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TVA carreleur : taux travaux rénovation et cas pratiques 2026

Publié le 25 mai 2026·14 min de lecture

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Un carreleur travaillant en rénovation dans une salle de bain facture à 10 %. Le même carreleur posant du carrelage dans une maison en construction facture à 20 %. Et s'il installe un plancher chauffant sous le carrelage d'un logement ancien, il passe à 5,5 %. Trois taux pour le même geste technique, selon un seul critère : l'ancienneté et la destination du local. Voici comment ne pas se tromper.

Le principe de base : ancienneté du logement et nature des travaux

En carrelage comme dans tous les corps d'état du bâtiment, le taux de TVA dépend avant tout de l'ancienneté du logement et de la nature exacte des travaux réalisés. Deux ans d'existence du bâtiment constituent la ligne de démarcation fiscale entre le neuf (20 %) et la rénovation (10 % ou 5,5 %).

Le cadre légal de référence est l'article 279-0 bis du Code général des impôts. Il prévoit un taux de 10 % pour les travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien portant sur des locaux à usage d'habitation achevés depuis plus de deux ans. Ce taux s'applique à la main-d'oeuvre et aux fournitures de matériaux livrés et posés dans le cadre d'un même contrat.

La particularité du carrelage : c'est un poste mixte par nature. Colle, carreaux, joint, bande de désolidarisation, pare-vapeur, sous-couche, profilés — tout ce qui est fourni et posé ensemble suit le taux de la prestation. Un carreleur qui vend uniquement des carreaux sans les poser les facture à 20 %, même dans un logement ancien, car il n'y a pas de prestation de travaux.

La deuxième condition est tout aussi importante : le local doit être à usage d'habitation. Un carrelage posé dans des bureaux, un local commercial ou une partie commune d'immeuble à usage non résidentiel reste à 20 %, quelle que soit l'ancienneté du bâtiment.

Taux 10 % : le carrelage en rénovation résidentielle

C'est le cas le plus courant pour un carreleur indépendant. Logement achevé depuis plus de 2 ans, usage d'habitation, travaux de rénovation ou d'amélioration : le taux est de 10 %. Cette règle couvre une large palette d'interventions :

  • Remplacement d'un carrelage existant dans une salle de bain ou une cuisine
  • Pose de carrelage sur une dalle béton existante dans un sous-sol ou une cave aménagée
  • Pose de faïence murale dans une salle de bain ou un plan de travail cuisine (si fourni et posé ensemble)
  • Réfection d'une terrasse carrelée attenante à un logement ancien (voir conditions ci-dessous)
  • Reprise de joints et ragréage de carrelage existant
  • Pose de plinthe carrelée dans des espaces d'habitation
  • Dépose et repose de carrelage lors d'un dégât des eaux
  • Imperméabilisation sous carrelage en rénovation (Schlüter, Kerdi, etc.) dans une salle d'eau

Les matériaux fournis dans le cadre de la prestation suivent le même taux. Carreaux, colle, joint, sous-couche, profilés de finition, bande de désolidarisation : tout est à 10 %. C'est l'un des avantages de la règle fiscale : pas de ventilation à faire entre matériaux et main-d'oeuvre si vous réalisez vous-même la pose.

Un seul cas où la ventilation s'impose : si vous vendez des carreaux supplémentaires à votre client sans les poser (il en a commandé en excédent, il garde un lot pour des réparations futures). Ces carreaux non posés restent à 20 %.

Taux 5,5 % : plancher chauffant sous carrelage et amélioration énergétique

Certaines interventions de carreleurs touchent directement à la performance énergétique d'un logement. Elles bénéficient du taux super-réduit de 5,5 %, prévu par l'article 278-0 bis du CGI pour les équipements et travaux d'amélioration de la qualité environnementale des logements.

Le cas principal est le plancher chauffant hydraulique ou électrique posé sous carrelage. Si vous réalisez la chape et la pose du carrelage sur un système de plancher chauffant dans un logement de plus de 2 ans, le taux de 5,5 % s'applique à l'ensemble de la prestation, y compris les carreaux.

Conditions pour bénéficier du 5,5 % :

  • Le logement est achevé depuis plus de 2 ans
  • Le logement est à usage d'habitation (résidence principale, secondaire ou locative)
  • Le travail concerne l'installation d'un système de chauffage par le sol ou d'une isolation par le sol
  • La prestation inclut à la fois la fourniture et la pose

Si vous intervenez à la fois sur un plancher chauffant (5,5 %) et sur le reste du carrelage de la pièce (10 %), vous devez ventiler sur la facture. Deux lignes distinctes, deux taux, deux montants de TVA calculés séparément. Un taux unique global n'est pas légal dans ce cas.

L'isolation par le sol est aussi concernée : si vous posez une sous-couche isolante thermique sous le carrelage dans un logement ancien, cette partie peut relever du 5,5 %. En pratique, si l'isolation est l'objectif principal de l'intervention, 5,5 %. Si c'est un geste accessoire d'un chantier de carrelage standard, 10 % sur l'ensemble est plus sûr et plus simple.

Taux 20 % : construction neuve et locaux non résidentiels

Le taux de droit commun à 20 % s'applique dans plusieurs situations distinctes :

Logement neuf (moins de 2 ans) : toutes vos prestations de carrelage sur un chantier de construction neuve ou dans un logement livré depuis moins de 2 ans sont à 20 %. Cela inclut les lotissements, les programmes immobiliers, les maisons individuelles en VEFA. Chaque artisan intervenant sur le chantier facture à 20 %, que ce soit le carreleur, le plombier ou le peintre.

Locaux commerciaux et professionnels : un restaurant, un commerce, des bureaux, un cabinet médical, un entrepôt. Même si le bâtiment a 50 ans, le taux reste à 20 % pour des travaux dans des locaux à usage professionnel.

Piscines : c'est l'un des pièges classiques pour les carreleurs. Le carrelage d'une piscine, d'un spa ou d'un bassin d'agrément est toujours à 20 %, même si la maison principale date de 1970. Une piscine n'est pas un local à usage d'habitation au sens fiscal du terme. Taux 20 % systématique, sans exception.

Parties communes d'immeuble à usage mixte : le hall d'entrée, les couloirs, les paliers d'un immeuble mixte (commerces en rez-de-chaussée, logements en étages). En théorie, si plus de 50 % des surfaces sont résidentielles, le taux de 10 % peut s'appliquer aux parties communes. En pratique, appliquer 20 % sur les parties communes est plus sûr pour éviter tout litige.

Le cas des terrasses : une règle à bien comprendre

Les terrasses carrelées sont une zone grise fréquente. La règle générale : une terrasse attenante à un logement résidentiel de plus de 2 ans bénéficie du taux de 10 % si elle est considérée comme un accessoire du logement.

En pratique, l'administration fiscale admet le 10 % pour :

  • Une terrasse carrelée directement accolée au logement, accessible depuis les pièces de vie
  • Un balcon ou une loggia carrelée dans un appartement existant
  • Une réfection de terrasse carrelée existante autour d'une piscine si la piscine elle-même date de plus de 2 ans (mais le carrelage de la piscine reste à 20 %)

En revanche, une terrasse isolée dans le jardin sans lien direct avec le logement, ou la création d'une grande terrasse sur pilotis qui constitue une extension significative du logement, peut basculer à 20 %.

La règle pratique : si la terrasse est directement accessible depuis l'intérieur du logement et constitue son prolongement naturel, appliquez 10 %. Si vous avez un doute, demandez à votre client de signer l'attestation TVA (formulaire Cerfa 1301-SD) et conservez-la.

L'attestation TVA : votre seule protection en cas de contrôle

Pour facturer à 10 % ou 5,5 %, vous devez obtenir de votre client une attestation signée avant le début des travaux. C'est le formulaire Cerfa 1301-SD, téléchargeable sur impots.gouv.fr. Il certifie que le logement est achevé depuis plus de 2 ans, qu'il est à usage d'habitation et que les travaux ne constituent pas une construction neuve.

Sans cette attestation, en cas de contrôle fiscal, vous êtes solidairement responsable du rappel de TVA avec votre client. Autrement dit, si le fisc établit que le 10 % n'était pas applicable, c'est vous qui devrez reverser la différence entre 10 % et 20 %, sauf si vous avez l'attestation — auquel cas la responsabilité bascule sur votre client.

Points pratiques sur l'attestation :

  • Une attestation par chantier pour les chantiers ponctuels
  • Pour un client récurrent (syndic, propriétaire bailleur multi-logements), une attestation annuelle valable pour tous les logements de l'année en cours
  • Conservez-les 4 ans minimum (délai de prescription fiscale)
  • Pour les chantiers inférieurs à 300 € TTC, l'attestation n'est pas obligatoire — mais l'obtenir reste une bonne pratique

Intégrez la demande d'attestation dans votre processus commercial. Le meilleur moment : lors de la signature du devis. Un devis signé sans attestation, c'est un chantier que vous commencez sans filet.

Tableau récapitulatif par type de chantier

Type de chantierTaux TVACondition
Rénovation salle de bain, cuisine (logement > 2 ans)10 %Attestation client obligatoire
Faïence murale (logement > 2 ans)10 %Fourni et posé dans le même contrat
Terrasse attenante à logement ancien10 %Directement accessible depuis le logement
Plancher chauffant sous carrelage (logement > 2 ans)5,5 %Fourni et posé, logement résidentiel
Isolation par le sol sous carrelage5,5 %Objet principal de l'intervention
Construction neuve ou logement < 2 ans20 %Sans exception
Piscine, spa, bassin d'agrément20 %Jamais un logement au sens fiscal
Local commercial, bureau, restaurant20 %Usage non résidentiel
Vente de carreaux seuls (sans pose)20 %Pas de prestation de travaux

Auto-entrepreneur carreleur : règles spécifiques

En auto-entreprise, vous n'êtes pas redevable de la TVA tant que votre chiffre d'affaires reste sous le seuil de franchise. En 2026, ce seuil est de 37 500 € de CA annuel pour les prestations de services (dont relève le carrelage). Le seuil majoré permettant de rester en franchise jusqu'à la fin de l'année civile est de 41 250 €.

Tant que vous êtes en franchise de TVA, la mention obligatoire sur chaque devis et facture est : "TVA non applicable — article 293 B du CGI". Sans cette mention, votre client assujetti à la TVA ne pourra pas récupérer une TVA qui n'est de toute façon pas collectée, et vous exposez votre facturation à des questions lors d'un contrôle.

Dès que vous franchissez l'un de ces seuils, vous devenez redevable de la TVA le premier jour du mois de dépassement. Les taux à appliquer sont alors exactement ceux décrits dans cet article. Pas d'adaptation particulière pour les auto-entrepreneurs : les mêmes règles de taux s'appliquent.

Pour les auto-entrepreneurs carreleurs, la franchise de TVA est un avantage concurrentiel sur les petits chantiers résidentiels. Votre devis est naturellement moins cher en HT, et votre client particulier (non assujetti) n'a pas à avancer de TVA. Ce différentiel disparaît dès que vous dépassez le seuil.

Un auto-entrepreneur carreleur qui approche du seuil devrait anticiper : si votre CA de septembre représente 80 % du seuil, il est probable que vous le dépassiez avant décembre. Préparez vos numéros de TVA et votre logiciel de facturation en conséquence pour ne pas avoir à refacturer à vos clients avec TVA sur des chantiers déjà engagés.

Les 5 erreurs classiques d'un carreleur sur la TVA

Erreur 1 : appliquer 10 % sur le carrelage d'une piscine. Une piscine n'est pas un logement au sens de l'article 279-0 bis du CGI. Peu importe que la maison ait 40 ans. Le carrelage de piscine est à 20 %, systématiquement.

Erreur 2 : vendre des carreaux supplémentaires à 10 % parce que le chantier est en rénovation. Les carreaux vendus sans prestation de pose (un surplus commandé par le client, des carreaux de remplacement futurs) sont une vente de marchandises à 20 %. Le taux réduit s'applique uniquement à la prestation de pose et aux matériaux livrés dans ce cadre.

Erreur 3 : ne pas ventiler plancher chauffant (5,5 %) et carrelage standard (10 %) sur la même facture. Deux taux sur un même chantier = deux lignes sur la facture. Un taux moyen n'est pas légal. En cas de contrôle, l'administration applique 20 % sur la totalité si elle constate une ventilation incorrecte.

Erreur 4 : oublier l'attestation TVA pour un chantier de rénovation évident. Même pour une maison manifestement ancienne, l'attestation client est la seule protection légale du carreleur. Sans elle, en cas de litige ou de contrôle, vous êtes exposé au rappel de TVA.

Erreur 5 : appliquer 10 % dans un logement neuf parce que les travaux de carrelage sont réalisés après la livraison. Un logement livré depuis 18 mois reste "neuf" fiscalement. Le taux de 10 % ne s'applique qu'à partir de 2 ans d'ancienneté, calculés à partir de la date d'achèvement des travaux (déclaration d'achèvement déposée en mairie).

Pour aller plus loin sur les taux TVA dans le bâtiment : taux TVA travaux bâtiment 2026 — tous les corps de métier.

Comment bien facturer avec les bons taux : exemples chiffrés

Exemple 1 : réfection de salle de bain complète

Chantier salle de bain — maison de 1985

Dépose carrelage existant : 350 € HT Fourniture et pose carrelage sol (12 m²) : 1 440 € HT Fourniture et pose faïence murale (18 m²) : 1 620 € HT Imperméabilisation receveur douche : 280 € HT Joints et finitions : 180 € HT Total HT : 3 870 € TVA 10 % : 387 € Total TTC : 4 257 €

Exemple 2 : chantier mixte plancher chauffant + carrelage

Séjour avec plancher chauffant — appartement de 2002

Plancher chauffant électrique + chape (40 m²) : 3 200 € HT à 5,5 % TVA 5,5 % : 176 € Fourniture et pose carrelage grès (40 m²) : 2 800 € HT à 10 % TVA 10 % : 280 € Total HT : 6 000 € Total TVA : 456 € Total TTC : 6 456 €

Exemple 3 : chantier terrasse carrelée + carrelage piscine

Villa avec piscine — maison de 2009

Terrasse attenante carrelée (30 m²) : 2 700 € HT à 10 % TVA 10 % : 270 € Carrelage piscine (bassinage + lèchefrites, 45 m²) : 4 050 € HT à 20 % TVA 20 % : 810 € Total HT : 6 750 € Total TVA : 1 080 € Total TTC : 7 830 €

Ce dernier exemple illustre parfaitement pourquoi la ventilation est non négociable : appliquer 10 % à l'ensemble aurait représenté 675 € de TVA au lieu de 1 080 €, soit 405 € de TVA sous-collectée que le fisc aurait pu réclamer lors d'un contrôle.

Récupérer la TVA sur vos achats de matériaux

Si vous êtes assujetti à la TVA, vous récupérez la TVA payée sur vos achats professionnels (carreaux, colle, matériaux, outillage) via votre déclaration de TVA. Cette déduction s'appelle la TVA déductible.

La règle : vous déduisez la TVA que vous avez payée sur vos achats de la TVA que vous avez collectée sur vos ventes. Si vos achats génèrent plus de TVA déductible que vos ventes n'en collectent, vous obtenez un crédit de TVA remboursable.

Pour un carreleur, les principaux postes de TVA déductible sont : les carreaux achetés en négoce (facturés à 20 % par le négoce, déductibles à 20 %), les matériaux de mise en oeuvre (colle, joint, profilés), l'outillage professionnel (disqueuse, machine à couper le carrelage), les consommables (disques, lames), les frais de véhicule professionnel.

Pour en savoir plus : comment récupérer la TVA sur vos matériaux de chantier.

Gérer correctement ses taux de TVA sur chaque chantier nécessite un outil adapté. Un logiciel de facturation comme Kelyseo (essai gratuit 14 jours) vous permet de configurer les taux par ligne de devis, de générer les attestations client, et de suivre la TVA collectée par taux sur l'ensemble de vos chantiers.

FAQ

Quel taux de TVA pour la pose de carrelage dans une salle de bain d'un appartement construit en 2020 ?

20 %. Un appartement achevé en 2020 a moins de 6 ans. Il est encore considéré comme "neuf" fiscalement jusqu'à 2022. Si les travaux ont lieu après 2022, le logement a plus de 2 ans et le taux passe à 10 %. La date de référence est la date d'achèvement déclarée en mairie, pas la date d'emménagement du propriétaire.

Un carreleur auto-entrepreneur doit-il mentionner les taux de TVA sur ses devis ?

Non, s'il est en franchise de TVA. Dans ce cas, il mentionne uniquement "TVA non applicable — article 293 B du CGI" et ne fait figurer aucun taux ni montant de TVA. S'il est assujetti à la TVA (CA au-dessus du seuil), il doit faire figurer le taux et le montant de TVA sur chaque ligne du devis et de la facture.

Le carrelage d'un abri de jardin est-il à 10 % ou 20 % ?

En général 20 %. Un abri de jardin n'est pas un local à usage d'habitation. Sauf si l'abri est un local annexe directement rattaché à un logement résidentiel existant et considéré comme un accessoire du logement. La frontière est floue. En cas de doute, appliquer 20 % est la position la plus sûre.

Peut-on appliquer un taux unique sur une facture mixte rénovation et piscine ?

Non. La ventilation est obligatoire. La partie rénovation du logement est à 10 %, le carrelage piscine est à 20 %. Appliquer un taux unique moyen sur l'ensemble est contraire aux règles fiscales et expose à un redressement en cas de contrôle.

Que se passe-t-il si j'ai appliqué le mauvais taux sur une facture déjà payée ?

Vous devez émettre une facture rectificative (avoir + nouvelle facture au bon taux). Si vous avez sous-collecté de la TVA, vous devez reverser la différence à l'administration fiscale lors de votre prochaine déclaration. Si vous avez sur-collecté, vous régularisez en faveur de votre client. La régularisation spontanée est toujours préférable à un redressement suite à contrôle.

À lire aussi : comment facturer un chantier de carrelage (modèle complet avec fournitures) et tous les taux TVA bâtiment 2026 par corps de métier.

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Rédigé par Youcef Belhenniche, fondateur de Kelyseo·Vérifié en 25 mai 2026

Ce guide est mis à jour régulièrement pour refléter les évolutions réglementaires.

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