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Comment faire un devis couvreur : guide complet 2026

Publié le 29 mai 2026·17 min de lecture

Gérez vos factures et devis en 1 clic

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Un couvreur reçoit en moyenne trois à cinq demandes de devis par semaine. Certains portent sur des urgences — tuile cassée après tempête, fuite active — d'autres sur des réfections complètes planifiées plusieurs mois à l'avance. Ces deux situations n'ont pas les mêmes règles, ni les mêmes risques. Un devis couvreur mal rédigé, c'est un client qui conteste la facture finale, une mention décennale manquante qui invalide votre assurance, ou un taux de TVA incorrect qui déclenche un redressement fiscal. Ce guide couvre tout : les mentions légales obligatoires, les taux de TVA selon le type de chantier, la structure d'un devis par type de toiture, et un exemple complet ligne par ligne.

Les mentions légales obligatoires sur tout devis couvreur

Un devis est un document contractuel. Dès lors qu'il est accepté et signé par le client, il vaut contrat. Les mentions qu'il contient ou qu'il ne contient pas déterminent ce que vous pouvez réclamer en cas de litige et ce que le client peut contester. Pour les travaux de toiture chez un particulier dépassant 150 euros TTC, l'article L111-1 du Code de la consommation impose une liste de mentions précises. En dessous de ce seuil, les bonnes pratiques recommandent de tout documenter quand même.

Vos coordonnées complètes

Le devis doit afficher votre nom ou raison sociale, votre adresse complète (pas seulement une ville), votre numéro SIRET à 14 chiffres, votre numéro de téléphone et votre adresse email. Si vous exercez sous une forme sociétale (SASU, EURL), ajoutez le numéro RCS et la mention du capital social. Ces informations sont à la fois une obligation légale et un signal de sérieux pour votre client.

La mention décennale : obligatoire pour les couvreurs

C'est la mention que les couvreurs oublient le plus souvent, et c'est la plus importante. L'article L243-2 du Code des assurances impose à tout constructeur soumis à la garantie décennale de mentionner son assurance sur tous les devis et factures. Pour un couvreur, cette obligation s'applique à la quasi-totalité des travaux : réfection de toiture, zinguerie structurelle, charpente, isolation sous toiture.

La mention doit indiquer le nom de votre assureur, le numéro de votre police d'assurance, et les coordonnées de l'assureur. L'absence de cette mention est passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 75 000 euros et crée une présomption de non-assurance devant les tribunaux. En cas de sinistre, votre client peut se retourner contre vous personnellement.

Exemple de mention décennale sur un devis

Assurance décennale : [Nom de l'assureur], police n° [numéro], couvrant les activités de couverture, zinguerie et charpente sur le territoire français. Attestation disponible sur demande.

La qualification RGE : obligatoire si travaux d'isolation

Si vos travaux incluent une isolation thermique par l'extérieur (ITE), une isolation de toiture ou des panneaux solaires thermiques, et que votre client souhaite bénéficier de MaPrimeRénov' ou des Certificats d'Économies d'Énergie, vous devez être certifié RGE (Reconnu Garant de l'Environnement). La qualification RGE (qualifications Qualibat ou QualiRGE selon les travaux) doit être mentionnée sur le devis avec le numéro de certification et la date de validité.

Sans cette mention, votre client ne peut pas constituer son dossier d'aide. Un dossier refusé parce que le devis ne mentionnait pas le RGE est un litige que vous perdrez systématiquement. Ajoutez toujours cette mention dès que des aides énergétiques sont envisageables.

Les autres mentions communes

Au-delà de la décennale et du RGE, votre devis doit contenir : le numéro de devis (séquentiel et unique), la date d'émission, la date de validité, les coordonnées complètes du client, l'adresse précise du chantier, la description détaillée de chaque prestation avec les quantités et prix unitaires, les taux de TVA applicables avec les montants, le total HT et TTC, les conditions de paiement et d'acompte, et le droit de rétractation de 14 jours pour les travaux signés au domicile du client.

La TVA sur les travaux de toiture : les trois taux à maîtriser

C'est la partie qui génère le plus d'erreurs sur les devis de couvreurs. Trois taux sont possibles selon la nature des travaux et l'ancienneté du logement. Une erreur de taux sur le devis qui se retrouve sur la facture peut déclencher un redressement fiscal, un rappel de TVA avec intérêts de retard, et dans certains cas une solidarité fiscale avec votre client.

Type de travauxTaux TVAConditions
Réfection toiture, réparation, zinguerie, nettoyage10 %Logement achevé depuis plus de 2 ans
Isolation thermique de toiture, combles perdus, panneaux solaires thermiques5,5 %Logement de plus de 2 ans, équipements éligibles
Construction neuve, extension, logement de moins de 2 ans20 %Toute situation non couverte par les taux réduits
Local commercial, bureau, entrepôt20 %Quelle que soit l'ancienneté du bâtiment

Le taux de 10 % : la règle principale pour les couvreurs

La grande majorité des chantiers de couverture en France concerne des logements de plus de deux ans : remplacement de tuiles, réfection d'ardoises, entretien et réparation de zinguerie, remplacement de gouttières, nettoyage et traitement de toiture, pose de fenêtres de toit (Velux) dans une maison existante. Tous ces travaux sont soumis au taux de 10 % en vertu de l'article 279-0 bis du CGI, à condition que le logement soit résidentiel et achevé depuis plus de deux ans.

La condition clé est l'attestation client. Pour les chantiers dépassant 300 euros TTC, vous devez obtenir du client le formulaire Cerfa 1301-SD (attestation simplifiée) ou son équivalent, dans lequel il certifie que le logement a plus de deux ans et n'est pas destiné à la location meublée professionnelle. Sans cette attestation, vous êtes seul responsable d'un éventuel rappel de TVA.

Le taux de 5,5 % : isolation et énergie renouvelable

Les travaux d'isolation thermique de toiture bénéficient du taux super-réduit de 5,5 % en vertu de l'article 278-0 bis du CGI. Ce taux s'applique à l'isolation des combles perdus, des rampants, de la toiture-terrasse par l'intérieur, et aux panneaux solaires thermiques (production d'eau chaude sanitaire). Il s'applique aussi bien aux matériaux qu'à la main-d'oeuvre de pose, à condition que l'ensemble soit fourni et posé par le même artisan.

Attention : les panneaux photovoltaïques (production d'électricité) ne bénéficient pas du taux de 5,5 % mais du taux de 10 % en rénovation résidentielle. Ne confondez pas les deux. Sur un chantier mixte où vous posez à la fois une isolation et une couverture, ventiler les deux taux sur le devis est obligatoire.

Le taux de 20 % : quand il s'applique

Le taux normal de 20 % s'applique dès que le logement est en construction neuve ou achevé depuis moins de deux ans. Il s'applique aussi à tous les locaux non résidentiels : bureaux, commerces, entrepôts, garages, même si le bâtiment est ancien. Un client qui vous dit que son appartement est "vieux" sans pouvoir justifier d'une ancienneté de plus de deux ans : méfiance. Demandez l'attestation avant de facturer en taux réduit.

Si vous réalisez une extension de maison ou une surélévation qui augmente la surface habitable de plus de 10 %, cette partie de l'ouvrage est à 20 % même si la maison originale est ancienne. Seule la partie rénovation de la structure existante reste à 10 %.

Comment structurer votre devis selon le type de toiture

La structure du devis varie selon le type de couverture. Les postes ne sont pas les mêmes pour une toiture en tuiles canal, une ardoisière, une toiture en zinc, une couverture en fibrociment ou une toiture-terrasse. Voici comment structurer chaque type de chantier pour un devis lisible et inattaquable.

Toiture en tuiles ou ardoises : les postes types

Pour une réfection de toiture en tuiles ou ardoises, le devis doit distinguer au minimum ces postes : dépose de l'ancienne couverture avec évacuation (prix au m² ou au forfait), fourniture des matériaux de couverture (tuiles, ardoises, liteaux, écrans de sous-toiture) avec références précises, pose de la couverture (au m² avec le type de pose : à joint debout, à recouvrement, clouée), zinguerie associée (rives, faîtières, noues, solins), et échafaudage si nécessaire.

Mentionnez toujours les références des matériaux sur le devis. "Tuiles terre cuite naturelle" ne suffit pas. "Tuiles terre cuite canal, teinte vieilli, marque X, réf. Y, 40 tuiles/m²" est ce qu'il faut. Si un client accepte un devis vague et que vous posez des matériaux moins chers que prévu, il peut contester la facture finale. Si vous posez plus cher que prévu à cause d'une hausse des prix, vous devez en informer le client et émettre un avenant.

Zinguerie et couverture métallique : les spécificités

Les travaux de zinguerie (zinc, cuivre, plomb) font l'objet d'une ligne distincte dans le devis. Le détail doit préciser le type de métal, l'épaisseur (zinc VM en 0,65 mm ou 0,80 mm), la surface traitée et les opérations réalisées : noues, chenaux, gouttières, solins, abergements, couvre-murs. Le zinc et le cuivre ont des prix très volatils, liés aux cours des métaux. Indiquez sur votre devis que les prix des matériaux métalliques sont valables dans la limite de la durée de validité du devis.

Isolation sous toiture et combles : le détail RGE

Si le chantier inclut une isolation, le devis doit préciser la nature de l'isolant (laine de verre, laine de roche, ouate de cellulose, etc.), la résistance thermique R visée (R = 7 m².K/W minimum pour les combles perdus), l'épaisseur en mm, le coefficient de conductivité thermique λ (lambda), et la marque. Ces informations sont indispensables pour le dossier MaPrimeRénov' ou CEE. Leur absence bloquera le dossier de votre client et peut vous valoir une contestation.

Toiture-terrasse : les postes spécifiques

Une toiture-terrasse suit un schéma différent : dépose de l'étanchéité existante, préparation du support, mise en oeuvre de la nouvelle étanchéité (bitume, EPDM, résine), isolation thermique si prévue, protection finale (gravillons, dalle, végétalisation). Précisez le type et la marque du complexe d'étanchéité, l'épaisseur, le nombre de couches, et la garantie fabricant. La garantie décennale s'applique ici avec une acuité particulière : l'étanchéité est un élément essentiel de l'immeuble.

La durée de validité d'un devis couvreur

Les prix des matériaux de couverture — tuiles, ardoises, zinc, cuivre, laine de verre — sont parmi les plus volatils du secteur du bâtiment. Les cours du zinc ont fluctué de plus de 40 % en deux ans. Les prix des tuiles en terre cuite ont augmenté de 25 % en 2023-2024. Pour un couvreur, proposer un devis valable trois mois, c'est s'exposer à une perte sèche si les prix augmentent entre le devis et le chantier.

La pratique recommandée pour les couvreurs est une durée de validité de 30 jours, avec une clause de révision des prix pour les chantiers importants. Sur les petites réparations, 30 jours est suffisant. Sur les grosses réfections (plus de 10 000 euros), réduire à 15 ou 20 jours n'est pas excessif. Mentionnez toujours explicitement : "Ce devis est valable 30 jours à compter de la date d'émission. Au-delà, les prix des matériaux pourront être révisés."

Durée de validité recommandée selon le chantier

Petite réparation (moins de 2 000 €) : 30 jours Réfection partielle (2 000 € à 10 000 €) : 30 jours avec clause révision matériaux Réfection complète (10 000 € à 30 000 €) : 15 à 20 jours Gros chantier (plus de 30 000 €) : 15 jours, devis bloqué à réception de l'acompte

L'acompte sur un devis couvreur : comment le structurer

Les couvreurs ont besoin de commander les matériaux avant de démarrer le chantier. Une réfection complète de toiture nécessite des commandes parfois importantes : palettes de tuiles, tonnes d'ardoises, rouleaux d'écrans de sous-toiture, profilés de zinguerie. Il est parfaitement légitime de demander un acompte à la signature pour couvrir ces approvisionnements.

Le montant de l'acompte varie selon le type de chantier. En pratique couvreur :

  • Petite réparation urgente (moins de 1 000 euros) : pas d'acompte ou 30 % à la commande
  • Réfection partielle (1 000 à 5 000 euros) : 30 à 40 % à la signature
  • Réfection complète (5 000 à 20 000 euros) : 30 à 40 % à la signature, solde à la réception
  • Gros chantier (plus de 20 000 euros) : 30 % à la commande, 40 % en cours de chantier, 30 % à la réception

La loi ne fixe pas de montant maximum pour les acomptes entre professionnels et particuliers dans le bâtiment. Mais un acompte supérieur à 50 % sur un chantier chez un particulier peut être perçu comme abusif et potentiellement contesté. 30 à 40 % est la pratique courante et incontestable.

Mentionnez clairement les conditions de paiement sur le devis : "Acompte de 35 % à la signature du devis, solde à la réception des travaux. Paiement par virement bancaire ou chèque." La mention du mode de paiement accepté est obligatoire sur les devis et factures depuis la loi LME de 2008.

Devis couvreur et urgences : les règles spécifiques

Les urgences représentent une partie significative des chantiers couvreurs : tempête, chute d'arbre, fuite active. Dans ces situations, l'intervention précède souvent le devis. La loi encadre néanmoins ces situations pour protéger à la fois l'artisan et le client.

Le bon de commande ou devis d'urgence

Même en urgence, vous devez fournir un document écrit au client avant d'intervenir. Si vous ne pouvez pas faire un devis complet sur le moment, rédigez un "bon d'intervention d'urgence" mentionnant : votre identité et numéro SIRET, la date et l'heure d'intervention, la nature de l'urgence, les travaux prévus, une estimation du coût ou un tarif horaire, et la signature du client. Ce document vous protège en cas de contestation ultérieure.

Pour les urgences nocturnes ou week-end, indiquez clairement les majorations applicables. Un couvreur peut appliquer des majorations pour les interventions en dehors des heures normales, à condition d'en avoir informé le client avant l'intervention. Une majoration surprise sur la facture finale est un motif de litige quasi systématique.

Le droit de rétractation ne s'applique pas aux urgences

Pour les contrats signés au domicile du client (hors établissement), la loi Hamon prévoit un délai de rétractation de 14 jours. Mais cette règle ne s'applique pas aux "travaux d'entretien ou de réparation à réaliser d'urgence au domicile du consommateur et expressément sollicités par lui" (article L221-28 du Code de la consommation). Si le client vous appelle lui-même pour une urgence, le droit de rétractation ne s'applique pas. Mentionnez-le sur le bon d'intervention pour éviter toute ambiguïté.

Exemple de devis couvreur complet ligne par ligne

Voici un exemple de devis pour une réfection partielle de toiture en tuiles avec reprise de zinguerie, sur une maison de 1985 (logement de plus de 2 ans, TVA à 10 %).

En-tête du devis

Jean MARTIN Couverture Couvreur-Zingueur — SIRET : 412 345 678 00023 14 rue des Artisans, 35000 Rennes Tél. : 06 12 34 56 78 — email : jean.martin@couverture35.fr RC Pro et Décennale : MAAF, police n° 789456123, couverture France métropolitaine Qualibat n° 4421 — RGE QualiRGE isolation toiture jusqu'au 31/12/2026

Identification

DEVIS N° DEV-2026-0089 Date d'émission : 29/05/2026 Valable jusqu'au : 28/06/2026 Client : Mme Sophie BERNARD 12 chemin des Pins, 35170 Bruz Chantier : même adresse

DésignationQtéUnitéPU HTTVATotal HT
Dépose ancienne couverture versant Nord (35 m²), évacuation déchets en benne3512,00 €10 %420,00 €
Écran de sous-toiture HPV respirant, marque Isover VCL, 200 g/m²358,50 €10 %297,50 €
Liteaux pin traité classe 4, section 27×50 mm, pose356,00 €10 %210,00 €
Tuiles terre cuite méplat, teinte vieilli, marque Terreal Uni, pose complète3568,00 €10 %2 380,00 €
Faîtage fibrociment, pose et scellement (ML)12ml35,00 €10 %420,00 €
Noue zinc 0,65 mm, pose et raccords d'étanchéité6ml85,00 €10 %510,00 €
Solin zinc au joint de maçonnerie, fourniture et pose8ml55,00 €10 %440,00 €
Location et montage échafaudage (forfait)1fft480,00 €20 %480,00 €

Totaux

Total HT travaux toiture (TVA 10 %) : 4 677,50 € TVA 10 % : 467,75 € Total HT échafaudage (TVA 20 %) : 480,00 € TVA 20 % : 96,00 € TOTAL TTC : 5 721,25 € Acompte à la signature (35 %) : 2 002,44 € Solde à la réception : 3 718,81 €

Notez que l'échafaudage est facturé à 20 % et non à 10 %. La location d'échafaudage est une prestation de service distincte qui n'est pas couverte par le taux réduit des travaux de bâtiment. Si vous êtes propriétaire de votre échafaudage et que vous le facturez comme partie intégrante du chantier de couverture, certains professionnels appliquent le 10 % à l'ensemble. La pratique la plus sûre reste de distinguer les deux lignes.

Les clauses de protection à inclure dans vos devis

Un bon devis couvreur ne se limite pas aux mentions légales et aux prix. Des clauses de protection vous permettent d'encadrer les situations qui génèrent le plus de litiges : les travaux imprévus, les modifications en cours de chantier, et les mauvaises conditions météo.

La clause travaux imprévus

Une toiture cache souvent des surprises : charpente en mauvais état, chevrons à remplacer, isolation dégradée par l'humidité. Ajoutez systématiquement une clause du type : "Les travaux décrits ci-dessus sont réalisés sur la base d'un examen visuel de la toiture. En cas de découverte de désordres cachés (charpente dégradée, insectes xylophages, humidité structurelle), un avenant sera émis avant toute intervention supplémentaire. Le prix d'un avenant est établi sur la base des mêmes tarifs unitaires que le présent devis."

Cette clause vous protège contre les clients qui s'attendent à ce que vous gériez toutes les surprises au prix initial. Elle vous protège aussi contre les clients qui utilisent les travaux imprévus pour renégocier à la baisse le prix global.

La clause météo

Les couvreurs sont les artisans les plus exposés aux aléas météo. Une tempête peut retarder un chantier de plusieurs semaines. Ajoutez : "Les délais d'exécution sont indicatifs et susceptibles d'être modifiés en cas de conditions météorologiques défavorables (vent supérieur à 50 km/h, pluie, gel) rendant l'intervention dangereuse ou techniquement impossible. Ces retards ne constituent pas un motif de pénalité."

La clause de révision des prix matériaux

Pour les chantiers importants ou lorsque vous accordez une validité de plus de 30 jours, ajoutez : "Les prix des matériaux (tuiles, ardoises, zinc, cuivre, isolants) sont susceptibles d'être révisés en cas de variation de plus de 5 % des cours entre la date d'émission du devis et la date de commande des matériaux. Une information préalable sera transmise au client avant toute révision."

Devis couvreur et MaPrimeRénov' : ce que votre document doit contenir

Si votre client veut financer ses travaux d'isolation de toiture via MaPrimeRénov', votre devis doit contenir des informations spécifiques que l'ANAH (Agence Nationale de l'Habitat) exige pour instruire le dossier. Un devis incomplet entraîne systématiquement un rejet du dossier.

Les informations obligatoires pour MaPrimeRénov' sur un devis d'isolation de toiture sont : votre numéro RGE et la qualification correspondante aux travaux, la marque et la référence de l'isolant, la résistance thermique R visée (en m².K/W), l'épaisseur de l'isolant posé (en mm), la surface isolée (en m²), et la mention "Travaux éligibles aux aides à la rénovation énergétique selon l'article 278-0 bis du CGI".

L'ANAH exige aussi que le devis soit daté de moins de six mois au moment du dépôt du dossier. Si votre client met du temps à rassembler son dossier, vous devrez peut-être émettre un nouveau devis. Prévoyez-le dans votre relation commerciale.

Comment gérer un chantier avec plusieurs taux de TVA

La situation la plus courante pour un couvreur est un chantier avec à la fois des travaux à 10 % (réfection de couverture) et des travaux à 5,5 % (isolation sous toiture). Dans ce cas, vous êtes obligé de ventiler les deux taux sur le devis et la facture. Une facture globale avec un seul taux moyen n'est pas conforme et expose au redressement.

La méthode : créez deux sections distinctes dans le devis, avec un sous-total par section et le montant de TVA correspondant. En bas du devis, récapitulez : "Total HT section A (TVA 10 %) : X euros — TVA 10 % : Y euros. Total HT section B (TVA 5,5 %) : X euros — TVA 5,5 % : Y euros. Total TTC : Z euros."

Cette présentation est la seule qui permet à votre client de vérifier que les taux sont correctement appliqués, et à l'administration fiscale de contrôler votre déclaration de TVA sans trouver d'anomalie.

Archivage de vos devis : obligations légales du couvreur

Les devis de couvreurs sont des documents soumis à la garantie décennale. Cela signifie que vous pouvez être sollicité jusqu'à dix ans après la fin d'un chantier pour des désordres apparus sur la toiture. Dans ce contexte, l'archivage du devis signé est fondamental : c'est le document qui définit exactement ce que vous aviez prévu de faire, avec quels matériaux, et à quel prix.

Les obligations légales sont les suivantes : les devis signés (qui valent contrat) doivent être conservés 12 ans minimum (10 ans de garantie décennale + 2 ans de délai de prescription). Les devis refusés ou expirés doivent être conservés 5 ans. En pratique, archivez tout indéfiniment sous format numérique : l'espace de stockage est négligeable comparé au risque de perdre un document clé dans un litige.

Les erreurs les plus fréquentes sur les devis de couvreurs

Erreur n° 1 : oublier la mention décennale

C'est l'erreur la plus grave. Un devis sans mention décennale n'invalide pas votre couverture d'assurance, mais il crée une présomption de non-assurance devant les tribunaux. Votre client ou son assurance peut vous attaquer personnellement en invoquant cette absence. Automatisez cette mention dans votre modèle de devis.

Erreur n° 2 : appliquer le même taux de TVA à tout le chantier

Appliquer 10 % à l'intégralité d'un chantier qui inclut de l'isolation (5,5 %) ou de la construction neuve (20 %) est une erreur fiscale. En cas de contrôle, l'administration rappelle la TVA manquante avec des intérêts de retard de 0,2 % par mois. Ventiler les taux est une obligation, pas une option.

Erreur n° 3 : description trop vague des matériaux

"Fourniture et pose tuiles" sans référence ni quantité est une invitation au litige. Si vous posez des tuiles moins chères que ce que le client imaginait, il peut contester. Si les prix augmentent et que vous posez plus cher, vous ne pouvez pas justifier l'écart sans référence initiale. Détaillez toujours la marque, la référence, les dimensions et la quantité.

Erreur n° 4 : durée de validité trop longue

Un couvreur qui accorde trois mois de validité sur un devis avec des matériaux en zinc ou en cuivre prend un risque réel. Les cours des métaux non ferreux fluctuent hebdomadairement. 30 jours maximum, et une clause de révision pour les chantiers importants.

Erreur n° 5 : pas d'attestation TVA client

Appliquer le taux de 10 % sans obtenir l'attestation client (Cerfa 1301-SD) pour un chantier de plus de 300 euros TTC, c'est porter seul le risque fiscal. Si l'administration conteste le taux réduit (logement neuf, local commercial), c'est vous qui payez le rappel. Avec l'attestation, la solidarité fiscale se déplace sur le client qui a fait une fausse déclaration.

Logiciel de devis pour couvreur : ce qu'il doit vous apporter

Créer un devis couvreur manuellement dans Word ou Excel prend du temps et expose aux oublis. Les mentions légales varient selon les chantiers, les taux de TVA diffèrent selon les lignes, et les références matériaux doivent être fidèles à votre catalogue tarifaire. Un logiciel de devis adapté aux artisans du bâtiment doit vous permettre de créer un devis en moins de 15 minutes tout en garantissant la conformité légale.

Les fonctionnalités essentielles pour un couvreur : bibliothèque de prestations avec vos tarifs courants, gestion automatique des taux de TVA par ligne, intégration des mentions légales obligatoires (décennale, RGE), transformation du devis accepté en facture en un clic, et archivage numérique de tous vos devis avec leur statut. Le générateur de devis Kelyseo permet de créer ces documents en moins de 10 minutes, avec toutes les mentions spécifiques aux artisans du bâtiment.

Questions fréquentes sur les devis couvreurs

Un devis couvreur est-il obligatoire par écrit ?

Oui, dès lors que le montant dépasse 150 euros TTC pour un client particulier. C'est l'article L111-1 du Code de la consommation qui l'impose. En dessous de ce seuil, un accord verbal est légalement possible, mais en pratique, tout couvreur sérieux remettra un devis écrit même pour une petite intervention : la protection juridique en vaut le temps passé.

Puis-je facturer l'établissement d'un devis couvreur ?

Oui. Aucune loi n'impose la gratuité des devis pour les couvreurs. En pratique, les devis pour les petites réparations sont fournis gratuitement. Pour une inspection complète de toiture avec rapport d'état détaillé ou un relevé de métrés sur plusieurs versants, il est légitime de facturer une prestation de diagnostic. Avertissez toujours le client du coût de l'établissement du devis avant de vous déplacer.

Mon client a signé le devis mais veut annuler avant le début des travaux. Que faire ?

Un devis signé est un contrat. Si le client annule sans motif valable après la fin du délai de rétractation de 14 jours, vous pouvez réclamer des dommages et intérêts pour le préjudice subi : matériaux déjà commandés, créneau de chantier bloqué, manque à gagner. Envoyez une mise en demeure par lettre recommandée en réclamant le remboursement de vos frais engagés et une indemnité pour le créneau perdu. En pratique, un dialogue direct résout souvent ces situations sans litige judiciaire.

Combien de temps après un devis refusé suis-je libéré de son prix ?

Vous êtes libéré à la date d'expiration mentionnée sur le devis. Si vous n'avez mentionné aucune date d'expiration, la jurisprudence applique un "délai raisonnable" de 30 à 90 jours selon la nature des travaux. Au-delà, vous pouvez légitimement émettre un nouveau devis avec des prix actualisés.

Que faire si les matériaux augmentent entre le devis et le chantier ?

Si vous avez mentionné une clause de révision des prix sur le devis, vous pouvez informer le client de la hausse et émettre un avenant avant de commander. Si vous n'avez pas de clause de révision et que le devis est encore dans sa période de validité, vous êtes en principe tenu par les prix initiaux. C'est pourquoi la durée de validité courte (30 jours) et la clause de révision sont indispensables sur les chantiers importants.

Comment facturer quand je suis sous-traitant d'un autre couvreur ?

En sous-traitance entre professionnels assujettis à la TVA, c'est l'autoliquidation qui s'applique (article 283-2 nonies du CGI). Vous facturez hors taxe avec la mention obligatoire "Autoliquidation — article 283-2 nonies du CGI". Le donneur d'ordre déclare et reverse la TVA à votre place. Ne collectez jamais de TVA sur une facture de sous-traitance à destination d'un professionnel assujetti.

Pour créer des devis couvreur conformes avec toutes les mentions légales, les bons taux de TVA et la transformation automatique en facture, consultez le générateur de devis gratuit Kelyseo conçu pour les artisans du bâtiment.

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Rédigé par Youcef Belhenniche, fondateur de Kelyseo·Vérifié en 29 mai 2026

Ce guide est mis à jour régulièrement pour refléter les évolutions réglementaires.

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