier jour du nouveau régime.
Étape 3 : souscrire à un logiciel de comptabilité ou mandater un expert-comptable. Le régime réel impose une comptabilité qui dépasse la simple déclaration mensuelle de CA. Vous aurez besoin d'un bilan annuel, d'un compte de résultat, et d'un suivi rigoureux des charges déductibles.
Étape 4 : vous immatriculer à la TVA si ce n'est pas encore fait. Demandez votre numéro de TVA intracommunautaire auprès de votre service des impôts des entreprises (SIE). Ce numéro doit figurer sur toutes vos factures dès que vous collectez la TVA. Sans lui, vos factures sont non conformes.
Étape 5 : réviser vos tarifs. Si vous étiez en franchise de TVA et que vous passiez à la collecte de TVA, vos prix TTC augmentent mécaniquement de 10 % à 20 % si vous les gardez en HT identiques. Selon votre marché (particuliers vs professionnels), l'impact diffère. Les clients professionnels récupèrent la TVA, donc l'augmentation est neutre pour eux. Les particuliers, eux, paient le TTC : votre augmentation de TVA est visible dans leur budget.
Pour comprendre les implications concrètes du franchissement du seuil TVA : que faire quand vous dépassez le seuil TVA en auto-entrepreneur.
Les plafonds par activité : tableau récapitulatif
Certaines activités ont des règles particulières qui méritent d'être mentionnées.
Location meublée de courte durée (Airbnb, gîtes). Le plafond applicable est celui du BIC vente : 188 700 €. La franchise TVA est celle des hébergements : 91 900 € de base (2026). Des règles spécifiques s'appliquent selon la classification du bien.
Activité mixte vente et services. Si vous exercez les deux, votre CA vente se compare au plafond de 188 700 €, votre CA services au plafond de 77 700 €, et votre CA total au plafond de 188 700 €. Vous devez respecter les trois conditions simultanément.
Artisans du bâtiment. Le plafond est celui des BIC services : 77 700 €. Même si vous vendez des matériaux dans le cadre de vos prestations, l'activité est classée prestation de service pour un artisan. Le plafond de 188 700 € ne s'applique pas.
Auto-entrepreneurs salariés en parallèle. Le salariat n'est pas du CA de votre auto-entreprise. Seules les recettes de votre activité indépendante comptent dans le calcul du plafond. Mais attention : vos revenus salariaux s'ajoutent à vos revenus micro pour le calcul de l'impôt sur le revenu et peuvent faire perdre le bénéfice du versement libératoire.
Pour une vision complète de ce que le chiffre d'affaires implique au-delà des plafonds : seuil de chiffre d'affaires auto-entrepreneur 2026 : tout comprendre.
Suivi mensuel du CA : comment piloter ses plafonds en cours d'année
Dépasser un plafond ne doit pas être une surprise. Avec un suivi mensuel simple, vous savez en permanence où vous en êtes et vous pouvez prendre des décisions en connaissance de cause.
La méthode la plus efficace : tenir un tableau de suivi avec, pour chaque mois, les recettes encaissées, le cumul depuis le 1er janvier et le pourcentage du plafond atteint. Si vous atteignez 70 % de votre plafond en juillet, vous savez que la vigilance s'impose pour le second semestre. Si vous atteignez 90 % en octobre, vous pouvez encore décider de reporter certains encaissements en janvier de l'année suivante (si vos clients acceptent un paiement différé) ou d'anticiper la transition au régime réel.
Pour les seuils TVA, le suivi est encore plus important : dépasser le seuil majoré en cours d'année (41 250 € pour les services) déclenche une obligation immédiate de collecte, pas d'abonnement à une franchise jusqu'au 31 décembre. Suivez vos encaissements cumulés en temps réel, pas seulement lors de votre déclaration mensuelle à l'URSSAF.
Pour les artisans qui travaillent avec un carnet de commandes bien rempli, une projection en début d'année suffit souvent à anticiper : si vous avez déjà 60 000 € de devis acceptés en janvier pour l'année en cours, et que votre plafond est 77 700 €, vous êtes à 77 % dès le départ. Intégrez cette donnée dans vos décisions commerciales.
Impact du dépassement sur les cotisations sociales
En régime micro, vos cotisations URSSAF sont calculées sur votre CA brut, avec des taux fixes selon votre activité (environ 12,3 % pour les ventes, 21,2 % pour les services BIC, 21,1 % pour les BNC en 2026). Quand vous basculez au régime réel, le calcul change du tout au tout.
Au régime réel, vos cotisations sont calculées sur votre bénéfice imposable, c'est-à-dire votre CA moins vos charges réelles déductibles. Pour un artisan qui achète des matériaux, paie un loyer, un véhicule professionnel et des outils, le bénéfice peut représenter 40 à 60 % du CA. Résultat : les cotisations sociales sont souvent moins élevées en valeur absolue qu'en micro-entreprise pour un même CA.
Exemple concret : un plombier avec 90 000 € de CA et 40 000 € de charges réelles (matériaux, véhicule, assurance, local). En micro, il aurait payé des cotisations sur 90 000 €. Au régime réel, il les paie sur 50 000 € de bénéfice. L'économie est significative.
La première année au régime réel, les cotisations sont provisionnées sur une base forfaitaire, puis régularisées l'année suivante sur la base du bénéfice réel. Prévoyez une trésorerie de régularisation pour éviter la surprise.
Un avantage supplémentaire du régime réel souvent sous-estimé : en cas de déficit (charges supérieures au CA), vous ne payez aucune cotisation minimale sur vos revenus professionnels (hormis les cotisations minimales santé et retraite). En micro, vous payez des cotisations même si vous n'avez presque pas gagné d'argent, car la base de calcul est le CA et non le bénéfice.
Cumul d'activités : comment les plafonds s'appliquent
Une question fréquente : peut-on ouvrir une deuxième auto-entreprise pour doubler ses plafonds ? La réponse est non. Une personne physique ne peut avoir qu'une seule micro-entreprise (sauf exception de la seconde activité libérale réglementée). Mais au sein d'une même auto-entreprise, vous pouvez cumuler plusieurs activités.
Quand vous exercez deux activités dans la même auto-entreprise, la règle dépend de la nature de ces activités :
- Deux activités de même nature (ex. deux prestations de services) : le CA des deux activités se cumule pour être comparé à un seul plafond de 77 700 €.
- Une activité vente et une activité services (activité mixte) : règle des deux plafonds simultanés décrite plus haut. Le CA services doit rester sous 77 700 €, le CA total sous 188 700 €.
- Activité principale et activité accessoire de même catégorie : tout se cumule, un seul plafond s'applique.
Le cumul auto-entreprise et emploi salarié est possible. Le salaire n'entre pas dans le calcul du CA de l'auto-entreprise. Mais les deux revenus s'additionnent pour le calcul de l'impôt sur le revenu. Et si votre revenu fiscal de référence est trop élevé, vous pouvez perdre l'éligibilité au versement libératoire de l'impôt sur le revenu (option qui permet de payer l'IR en même temps que les cotisations URSSAF, à taux fixe sur le CA).
Le cumul auto-entreprise et retraite est également possible, sous réserve du respect des plafonds de cumul emploi-retraite propres à votre caisse de retraite. La retraite perçue ne compte pas dans le CA de l'auto-entreprise.
Les erreurs les plus fréquentes sur les plafonds
Après des années de questions d'auto-entrepreneurs sur les plafonds, voici les confusions les plus répandues.
Confondre plafond CA et seuil TVA. Comme détaillé plus haut, ce sont deux séries de chiffres différentes. Un auto-entrepreneur peut très bien être sous le plafond micro et pourtant devoir collecter la TVA. Ne pas faire cette confusion peut coûter cher.
Oublier la proratisation la première année. Créer son auto-entreprise en septembre et viser 77 700 € sur l'année est mathématiquement impossible sans dépasser le plafond proratisé. Calculez votre seuil réel dès le lancement.
Compter le CA facturé et non le CA encaissé. En micro-entreprise, vous déclarez ce que vous avez reçu sur votre compte. Une facture non payée ne compte pas encore. Un acompte reçu compte immédiatement, même si la prestation n'est pas encore réalisée.
Ignorer le dépassement sur deux ans. Certains auto-entrepreneurs pensent que dépasser le plafond deux ans de suite n'a pas de conséquence automatique. C'est faux : la bascule au régime réel est automatique et rétroactive au 1er janvier de l'année de bascule. Vous ne pouvez pas rester en micro indéfiniment même si vous déclarez tout régulièrement.
Penser que le plafond des artisans est 188 700 €. Un artisan du bâtiment prestataire est classé BIC services. Son plafond est 77 700 €, pas 188 700 €. Le plafond élevé est réservé au commerce pur (vente de marchandises sans prestation associée principale). Si vous posez un parquet et facturez parquet + pose, vous êtes en prestation de services.
Ne pas anticiper la transition. Attendre la lettre de l'administration pour se préparer au changement de régime, c'est partir avec 3 mois de retard sur la mise en conformité. L'anticipation est la clé d'une transition sereine.
FAQ
Si je dépasse le plafond en décembre, dois-je basculer au régime réel dès janvier ?
Pas si c'est la première année de dépassement. Vous restez en micro pour l'année suivante. Le basculement n'est automatique qu'après deux années consécutives de dépassement. En revanche, si vous avez également dépassé le seuil de franchise TVA (41 250 € pour les services), vous devenez redevable de la TVA immédiatement au 1er du mois de dépassement — indépendamment du plafond micro.
Mon CA est de 76 000 € pour des prestations de services. Suis-je encore en micro-entreprise ?
Oui. Le plafond est de 77 700 € pour les services. Vous êtes sous le plafond de CA. En revanche, vous avez très probablement dépassé le seuil de franchise TVA (37 500 €), voire le seuil majoré (41 250 €). Cela signifie que vous collectez et reversez de la TVA, tout en restant en régime micro pour le reste. Vérifiez à quelle date vous avez dépassé 41 250 € pour savoir à partir de quand vous deviez collecter la TVA.
Puis-je volontairement quitter le régime micro avant d'atteindre le plafond ?
Oui. Vous pouvez opter à tout moment pour le régime réel d'imposition, sans attendre de dépasser le plafond. Cette option volontaire est intéressante si vos charges réelles dépassent votre abattement forfaitaire, ou si vous souhaitez bénéficier d'une meilleure protection patrimoniale en créant une société. La demande se fait auprès de votre centre de formalités des entreprises.
Le plafond de 77 700 € s'applique-t-il au CA encaissé ou au CA facturé ?
Au CA encaissé (recettes effectivement perçues) pour les auto-entrepreneurs. C'est une différence importante avec les sociétés qui utilisent le principe des droits constatés (CA facturé). Si vous émettez une facture de 10 000 € en décembre mais que vous êtes payé en janvier, cette somme entre dans votre CA de janvier, pas de décembre. Déclarez ce que vous avez réellement reçu sur votre compte.
Que se passe-t-il si j'oublie de déclarer mon CA et que je dépasse le plafond sans le savoir ?
L'ignorance ne protège pas des conséquences fiscales. Si votre CA réel a dépassé le plafond deux années de suite, vous auriez dû basculer au régime réel. L'administration peut recalculer vos cotisations et impôts sur la base du régime réel avec application des pénalités de retard. La régularisation est possible mais coûteuse. Si vous réalisez un dépassement non déclaré, consultez un expert-comptable rapidement pour limiter les pénalités via une déclaration spontanée.
Un acompte reçu avant la fin des travaux compte-t-il dans mon CA de l'année en cours ?
Oui. En micro-entreprise, vous déclarez les sommes effectivement encaissées, quelle que soit l'avancement de la prestation. Un acompte de 3 000 € reçu en décembre pour des travaux qui commencent en janvier doit être déclaré en décembre. Cela peut impacter vos plafonds annuels si vous avez plusieurs gros acomptes en fin d'année. Pour éviter les effets de seuil, discutez avec vos clients du calendrier des paiements selon vos besoins de gestion.
Je suis artisan et je vends aussi des matériaux à mes clients. Mon plafond est-il de 77 700 € ou 188 700 € ?
Dans la très grande majorité des cas, 77 700 €. Quand un artisan vend des matériaux dans le cadre d'une prestation (pose de carrelage avec fourniture du carrelage, installation d'une cuisine avec fourniture du mobilier), l'activité est considérée comme une prestation de services dans son ensemble. Le plafond de 188 700 € n'est applicable qu'aux activités de vente pure, sans prestation associée dominante. Si vous avez un doute sur la classification de votre activité, consultez votre centre de formalités des entreprises ou l'URSSAF.
Puis-je repasser en micro-entreprise après avoir basculé au régime réel ?
Oui, mais sous conditions. Si votre CA redescend en dessous des plafonds micro pendant deux années consécutives, vous pouvez opter à nouveau pour le régime micro-entreprise. L'option est possible au 1er janvier de l'année suivante. Attention : la reconstitution d'une micro-entreprise après passage au régime réel n'est pas automatique, vous devez en faire la demande explicite. Et les avantages de la micro (abattement forfaitaire) s'appliquent à nouveau, mais aussi ses contraintes (pas de déduction des charges réelles).
Comment les remboursements de frais de clients entrent-ils dans le calcul du plafond ?
Les remboursements de frais reçus de vos clients sont en principe inclus dans votre CA déclarable en micro-entreprise. Contrairement au régime réel où vous pouvez déduire vos débours (frais avancés pour le compte du client) du CA, en micro-entreprise l'abattement forfaitaire est censé couvrir l'ensemble de vos charges, y compris les refacturations. Si vous avancez régulièrement des frais importants pour vos clients (matériaux, transports, hébergements), cela peut peser sur votre plafond de CA sans correspondre à un vrai bénéfice. C'est un élément supplémentaire à prendre en compte dans la réflexion sur la transition au régime réel.
Est-il légal de baisser ses prix en fin d'année pour rester sous le plafond ?
Ajuster ses tarifs est une décision commerciale légitime. En revanche, retarder volontairement des encaissements pour rester sous le plafond en reportant des paiements au mois de janvier peut être requalifié par l'administration comme une manoeuvre d'optimisation abusive si cela est systématique et sans justification commerciale. La ligne est tenue entre gestion saine de trésorerie et report artificiel. Si votre client peut payer en janvier sans inconvénient particulier et que cela arrange vos deux parties, c'est une décision commerciale normale. Si vous demandez à des dizaines de clients de décaler leurs paiements pour éviter de dépasser vos seuils année après année, le risque de requalification existe.
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