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Contrat de sous-traitance BTP 2026 : modèle gratuit + clauses obligatoires

Publié le 14 juin 2026·19 min de lecture

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En BTP, un sous-traitant sans contrat conforme à la loi du 31 décembre 1975 est un artisan sans filet. Il perd son droit à l'action directe contre le maître d'ouvrage en cas d'impayé. Il perd le bénéfice de la caution légale. Il perd ses recours préférentiels. Dans un secteur où les impayés en cascade sont fréquents, le contrat de sous-traitance n'est pas une formalité administrative : c'est votre protection principale.

La loi du 31 décembre 1975 : le cadre légal de la sous-traitance BTP

La loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 est le texte fondateur de la sous-traitance en France. Elle protège les sous-traitants BTP en leur accordant des droits spécifiques que n'ont pas les sous-traitants dans d'autres secteurs.

Les obligations principales issues de cette loi :

  • L'entrepreneur principal doit soumettre son sous-traitant à l'agrément du maître d'ouvrage : le maître d'ouvrage doit connaître et accepter chaque sous-traitant. Sans cet agrément, le contrat de sous-traitance est inopposable au maître d'ouvrage.
  • L'entrepreneur principal doit obtenir une caution ou fournir une délégation de paiement : garantie pour le paiement du sous-traitant en cas de défaillance de l'entrepreneur principal.
  • Le sous-traitant dispose d'une action directe en paiement : il peut réclamer le paiement directement au maître d'ouvrage si l'entrepreneur principal ne le paie pas.

Ces protections ne fonctionnent que si le contrat de sous-traitance est régulier. Pour les factures impayées en dehors de la sous-traitance, voir le guide facture impayée artisan : recours et procédures.

Contrat de sous-traitance BTP : les clauses obligatoires

Un contrat de sous-traitance BTP conforme doit contenir au minimum les éléments suivants :

1. Identification des parties

PartieInformations obligatoires
Entrepreneur principal (donneur d'ordre)Raison sociale, SIRET, RCS, adresse siège, représentant légal
Sous-traitantRaison sociale, SIRET, RCS, adresse siège, représentant légal
Maître d'ouvrageNom ou raison sociale, adresse (même si non signataire du contrat ST)

2. Description du chantier et des travaux sous-traités

  • Adresse exacte du chantier
  • Nature du contrat principal (marché public ou privé)
  • Description précise des travaux sous-traités (corps de métier, lots concernés)
  • Plans et descriptifs joints en annexe si nécessaire

3. Montant du contrat de sous-traitance

  • Montant forfaitaire ou bordereau de prix unitaires
  • Mention de la TVA applicable (ou mention d'autoliquidation TVA)
  • Modalités de révision des prix si chantier long

4. Modalités de paiement

  • Délai de paiement des situations/factures (45 jours fin de mois maximum légal en BTP, art. L. 444-1 du Code du commerce)
  • Modalités d'établissement des situations de travaux et de leur validation
  • Retenue de garantie éventuelle (5 % maximum) et conditions de levée
  • Acompte à la signature si prévu

5. La garantie de paiement (obligation légale)

C'est l'obligation la plus souvent négligée et celle qui cause le plus de litiges. L'article 14 de la loi de 1975 impose à l'entrepreneur principal de fournir au sous-traitant l'une de ces garanties :

  • Caution bancaire : une banque garantit le paiement du sous-traitant si l'entrepreneur principal fait défaut. La caution doit couvrir au minimum le montant du contrat de sous-traitance.
  • Délégation de paiement : le maître d'ouvrage s'engage à payer directement le sous-traitant sur présentation des factures validées par l'entrepreneur principal.

Sans cette garantie, le contrat de sous-traitance est nul de plein droit selon la loi de 1975. En pratique, beaucoup d'artisans sous-traitants signent sans cette garantie et découvrent son absence quand ils ne sont pas payés.

6. L'assurance et les qualifications

  • Décennale du sous-traitant (obligatoire pour les travaux décennaux)
  • RC Pro du sous-traitant
  • Qualifications professionnelles requises (RGE si applicable)
  • Attestation de conformité URSSAF (formulaire DPAE ou attestation)

Pour les mentions de décennale sur les factures, voir assurance décennale : mention obligatoire sur les factures BTP.

7. Planning et pénalités

  • Dates de début et de fin des travaux sous-traités
  • Pénalités de retard éventuelles (doit être proportionné)
  • Conditions de modification du planning

L'agrément du maître d'ouvrage : ne jamais l'oublier

L'article 3 de la loi de 1975 impose à l'entrepreneur principal de déclarer ses sous-traitants au maître d'ouvrage. Cette déclaration doit indiquer les informations sur le sous-traitant (identité, qualifications, assurances) et le montant du contrat de sous-traitance.

Le maître d'ouvrage peut accepter ou refuser d'agréer le sous-traitant. Si le maître d'ouvrage n'agréé pas le sous-traitant :

  • Le sous-traitant ne bénéficie pas de l'action directe en paiement contre le maître d'ouvrage
  • L'entrepreneur principal reste le seul débiteur du sous-traitant

En marchés publics, la déclaration du sous-traitant est obligatoire et formalisée (formulaire DC4). En marchés privés, elle se fait généralement par courrier recommandé ou email avec accusé de réception.

L'action directe : le droit le plus protecteur du sous-traitant

C'est la protection la plus importante issue de la loi de 1975. Si l'entrepreneur principal ne paie pas le sous-traitant, ce dernier peut réclamer le paiement directement au maître d'ouvrage, dans la limite des sommes que le maître d'ouvrage doit encore à l'entrepreneur principal.

La procédure d'action directe :

  • Mise en demeure de l'entrepreneur principal : notifier par LRAR l'impayé et demander le paiement
  • Mise en demeure simultanée ou consécutive du maître d'ouvrage : notifier le maître d'ouvrage de l'impayé et lui demander de payer directement
  • Délai de 30 jours : le maître d'ouvrage dispose d'un délai pour payer ou justifier d'un déjà-dû
  • Action judiciaire si nécessaire : saisir le tribunal de commerce ou le tribunal judiciaire

Cette action directe n'est possible que si le sous-traitant a été agréé par le maître d'ouvrage ET que le contrat de sous-traitance est conforme à la loi de 1975. Un sous-traitant non agréé ne bénéficie pas de l'action directe. Pour les impayés sans sous-traitance, voir le guide modèle de mise en demeure pour facture impayée.

TVA et sous-traitance BTP : l'autoliquidation obligatoire

C'est l'aspect fiscal qui surprend le plus les artisans qui démarrent la sous-traitance. Dans le BTP, quand un sous-traitant assujetti à la TVA travaille pour un entrepreneur principal lui aussi assujetti à la TVA, le mécanisme d'autoliquidation s'applique obligatoirement (article 283-2 nonies du CGI).

Comment fonctionne l'autoliquidation

Sans autoliquidation (hors BTP)Avec autoliquidation (BTP)
Sous-traitant facture HT + TVASous-traitant facture HT seulement (sans TVA)
Sous-traitant collecte la TVA et la reverse à l'ÉtatDonneur d'ordre (entrepreneur principal) déclare et reverse la TVA à l'État
Flux TVA entre toutes les partiesPas de flux TVA entre sous-traitant et donneur d'ordre

La mention obligatoire sur la facture de sous-traitance BTP : "Autoliquidation de TVA — article 283-2 nonies du CGI. TVA due par le preneur." Sans cette mention, la facture est irrégulière et l'entrepreneur principal peut refuser de la payer.

Exception : le sous-traitant en franchise de TVA (auto-entrepreneur sous le seuil) facture sans TVA avec la mention habituelle "TVA non applicable — article 293 B du CGI". L'autoliquidation ne le concerne pas puisqu'il n'est pas assujetti.

Pour le détail complet de la TVA sous-traitance, consultez le guide TVA sous-traitance BTP et autoliquidation.

Modèle de contrat de sous-traitance BTP 2026

CONTRAT DE SOUS-TRAITANCE BTP — Loi 75-1334 du 31/12/1975

ENTRE LES SOUSSIGNÉS : L'ENTREPRENEUR PRINCIPAL : [Raison sociale], [Forme juridique], [SIRET], dont le siège est [adresse], représenté par [Nom Prénom], ci-après dénommé "l'Entrepreneur", ET LE SOUS-TRAITANT : [Raison sociale], [Forme juridique], [SIRET], dont le siège est [adresse], représenté par [Nom Prénom], ci-après dénommé "le Sous-traitant", IL EST CONVENU CE QUI SUIT : ARTICLE 1 - OBJET Le présent contrat a pour objet de définir les conditions dans lesquelles le Sous-traitant réalisera les travaux décrits en annexe (devis n° [numéro]), dans le cadre du chantier principal situé à [adresse du chantier], dont le Maître d'ouvrage est [Nom/Raison sociale MO]. ARTICLE 2 - DÉCLARATION ET AGRÉMENT L'Entrepreneur s'engage à déclarer le présent Sous-traitant au Maître d'ouvrage conformément à l'article 3 de la loi du 31/12/1975 et à obtenir son agrément avant tout commencement des travaux sous-traités. Copie de l'agrément sera remise au Sous-traitant. ARTICLE 3 - MONTANT ET TVA Le montant du présent contrat est de [MONTANT] € HT, conformément au devis annexé. La TVA applicable est soumise au mécanisme d'autoliquidation conformément à l'article 283-2 nonies du CGI. Le Sous-traitant facturera hors TVA avec la mention "Autoliquidation TVA — art. 283-2 nonies CGI". ARTICLE 4 - GARANTIE DE PAIEMENT Conformément à l'article 14 de la loi du 31/12/1975, l'Entrepreneur fournit au Sous-traitant [choisir : une caution bancaire délivrée par [Banque], d'un montant de [MONTANT] € / une délégation de paiement acceptée par le Maître d'ouvrage, jointe en annexe]. ARTICLE 5 - DÉLAI ET PAIEMENT Les travaux seront réalisés du [date début] au [date fin estimée]. Le Sous-traitant établira ses situations mensuelles le dernier jour ouvré du mois. Le paiement interviendra dans un délai de 30 jours à compter de la réception de la facture validée par l'Entrepreneur. ARTICLE 6 - ASSURANCES Le Sous-traitant déclare être couvert par les assurances suivantes : - Responsabilité civile professionnelle : [Assureur], contrat n° [N°] - Assurance décennale (si applicable) : [Assureur], contrat n° [N°] Fait à [Ville], le [Date], en deux exemplaires originaux. L'Entrepreneur : [Signature] Le Sous-traitant : [Signature]

Facturation des situations de travaux en sous-traitance

Sur les gros chantiers, le sous-traitant établit des situations d'avancement mensuelles. Ces situations sont validées par l'entrepreneur principal avant d'être transmises au maître d'ouvrage (si délégation de paiement) ou payées directement par l'entrepreneur principal.

Structure d'une situation de travaux en sous-traitance :

  • Numéro de situation et période de référence
  • Rappel du montant total du contrat ST
  • Travaux réalisés jusqu'à la date de situation (en % d'avancement par lot)
  • Montant de la situation HT avec mention autoliquidation TVA
  • Déduction des retenues de garantie
  • Déduction des acomptes précédents
  • Net à payer de la situation

Pour les règles détaillées sur les factures de situation, consultez le guide facture de situation travaux artisan.

La retenue de garantie en sous-traitance

L'entrepreneur principal peut retenir 5 % du montant de chaque situation de sous-traitance à titre de retenue de garantie. Cette retenue est libérée à l'expiration du délai de garantie (1 an après réception) si aucune réserve n'a été formulée.

Le sous-traitant peut refuser cette retenue si l'entrepreneur principal ne lui propose pas de la remplacer par une caution bancaire. C'est son droit légal : la retenue de garantie ne peut être imposée au sous-traitant sans lui offrir cette alternative.

Pour les règles complètes sur la retenue de garantie travaux : montant et conditions de mainlevée.

Sous-traitance en cascade : les risques

Un sous-traitant peut à son tour sous-traiter une partie de ses travaux (sous-traitance en cascade ou sous-sous-traitance). La loi de 1975 autorise cette pratique mais avec des obligations identiques à ceux du premier niveau :

  • Le sous-traitant de niveau 1 doit soumettre son sous-traitant de niveau 2 à l'agrément du maître d'ouvrage ET de l'entrepreneur principal
  • Le sous-traitant de niveau 2 bénéficie d'une action directe contre le maître d'ouvrage
  • La chaîne d'autoliquidation TVA se maintient à tous les niveaux

En pratique, la sous-traitance en cascade est souvent mal encadrée et génère des litiges complexes. Soyez vigilant sur l'agrément à chaque niveau.

Vérification de l'entrepreneur principal : les documents à demander

Avant de signer un contrat de sous-traitance, vérifiez la solidité de l'entrepreneur principal :

  • Extrait Kbis récent : vérifier que l'entreprise est en activité et sa forme juridique
  • Attestation de vigilance URSSAF : disponible sur urssaf.fr, confirme que l'entreprise est à jour de ses cotisations
  • Attestation d'assurances : RC Pro et décennale de l'entrepreneur principal
  • Référencement sur infogreffe.fr : vérifier l'absence de procédure collective (sauvegarde, redressement, liquidation)
  • Attestation fiscale : optionnel mais rassurant pour les grosses commandes

Une vérification rapide sur Infogreffe prend 5 minutes et peut vous éviter de travailler pour une entreprise en redressement judiciaire qui ne vous paiera probablement jamais.

Que faire si l'entrepreneur principal ne paie pas ?

La procédure à suivre en cas d'impayé en sous-traitance BTP :

  • Étape 1 : Relance amiable (email + téléphone) dans les 5 jours suivant le retard
  • Étape 2 : Mise en demeure par LRAR à l'entrepreneur principal (délai de 8 jours)
  • Étape 3 : Mise en demeure simultanée au maître d'ouvrage (action directe) si vous êtes agréé
  • Étape 4 : Mise en jeu de la caution bancaire si elle existe
  • Étape 5 : Injonction de payer ou assignation en référé si aucune réponse

Pour les modèles de lettres de mise en demeure, consultez les modèles de mise en demeure pour facture impayée. Pour la procédure d'injonction de payer, voir le guide injonction de payer artisan.

FAQ : sous-traitance BTP 2026

Un auto-entrepreneur peut-il être sous-traitant BTP ?

Oui. Un auto-entrepreneur peut exercer en sous-traitance BTP. Il facture sans TVA (franchise de TVA, mention art. 293 B du CGI) et sans autoliquidation puisqu'il n'est pas assujetti à la TVA. Il reste soumis à toutes les obligations de la loi de 1975 : agrément, contrat écrit, garanties. Son CA de sous-traitance s'intègre dans son plafond auto-entrepreneur (91 900 € pour les artisans BTP).

Le sous-traitant est-il responsable des malfaçons ?

Oui. Le sous-traitant est responsable des travaux qu'il réalise, y compris sur la garantie décennale. Sa décennale propre couvre les travaux qu'il exécute. L'entrepreneur principal est co-responsable vis-à-vis du maître d'ouvrage (responsabilité solidaire), mais il dispose d'un recours contre le sous-traitant pour les malfaçons imputables à ce dernier.

Peut-on modifier le contrat de sous-traitance en cours de chantier ?

Oui, par avenant écrit signé des deux parties. Tout travail supplémentaire doit faire l'objet d'un avenant au contrat initial avec le montant correspondant. Un sous-traitant qui réalise des travaux supplémentaires sans avenant signé risque de ne pas être payé pour ces prestations.

Quelle est la prescription pour l'action directe du sous-traitant ?

L'action directe du sous-traitant se prescrit par deux ans à compter du jour où il a eu ou aurait dû avoir connaissance de l'existence de la créance sur le maître d'ouvrage. Agissez vite en cas d'impayé : attendre plus de deux ans peut vous faire perdre ce droit précieux.

Le maître d'ouvrage peut-il refuser d'agréer un sous-traitant ?

Oui. Le maître d'ouvrage peut refuser d'agréer un sous-traitant sans avoir à se justifier, sauf clause contractuelle contraire dans le marché principal. Ce refus n'annule pas le contrat de sous-traitance, mais il prive le sous-traitant de l'action directe. En marchés publics, le refus doit être motivé et notifié dans un délai précis.

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Exemples concrets : situations courantes en sous-traitance BTP

Situation 1 : maçon sous-traitant pour un promoteur

Un maçon auto-entrepreneur réalise les travaux de gros oeuvre en sous-traitance pour une SARL de construction. Le promoteur (maître d'ouvrage) est une SCI.

Ce qui doit être fait :

  • Contrat de sous-traitance écrit entre la SARL et le maçon
  • Déclaration et agrément de la SCI (maître d'ouvrage) — obligatoire
  • Facture sans TVA avec mention "TVA non applicable art. 293 B du CGI" (auto-entrepreneur en franchise)
  • Note : l'autoliquidation ne s'applique pas car le maçon n'est pas assujetti à la TVA

Situation 2 : électricien sous-traitant d'une entreprise générale, assujetti TVA

Un électricien en EURL (assujetti TVA) sous-traite l'installation électrique d'un immeuble pour une entreprise générale de BTP.

Ce qui s'applique :

  • Contrat de sous-traitance avec garantie de paiement (caution ou délégation)
  • Agrément du maître d'ouvrage (syndic ou promoteur)
  • Factures avec autoliquidation TVA : "Autoliquidation — art. 283-2 nonies CGI"
  • L'électricien facture HT, l'entreprise générale collecte la TVA et la reverse

Sous-traitance BTP et marchés publics : les spécificités

En marchés publics (État, collectivités, établissements publics), la sous-traitance est encadrée par des règles supplémentaires :

  • DC4 obligatoire : le formulaire DC4 (déclaration de sous-traitance) doit être produit pour chaque sous-traitant. C'est le document qui formalise la déclaration à l'acheteur public et l'agrément.
  • Paiement direct : en marchés publics, le paiement direct du sous-traitant agréé par la personne publique est de droit (art. 131-8 du Code de la commande publique). Le sous-traitant soumet ses demandes de paiement directement à l'acheteur public avec copie au titulaire.
  • Plafond de sous-traitance : certains marchés publics limitent la sous-traitance à une partie du marché (souvent 50 à 75 %). L'entrepreneur principal doit réaliser lui-même une part significative des travaux.
  • Anti-sous-traitance fictive : les acheteurs publics sanctionnent sévèrement la sous-traitance fictive (travaux présentés comme sous-traités mais réalisés par le titulaire sans vrai sous-traitant indépendant).

Pour un couvreur, terrassier ou maçon qui intervient en tant que sous-traitant d'un marché public, la gestion administrative est plus lourde mais le paiement direct par la collectivité offre une sécurité réelle par rapport aux marchés privés.

Comment bien négocier son contrat de sous-traitance

Les artisans sous-traitants acceptent souvent les conditions imposées par l'entrepreneur principal sans négociation. Pourtant, plusieurs points sont négociables :

  • Le délai de paiement : la loi fixe un maximum de 45 jours fin de mois pour les BTP professionnels. Mais vous pouvez négocier 30 jours ou même 15 jours si votre position est forte.
  • La retenue de garantie : 5 % est le maximum légal. Vous pouvez demander à la remplacer dès le départ par une caution bancaire (votre droit légal).
  • Le montant de l'acompte : pour les chantiers longs, un acompte de mobilisation de 10 à 20 % à la signature du contrat est légitime et courant.
  • La clause de révision des prix : sur les chantiers de plus de 6 mois, une clause d'indexation sur l'indice BT (Bâtiment et Travaux Publics) vous protège contre les hausses de matériaux.
  • Les pénalités de retard : elles doivent être proportionnées et réciproques. Si l'entrepreneur principal prévoit des pénalités pour vous, demandez des pénalités équivalentes si lui ne vous paie pas dans les délais.

Un contrat négocié est un contrat qui protège les deux parties. N'ayez pas peur de demander des modifications : un entrepreneur principal sérieux préférera signer un contrat équilibré plutôt qu'un contrat qui génèrera des conflits.

Assurances obligatoires du sous-traitant BTP

En tant que sous-traitant, vous engagez votre responsabilité sur les ouvrages que vous réalisez. Avant de signer un contrat, vérifiez que vos assurances sont à jour et adaptées aux travaux concernés.

  • Responsabilité civile professionnelle (RC pro) : couvre les dommages que vous causez à des tiers ou aux biens du donneur d'ordre pendant le chantier. Un outil qui tombe, un tuyau percé accidentellement, une malfaçon détectée avant réception : la RC pro prend en charge ces situations. Elle est obligatoire mais souvent sous-souscrite par les petits artisans.
  • Assurance décennale : obligatoire pour tous les travaux de construction (gros oeuvre, couverture, plomberie, électricité, isolation). Elle couvre pendant 10 ans les dommages graves qui compromettent la solidité de l'ouvrage. Même en tant que sous-traitant, vous êtes responsable décennial de vos propres travaux, indépendamment de l'entrepreneur principal.
  • Dommages ouvrage (DO) : cette assurance est souscrite par le maître d'ouvrage (pas par l'artisan), mais l'entrepreneur principal peut exiger que vous y contribuiez financièrement dans certains marchés. Vérifiez le contrat.
  • Garantie de transport et matériel : si vous transportez du matériel coûteux (outillage, équipements spécialisés), vérifiez que votre assurance véhicule couvre le matériel professionnel transporté. Ce n'est souvent pas le cas avec les contrats auto standards.

Exigences contractuelles fréquentes

L'entrepreneur principal peut exiger, dans le contrat de sous-traitance, que vous lui fournissiez une attestation d'assurance décennale et RC pro en cours de validité avant le début du chantier. Préparez ces attestations à l'avance pour ne pas retarder le démarrage.

Gérer les litiges en sous-traitance BTP

Malgré un contrat bien rédigé, des litiges peuvent survenir entre sous-traitant et entrepreneur principal. Voici la procédure à suivre selon la nature du conflit :

  • Malfaçon contestée : si l'entrepreneur principal conteste la qualité de vos travaux et refuse de payer pour ce motif, exigez une expertise contradictoire. Faites intervenir un expert indépendant ou demandez une expertise judiciaire en référé. Conservez toutes vos photos de chantier et bons de livraison pour prouver la conformité de votre prestation.
  • Non-paiement sans motif : envoyez d'abord une mise en demeure par lettre recommandée AR. Sans réponse sous 8 jours, vous pouvez demander une injonction de payer au tribunal compétent. En cas de montant > 5 000 €, saisissez le tribunal de commerce (ou judiciaire si interlocuteur non-commerçant).
  • Action directe contre le maître d'ouvrage : si l'entrepreneur principal ne vous paye pas, exercez votre action directe en mettant en demeure le maître d'ouvrage d'arrêter de payer l'entrepreneur principal et de vous payer directement à hauteur de ce que vous lui devez.
  • Médiation professionnelle : avant un procès coûteux, envisagez la médiation. La Médiation de la construction (organisme agréé) peut résoudre les litiges BTP plus rapidement et à moindre coût qu'une procédure judiciaire.

Pour les démarches en cas d'impayé, consultez le guide complet sur les recours pour facture impayée artisan.

FAQ : vos questions sur la sous-traitance BTP 2026

Un verbal sans contrat écrit est-il valide en sous-traitance ?

Légalement, un accord oral est un contrat. Mais sans écrit, la preuve des conditions convenues (prix, délais, périmètre) est extrêmement difficile. En cas de litige, c'est souvent la parole de l'un contre celle de l'autre. La loi du 31/12/1975 n'impose pas la forme écrite mais la pratique professionnelle et la jurisprudence rendent le contrat écrit indispensable pour vous protéger.

En tant que sous-traitant, ai-je le droit de sous-traiter moi-même ?

Oui, sauf clause contractuelle contraire. C'est ce qu'on appelle la cascade de sous-traitance. Mais votre sous-traitant de rang 2 doit également être agréé par le maître d'ouvrage et déclaré à l'entrepreneur principal. En pratique, les marchés publics limitent souvent la cascade et certains contrats privés l'interdisent expressément. Vérifiez votre contrat avant de recourir vous-même à un sous-traitant.

Que se passe-t-il si l'entrepreneur principal fait faillite en cours de chantier ?

C'est le risque majeur de la sous-traitance. En cas de liquidation judiciaire de l'entrepreneur principal, exercez immédiatement votre action directe contre le maître d'ouvrage pour les sommes dues. Déclarez également votre créance au mandataire judiciaire. Le délai est strict (2 mois après publication au BODACC). Après ce délai, vous perdez votre droit à être payé dans le cadre de la procédure collective.

Comment facturer l'autoliquidation TVA en sous-traitance ?

Émettez votre facture HT avec la mention "Autoliquidation - art. 283-2 nonies du CGI - TVA due par le preneur". Indiquez la base HT mais n'ajoutez pas de TVA. C'est l'entrepreneur principal (preneur) qui déclarera et déduira la TVA sur sa propre déclaration. Vous n'encaissez pas de TVA et ne la reversez pas. Pour un guide complet, consultez l'article sur la TVA en sous-traitance BTP.

Récapitulatif : les 10 points à vérifier avant de signer un contrat de sous-traitance

Avant de signer, passez cette checklist en revue pour vous assurer que le contrat est complet et vous protège correctement :

  • 1. Agrément écrit du maître d'ouvrage — exigez la confirmation écrite que le MO a agréé votre intervention (conditions de paiement incluses).
  • 2. Description précise des travaux — le périmètre de vos prestations est-il clairement délimité ? Quelles interfaces avec les autres corps d'état ?
  • 3. Prix et mode de facturation — forfait, bordereau de prix unitaires ou régie ? Les modalités de prise en compte des travaux supplémentaires sont-elles définies ?
  • 4. Délais et pénalités — les pénalités de retard sont-elles réciproques ? Qui déclenche le démarrage du délai ?
  • 5. Conditions de paiement — 30 ou 45 jours ? Y a-t-il un acompte de démarrage ? Les acomptes intermédiaires sont-ils prévus pour les chantiers longs ?
  • 6. Retenue de garantie — est-elle remplaçable par une caution ? Qui gère la mainlevée et dans quel délai après réception ?
  • 7. Assurances exigées — quelles attestations devez-vous fournir avant démarrage ? RC pro, décennale, autres ?
  • 8. Autoliquidation TVA — le contrat précise-t-il que les factures sont établies HT avec mention d'autoliquidation ?
  • 9. Clause de règlement des litiges — tribunal compétent, médiation préalable obligatoire ?
  • 10. Conditions de résiliation — quels préavis ? Indemnités en cas de résiliation sans faute de votre part ?

Ce point de contrôle prend 15 minutes avant signature et peut vous éviter des mois de litiges. Pour les chantiers importants (> 30 000 € HT), consulter un avocat spécialisé en droit de la construction pour une revue du contrat est un investissement rentable.

Facturation en sous-traitance : les outils pour gagner du temps

La sous-traitance génère une charge administrative spécifique : factures avec mention d'autoliquidation, suivi des paiements par chantier, gestion des retenues de garantie, déclaration des sous-traitants de rang 2. Un logiciel de facturation adapté au BTP vous permet d'automatiser ces tâches récurrentes.

  • Modèles de facture autoliquidation : créez un modèle de facture pré-rempli avec la mention légale correcte pour ne jamais oublier de la mettre et ne jamais collecter de TVA par erreur.
  • Suivi des encours par chantier : pour les chantiers avec facturation à l'avancement, le suivi des situations de travaux (pourcentage réalisé vs facturé) évite les oublis et les litiges en fin de chantier.
  • Relances automatiques : programmez des relances automatiques à J+30 et J+45 pour les factures non payées. En sous-traitance, respecter les délais de paiement est une obligation légale — les relances automatiques vous aident à l'exiger sans effort.
  • Tableau de bord trésorerie : visualisez en temps réel les encours clients par entrepreneur principal. Si un seul entrepreneur principal représente > 40 % de votre chiffre d'affaires, c'est un signal de risque de concentration à surveiller.

Les artisans BTP utilisant un logiciel de facturation adapté gèrent en moyenne 3 fois moins de temps sur l'administratif que ceux qui utilisent des fichiers Excel. Sur une semaine de 35 heures, c'est potentiellement 5 heures récupérées pour des travaux facturables.

Pour les sous-traitants qui font également de la facturation directe aux particuliers, n'oubliez pas que les règles de TVA diffèrent entre vos factures en autoliquidation (pour l'entrepreneur principal) et vos factures avec TVA (pour les clients particuliers). Un logiciel de facturation BTP qui gère automatiquement ces deux régimes vous évitera des erreurs fiscales coûteuses. Consultez également le guide sur la facturation à l'avancement pour les travaux BTP pour gérer efficacement vos situations de travaux mensuelles.

La sous-traitance BTP bien structurée est un levier de croissance puissant pour les artisans qui veulent monter en charge sans recruter. En prenant soin de formaliser vos contrats, de gérer rigoureusement votre facturation et de connaître vos droits légaux, vous transformez la sous-traitance d'un risque en une opportunité. Pour les artisans spécialisés dans un métier précis, retrouvez les guides sectoriels sur les pages maçonnerie, couverture et électricité de Kelyseo, qui détaillent les spécificités métier de la facturation et de la sous-traitance dans chaque corps d'état.

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