Un carreleur travaillant en rénovation dans une salle de bain facture à 10 %. Le même carreleur posant du carrelage dans une maison en construction facture à 20 %. Et s'il installe un plancher chauffant sous le carrelage d'un logement ancien, il passe à 5,5 %. Trois taux pour le même geste technique, selon un seul critère : l'ancienneté et la destination du local. Voici comment ne pas se tromper.
Le principe de base : ancienneté du logement et nature des travaux
En carrelage comme dans tous les corps d'état du bâtiment, le taux de TVA dépend avant tout de l'ancienneté du logement et de la nature exacte des travaux réalisés. Deux ans d'existence du bâtiment constituent la ligne de démarcation fiscale entre le neuf (20 %) et la rénovation (10 % ou 5,5 %).
Le cadre légal de référence est l'article 279-0 bis du Code général des impôts. Il prévoit un taux de 10 % pour les travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien portant sur des locaux à usage d'habitation achevés depuis plus de deux ans. Ce taux s'applique à la main-d'oeuvre et aux fournitures de matériaux livrés et posés dans le cadre d'un même contrat.
La particularité du carrelage : c'est un poste mixte par nature. Colle, carreaux, joint, bande de désolidarisation, pare-vapeur, sous-couche, profilés — tout ce qui est fourni et posé ensemble suit le taux de la prestation. Un carreleur qui vend uniquement des carreaux sans les poser les facture à 20 %, même dans un logement ancien, car il n'y a pas de prestation de travaux.
La deuxième condition est tout aussi importante : le local doit être à usage d'habitation. Un carrelage posé dans des bureaux, un local commercial ou une partie commune d'immeuble à usage non résidentiel reste à 20 %, quelle que soit l'ancienneté du bâtiment.
Taux 10 % : le carrelage en rénovation résidentielle
C'est le cas le plus courant pour un carreleur indépendant. Logement achevé depuis plus de 2 ans, usage d'habitation, travaux de rénovation ou d'amélioration : le taux est de 10 %. Cette règle couvre une large palette d'interventions :
- Remplacement d'un carrelage existant dans une salle de bain ou une cuisine
- Pose de carrelage sur une dalle béton existante dans un sous-sol ou une cave aménagée
- Pose de faïence murale dans une salle de bain ou un plan de travail cuisine (si fourni et posé ensemble)
- Réfection d'une terrasse carrelée attenante à un logement ancien (voir conditions ci-dessous)
- Reprise de joints et ragréage de carrelage existant
- Pose de plinthe carrelée dans des espaces d'habitation
- Dépose et repose de carrelage lors d'un dégât des eaux
- Imperméabilisation sous carrelage en rénovation (Schlüter, Kerdi, etc.) dans une salle d'eau
Les matériaux fournis dans le cadre de la prestation suivent le même taux. Carreaux, colle, joint, sous-couche, profilés de finition, bande de désolidarisation : tout est à 10 %. C'est l'un des avantages de la règle fiscale : pas de ventilation à faire entre matériaux et main-d'oeuvre si vous réalisez vous-même la pose.
Un seul cas où la ventilation s'impose : si vous vendez des carreaux supplémentaires à votre client sans les poser (il en a commandé en excédent, il garde un lot pour des réparations futures). Ces carreaux non posés restent à 20 %.
Taux 5,5 % : plancher chauffant sous carrelage et amélioration énergétique
Certaines interventions de carreleurs touchent directement à la performance énergétique d'un logement. Elles bénéficient du taux super-réduit de 5,5 %, prévu par l'article 278-0 bis du CGI pour les équipements et travaux d'amélioration de la qualité environnementale des logements.
Le cas principal est le plancher chauffant hydraulique ou électrique posé sous carrelage. Si vous réalisez la chape et la pose du carrelage sur un système de plancher chauffant dans un logement de plus de 2 ans, le taux de 5,5 % s'applique à l'ensemble de la prestation, y compris les carreaux.
Conditions pour bénéficier du 5,5 % :
- Le logement est achevé depuis plus de 2 ans
- Le logement est à usage d'habitation (résidence principale, secondaire ou locative)
- Le travail concerne l'installation d'un système de chauffage par le sol ou d'une isolation par le sol
- La prestation inclut à la fois la fourniture et la pose
Si vous intervenez à la fois sur un plancher chauffant (5,5 %) et sur le reste du carrelage de la pièce (10 %), vous devez ventiler sur la facture. Deux lignes distinctes, deux taux, deux montants de TVA calculés séparément. Un taux unique global n'est pas légal dans ce cas.
L'isolation par le sol est aussi concernée : si vous posez une sous-couche isolante thermique sous le carrelage dans un logement ancien, cette partie peut relever du 5,5 %. En pratique, si l'isolation est l'objectif principal de l'intervention, 5,5 %. Si c'est un geste accessoire d'un chantier de carrelage standard, 10 % sur l'ensemble est plus sûr et plus simple.
Taux 20 % : construction neuve et locaux non résidentiels
Le taux de droit commun à 20 % s'applique dans plusieurs situations distinctes :
Logement neuf (moins de 2 ans) : toutes vos prestations de carrelage sur un chantier de construction neuve ou dans un logement livré depuis moins de 2 ans sont à 20 %. Cela inclut les lotissements, les programmes immobiliers, les maisons individuelles en VEFA. Chaque artisan intervenant sur le chantier facture à 20 %, que ce soit le carreleur, le plombier ou le peintre.
Locaux commerciaux et professionnels : un restaurant, un commerce, des bureaux, un cabinet médical, un entrepôt. Même si le bâtiment a 50 ans, le taux reste à 20 % pour des travaux dans des locaux à usage professionnel.
Piscines : c'est l'un des pièges classiques pour les carreleurs. Le carrelage d'une piscine, d'un spa ou d'un bassin d'agrément est toujours à 20 %, même si la maison principale date de 1970. Une piscine n'est pas un local à usage d'habitation au sens fiscal du terme. Taux 20 % systématique, sans exception.
Parties communes d'immeuble à usage mixte : le hall d'entrée, les couloirs, les paliers d'un immeuble mixte (commerces en rez-de-chaussée, logements en étages). En théorie, si plus de 50 % des surfaces sont résidentielles, le taux de 10 % peut s'appliquer aux parties communes. En pratique, appliquer 20 % sur les parties communes est plus sûr pour éviter tout litige.
Le cas des terrasses : une règle à bien comprendre
Les terrasses carrelées sont une zone grise fréquente. La règle générale : une terrasse attenante à un logement résidentiel de plus de 2 ans bénéficie du taux de 10 % si elle est considérée comme un accessoire du logement.
En pratique, l'administration fiscale admet le 10 % pour :
- Une terrasse carrelée directement accolée au logement, accessible depuis les pièces de vie
- Un balcon ou une loggia carrelée dans un appartement existant
- Une réfection de terrasse carrelée existante autour d'une piscine si la piscine elle-même date de plus de 2 ans (mais le carrelage de la piscine reste à 20 %)
En revanche, une terrasse isolée dans le jardin sans lien direct avec le logement, ou la création d'une grande terrasse sur pilotis qui constitue une extension significative du logement, peut basculer à 20 %.
La règle pratique : si la terrasse est directement accessible depuis l'intérieur du logement et constitue son prolongement naturel, appliquez 10 %. Si vous avez un doute, demandez à votre client de signer l'attestation TVA (formulaire Cerfa 1301-SD) et conservez-la.
L'attestation TVA : votre seule protection en cas de contrôle
Pour facturer à 10 % ou 5,5 %, vous devez obtenir de votre client une attestation signée avant le début des travaux. C'est le formulaire Cerfa 1301-SD, téléchargeable sur impots.gouv.fr. Il certifie que le logement est achevé depuis plus de 2 ans, qu'il est à usage d'habitation et que les travaux ne constituent pas une construction neuve.
Sans cette attestation, en cas de contrôle fiscal, vous êtes solidairement responsable du rappel de TVA avec votre client. Autrement dit, si le fisc établit que le 10 % n'était pas applicable, c'est vous qui devrez reverser la différence entre 10 % et 20 %, sauf si vous avez l'attestation — auquel cas la responsabilité bascule sur votre client.
Points pratiques sur l'attestation :
- Une attestation par chantier pour les chantiers ponctuels
- Pour un client récurrent (syndic, propriétaire bailleur multi-logements), une attestation annuelle valable pour tous les logements de l'année en cours
- Conservez-les 4 ans minimum (délai de prescription fiscale)
- Pour les chantiers inférieurs à 300 € TTC, l'attestation n'est pas obligatoire — mais l'obtenir reste une bonne pratique
Intégrez la demande d'attestation dans votre processus commercial. Le meilleur moment : lors de la signature du devis. Un devis signé sans attestation, c'est un chantier que vous commencez sans filet.
Tableau récapitulatif par type de chantier
| Type de chantier | Taux TVA | Condition |
|---|---|---|
| Rénovation salle de bain, cuisine (logement > 2 ans) | 10 % | Attestation client obligatoire |
| Faïence murale (logement > 2 ans) | 10 % | Fourni et posé dans le même contrat |
| Terrasse attenante à logement ancien | 10 % | Directement accessible depuis le logement |
| Plancher chauffant sous carrelage (logement > 2 ans) | 5,5 % | Fourni et posé, logement résidentiel |
| Isolation par le sol sous carrelage | 5,5 % | Objet principal de l'intervention |
| Construction neuve ou logement < 2 ans | 20 % | Sans exception |
| Piscine, spa, bassin d'agrément | 20 % | Jamais un logement au sens fiscal |
| Local commercial, bureau, restaurant | 20 % | Usage non résidentiel |
| Vente de carreaux seuls (sans pose) | 20 % | Pas de prestation de travaux |
Auto-entrepreneur carreleur : règles spécifiques
En auto-entreprise, vous n'êtes pas redevable de la TVA tant que votre chiffre d'affaires reste sous le seuil de franchise. En 2026, ce seuil est de 37 500 € de CA annuel pour les prestations de services (dont relève le carrelage). Le seuil majoré permettant de rester en franchise jusqu'à la fin de l'année civile est de 41 250 €.
Tant que vous êtes en franchise de TVA, la mention obligatoire sur chaque devis et facture est : "TVA non applicable — article 293 B du CGI". Sans cette mention, votre client assujetti à la TVA ne pourra pas récupérer une TVA qui n'est de toute façon pas collectée, et vous exposez votre facturation à des questions lors d'un contrôle.
Dès que vous franchissez l'un de ces seuils, vous devenez redevable de la TVA le premier jour du mois de dépassement. Les taux à appliquer sont alors exactement ceux décrits dans cet article. Pas d'adaptation particulière pour les auto-entrepreneurs : les mêmes règles de taux s'appliquent.
Pour les auto-entrepreneurs carreleurs, la franchise de TVA est un avantage concurrentiel sur les petits chantiers résidentiels. Votre devis est naturellement moins cher en HT, et votre client particulier (non assujetti) n'a pas à avancer de TVA. Ce différentiel disparaît dès que vous dépassez le seuil.
Un auto-entrepreneur carreleur qui approche du seuil devrait anticiper : si votre CA de septembre représente 80 % du seuil, il est probable que vous le dépassiez avant décembre. Préparez vos numéros de TVA et votre logiciel de facturation en conséquence pour ne pas avoir à refacturer à vos clients avec TVA sur des chantiers déjà engagés.
Les 5 erreurs classiques d'un carreleur sur la TVA
Erreur 1 : appliquer 10 % sur le carrelage d'une piscine. Une piscine n'est pas un logement au sens de l'article 279-0 bis du CGI. Peu importe que la maison ait 40 ans. Le carrelage de piscine est à 20 %, systématiquement.
Erreur 2 : vendre des carreaux supplémentaires à 10 % parce que le chantier est en rénovation. Les carreaux vendus sans prestation de pose (un surplus commandé par le client, des carreaux de remplacement futurs) sont une vente de marchandises à 20 %. Le taux réduit s'applique uniquement à la prestation de pose et aux matériaux livrés dans ce cadre.
Erreur 3 : ne pas ventiler plancher chauffant (5,5 %) et carrelage standard (10 %) sur la même facture. Deux taux sur un même chantier = deux lignes sur la facture. Un taux moyen n'est pas légal. En cas de contrôle, l'administration applique 20 % sur la totalité si elle constate une ventilation incorrecte.
Erreur 4 : oublier l'attestation TVA pour un chantier de rénovation évident. Même pour une maison manifestement ancienne, l'attestation client est la seule protection légale du carreleur. Sans elle, en cas de litige ou de contrôle, vous êtes exposé au rappel de TVA.
Erreur 5 : appliquer 10 % dans un logement neuf parce que les travaux de carrelage sont réalisés après la livraison. Un logement livré depuis 18 mois reste "neuf" fiscalement. Le taux de 10 % ne s'applique qu'à partir de 2 ans d'ancienneté, calculés à partir de la date d'achèvement des travaux (déclaration d'achèvement déposée en mairie).
Pour aller plus loin sur les taux TVA dans le bâtiment : taux TVA travaux bâtiment 2026 — tous les corps de métier.
Comment bien facturer avec les bons taux : exemples chiffrés
Exemple 1 : réfection de salle de bain complète
Chantier salle de bain — maison de 1985
Dépose carrelage existant : 350 € HT Fourniture et pose carrelage sol (12 m²) : 1 440 € HT Fourniture et pose faïence murale (18 m²) : 1 620 € HT Imperméabilisation receveur douche : 280 € HT Joints et finitions : 180 € HT Total HT : 3 870 € TVA 10 % : 387 € Total TTC : 4 257 €
Exemple 2 : chantier mixte plancher chauffant + carrelage
Séjour avec plancher chauffant — appartement de 2002
Plancher chauffant électrique + chape (40 m²) : 3 200 € HT à 5,5 % TVA 5,5 % : 176 € Fourniture et pose carrelage grès (40 m²) : 2 800 € HT à 10 % TVA 10 % : 280 € Total HT : 6 000 € Total TVA : 456 € Total TTC : 6 456 €
Exemple 3 : chantier terrasse carrelée + carrelage piscine
Villa avec piscine — maison de 2009
Terrasse attenante carrelée (30 m²) : 2 700 € HT à 10 % TVA 10 % : 270 € Carrelage piscine (bassinage + lèchefrites, 45 m²) : 4 050 € HT à 20 % TVA 20 % : 810 € Total HT : 6 750 € Total TVA : 1 080 € Total TTC : 7 830 €
Ce dernier exemple illustre parfaitement pourquoi la ventilation est non négociable : appliquer 10 % à l'ensemble aurait représenté 675 € de TVA au lieu de 1 080 €, soit 405 € de TVA sous-collectée que le fisc aurait pu réclamer lors d'un contrôle.
Récupérer la TVA sur vos achats de matériaux
Si vous êtes assujetti à la TVA, vous récupérez la TVA payée sur vos achats professionnels (carreaux, colle, matériaux, outillage) via votre déclaration de TVA. Cette déduction s'appelle la TVA déductible.
La règle : vous déduisez la TVA que vous avez payée sur vos achats de la TVA que vous avez collectée sur vos ventes. Si vos achats génèrent plus de TVA déductible que vos ventes n'en collectent, vous obtenez un crédit de TVA remboursable.
Pour un carreleur, les principaux postes de TVA déductible sont : les carreaux achetés en négoce (facturés à 20 % par le négoce, déductibles à 20 %), les matériaux de mise en oeuvre (colle, joint, profilés), l'outillage professionnel (disqueuse, machine à couper le carrelage), les consommables (disques, lames), les frais de véhicule professionnel.
Pour en savoir plus : comment récupérer la TVA sur vos matériaux de chantier.
Gérer correctement ses taux de TVA sur chaque chantier nécessite un outil adapté. Un logiciel de facturation comme Kelyseo (essai gratuit 14 jours) vous permet de configurer les taux par ligne de devis, de générer les attestations client, et de suivre la TVA collectée par taux sur l'ensemble de vos chantiers.
Carreleur en sous-traitance : TVA et autoliquidation
Si vous intervenez en tant que sous-traitant d'un entrepreneur général ou d'un maître d'oeuvre, les règles de TVA sont différentes de celles qui s'appliquent quand vous travaillez directement pour le client final.
Le mécanisme d'autoliquidation
Depuis 2014, l'article 283-2 nonies du CGI impose l'autoliquidation de TVA pour les travaux immobiliers réalisés par un sous-traitant pour un donneur d'ordre assujetti à la TVA. Concrètement : vous émettez votre facture hors taxe avec la mention "Autoliquidation de TVA — article 283-2 nonies CGI". Vous ne collectez aucune TVA. C'est votre donneur d'ordre qui déclare et reverse la TVA à l'administration.
Quand l'autoliquidation s'applique
L'autoliquidation s'applique uniquement quand les deux conditions sont réunies : vous intervenez comme sous-traitant (pas comme prestataire direct du client final), et votre donneur d'ordre est assujetti à la TVA (entreprise, maître d'oeuvre professionnel). Si votre client final est un particulier, même dans le cadre d'un chantier coordonné par un maître d'oeuvre, vous restez en relation directe avec lui et collectez la TVA normalement au taux applicable.
Erreur à éviter : facturer avec TVA en sous-traitance
Certains carreleurs facturent par erreur avec TVA à leurs donneurs d'ordre assujettis. Cela crée un problème comptable des deux côtés et peut être requalifié par l'administration. Si vous avez déjà émis des factures avec TVA à un donneur d'ordre alors que l'autoliquidation aurait dû s'appliquer, émettez des avoirs et des factures rectificatives sans TVA. Votre donneur d'ordre ne peut pas récupérer une TVA qui n'aurait pas dû être collectée.
Carreleur en copropriété : parties communes et privatives
Les chantiers en copropriété sont fréquents pour les carreleurs (réfection de halls d'entrée, couloirs, caves). Les règles de taux peuvent différer selon la zone travaillée.
Parties privatives
Les parties privatives d'un appartement en copropriété (l'intérieur de l'appartement, les balcons privatifs) suivent les règles habituelles : 10 % si le logement est résidentiel et achevé depuis plus de 2 ans. Le donneur d'ordre est le propriétaire de l'appartement, et l'attestation est signée par lui. Rien de particulier par rapport à une intervention dans une maison individuelle.
Parties communes d'un immeuble résidentiel
Pour les parties communes d'un immeuble à usage exclusivement résidentiel (hall d'entrée, couloirs, cage d'escalier), le taux de 10 % s'applique si l'immeuble est achevé depuis plus de 2 ans. Le donneur d'ordre est le syndicat de copropriété ou son représentant (syndic). L'attestation est signée par le syndic au nom du syndicat.
Immeuble mixte (commerces + logements)
Quand l'immeuble comprend des locaux commerciaux (rez-de-chaussée) et des logements (étages), les parties communes sont à usage mixte. L'administration tolère en général le taux de 10 % si la majorité de la surface est résidentielle (plus de 50 %). En pratique, appliquer 20 % sur les parties communes d'un immeuble mixte est plus sûr et évite tout litige. Si vous optez pour le 10 %, conservez des éléments prouvant que l'immeuble est majoritairement résidentiel (état descriptif de division, attestation du syndic).
FAQ
Quel taux de TVA pour la pose de carrelage dans une salle de bain d'un appartement construit en 2020 ?
20 %. Un appartement achevé en 2020 a moins de 6 ans. Il est encore considéré comme "neuf" fiscalement jusqu'à 2022. Si les travaux ont lieu après 2022, le logement a plus de 2 ans et le taux passe à 10 %. La date de référence est la date d'achèvement déclarée en mairie, pas la date d'emménagement du propriétaire.
Un carreleur auto-entrepreneur doit-il mentionner les taux de TVA sur ses devis ?
Non, s'il est en franchise de TVA. Dans ce cas, il mentionne uniquement "TVA non applicable — article 293 B du CGI" et ne fait figurer aucun taux ni montant de TVA. S'il est assujetti à la TVA (CA au-dessus du seuil), il doit faire figurer le taux et le montant de TVA sur chaque ligne du devis et de la facture.
Le carrelage d'un abri de jardin est-il à 10 % ou 20 % ?
En général 20 %. Un abri de jardin n'est pas un local à usage d'habitation. Sauf si l'abri est un local annexe directement rattaché à un logement résidentiel existant et considéré comme un accessoire du logement. La frontière est floue. En cas de doute, appliquer 20 % est la position la plus sûre.
Peut-on appliquer un taux unique sur une facture mixte rénovation et piscine ?
Non. La ventilation est obligatoire. La partie rénovation du logement est à 10 %, le carrelage piscine est à 20 %. Appliquer un taux unique moyen sur l'ensemble est contraire aux règles fiscales et expose à un redressement en cas de contrôle.
Que se passe-t-il si j'ai appliqué le mauvais taux sur une facture déjà payée ?
Vous devez émettre une facture rectificative (avoir + nouvelle facture au bon taux). Si vous avez sous-collecté de la TVA, vous devez reverser la différence à l'administration fiscale lors de votre prochaine déclaration. Si vous avez sur-collecté, vous régularisez en faveur de votre client. La régularisation spontanée est toujours préférable à un redressement suite à contrôle.
Le carrelage d'un plan de travail en cuisine est-il à 10 % ou 20 % ?
10 % si la cuisine se trouve dans un logement résidentiel achevé depuis plus de 2 ans et que la faïence ou le carrelage est fourni et posé par le même artisan dans le cadre d'un même contrat. La pose de faïence murale et de carrelage sur un plan de travail relève de la catégorie des travaux d'amélioration d'un local d'habitation, éligible au taux réduit de 10 %.
Mon client m'a fourni ses propres carreaux. Quel taux sur ma facture de pose ?
Si vous réalisez uniquement la pose (sans fourniture de matériaux), votre prestation de main-d'oeuvre est à 10 % dans un logement résidentiel de plus de 2 ans. Le taux réduit couvre aussi bien la prestation globale (fourniture + pose) que la prestation de pose seule. Il n'est pas nécessaire que vous fournissiez les carreaux pour bénéficier du taux de 10 % sur la main-d'oeuvre. Demandez quand même l'attestation client, qui reste obligatoire.
Je pose du carrelage dans un gîte rural exploité en location saisonnière. Quel taux ?
Un gîte rural exploité en location saisonnière est un hébergement à vocation touristique et commerciale. S'il est classé ou exploité comme tel par un professionnel, le taux applicable est 20 %, quelle que soit l'ancienneté du bâtiment. Si le gîte appartient à un particulier qui le loue ponctuellement à titre non professionnel et que le local est assimilable à un logement, l'interprétation est plus nuancée. En cas de doute, consultez un conseiller fiscal ou appliquez 20 % et expliquez la situation à votre client.
À lire aussi : comment facturer un chantier de carrelage (modèle complet avec fournitures) et tous les taux TVA bâtiment 2026 par corps de métier.
Gérez vos devis et factures avec Kelyseo
Créez et envoyez vos documents en quelques clics. Conforme à la législation française, avec relances automatiques et suivi des paiements.
Essayer gratuitement