Beaucoup d'auto-entrepreneurs cotisent à l'URSSAF depuis des années sans avoir vérifié combien de trimestres de retraite ils ont réellement validés. Un auto-entrepreneur avec 30 000 € de CA en prestation de services valide 4 trimestres par an. Un auto-entrepreneur avec 5 000 € de CA peut ne valider que 2 trimestres, voire aucun. Le mécanisme de validation est mal connu — et le manque de trimestres peut coûter très cher à la retraite.
Comment fonctionnent les cotisations retraite d'un auto-entrepreneur
En régime micro-entrepreneur, les cotisations URSSAF sont calculées en pourcentage du chiffre d'affaires déclaré. Ce taux global inclut plusieurs cotisations sociales : maladie, maternité, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales, CSG, CRDS.
La cotisation retraite de base représente environ 6 à 7 % du CA total déclaré selon l'activité. Elle est intégrée dans le taux global URSSAF — vous ne la voyez pas séparément lors de votre déclaration, mais elle est bien là.
| Type d'activité | Taux URSSAF global 2026 | dont retraite de base (approx.) |
|---|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 12,3 % | ~5,9 % |
| Prestations de services BIC (artisans) | 21,2 % | ~7,2 % |
| Prestations de services BNC (libéral) | 21,1 % | Variable selon caisse (CIPAV ou CNAV) |
| Activités libérales CIPAV | 21,2 % | Retraite CIPAV (régime spécifique) |
Les artisans (plombiers, électriciens, maçons, peintres...) sont rattachés au régime général de la CNAV (Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse) pour leur retraite de base, et à l'IRCEC ou à la RCI (Retraite Complémentaire des Indépendants) pour la complémentaire. Les professions libérales réglementées (avocats, médecins, architectes) ont des caisses spécifiques (CIPAV, CARMF, etc.).
Comment valider des trimestres de retraite en auto-entreprise
C'est le point crucial que la plupart des auto-entrepreneurs ignorent. Valider un trimestre de retraite ne dépend pas du fait que vous cotisiez, mais du montant de CA que vous déclarez.
Pour valider un trimestre de retraite de base (régime général — CNAV), votre CA trimestriel doit correspondre à un certain nombre d'heures au SMIC. En 2026, la règle est la suivante : vous validez un trimestre si votre CA trimestriel génère des cotisations retraite équivalentes à 150 heures de SMIC.
En pratique, les seuils de CA pour valider des trimestres en 2026 sont approximativement :
| Activité | CA annuel pour 1 trimestre | CA annuel pour 4 trimestres |
|---|---|---|
| Prestation de services BIC (artisans) | ~3 900 € / trimestre | ~15 600 € / an |
| Prestation de services BNC (libéral CNAV) | ~4 200 € / trimestre | ~16 800 € / an |
| Vente de marchandises (BIC) | ~7 100 € / trimestre | ~28 400 € / an |
Ces seuils sont approximatifs et varient chaque année avec le SMIC. Pour connaître les seuils exacts applicables à votre situation, consultez votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr.
Conséquence concrète : un artisan en prestation de services qui génère 10 000 € de CA par an ne valide que 2 trimestres (pas 4). Il cotise sur 10 000 € mais ne valide que la moitié des trimestres d'une année complète. Sur une carrière de 10 ans à ce rythme, c'est 20 trimestres manquants — potentiellement plusieurs centaines d'euros de pension en moins chaque mois à la retraite.
La retraite complémentaire : un autre régime, d'autres règles
En parallèle de la retraite de base (CNAV), les auto-entrepreneurs artisans cotisent à une retraite complémentaire. Pour les artisans, c'est le régime RCI (Retraite Complémentaire des Indépendants).
Le fonctionnement est différent de la retraite de base. Au lieu de trimestres, vous accumulez des points de retraite. Chaque euro de cotisation retraite complémentaire vous rapporte un certain nombre de points, dont la valeur est fixée annuellement.
La mécanique est simple : plus votre CA est élevé, plus vous cotisez, plus vous accumulez de points, plus votre pension complémentaire sera élevée. Il n'y a pas de seuil minimum pour accumuler des points — même 1 € de cotisation vous rapporte des points.
En revanche, le nombre de points accumulés par un auto-entrepreneur reste généralement inférieur à celui d'un salarié ou d'un TNS au régime réel, car votre assiette de cotisation est votre CA (avec abattement forfaitaire implicite) plutôt que votre revenu net réel. Un artisan qui déclare 40 000 € de CA avec 15 000 € de charges réelles cotise comme s'il avait un revenu de 40 000 €, mais son revenu réel est de 25 000 € — la comparaison avec un salarié à 25 000 € de salaire brut n'est pas favorable.
La retraite des professions libérales CIPAV
Les auto-entrepreneurs exerçant une activité libérale réglementée affiliée à la CIPAV (architectes, ingénieurs-conseils, guides de montagne, ostéopathes, psychologues...) ont un régime de retraite distinct.
La CIPAV utilise un système de classes de cotisation. En régime micro, les auto-entrepreneurs CIPAV cotisent à la classe A (la plus basse) par défaut. La cotisation est fixe — non plus proportionnelle au CA — depuis 2013 pour les micro-entrepreneurs CIPAV.
Points importants pour les libéraux CIPAV en auto-entreprise :
- La cotisation CIPAV est fixe (classe A en 2026 : environ 1 458 €/an pour la retraite de base)
- Elle est due même si votre CA est nul (sauf exonération de début d'activité la 1ère année)
- Elle vous donne droit à 4 trimestres par an, quelle que soit votre activité, dès lors que vous êtes affilié
- La retraite complémentaire CIPAV fonctionne également en points, accumulés selon votre classe de cotisation
Si vous exercez une activité libérale non réglementée (consultant, coach, rédacteur, développeur web...), depuis 2018, vous êtes rattaché au régime général (CNAV) et non à la CIPAV. Les règles de validation de trimestres décrites ci-dessus s'appliquent.
Peut-on améliorer sa retraite en auto-entrepreneur ?
Oui, plusieurs leviers existent.
Augmenter son CA jusqu'au seuil de 4 trimestres. C'est la solution la plus directe. Si vous êtes à 12 000 € de CA annuel en prestation de services et qu'il vous faut 15 600 € pour valider 4 trimestres, atteindre ce seuil devient un objectif chiffré.
Le rachat de trimestres. Si vous avez des trimestres manquants (années de CA insuffisant, études supérieures longues, périodes de chômage), vous pouvez les racheter auprès de l'assurance retraite. C'est coûteux (plusieurs milliers d'euros par trimestre selon votre âge), mais ça peut valoir la peine selon votre situation et votre espérance de vie.
L'épargne retraite individuelle (PER). Le Plan d'Épargne Retraite individuel est ouvert à tous les travailleurs indépendants. Les versements sont déductibles du revenu imposable dans une certaine limite. C'est le complément privilégié pour un auto-entrepreneur qui sait que ses cotisations obligatoires seront insuffisantes pour maintenir son niveau de vie à la retraite.
Passer au régime réel. Si votre CA dépasse les plafonds ou si vous avez des charges importantes, passer à une structure au régime réel (EURL, SARL, SAS) vous permet de cotiser sur votre revenu net réel plutôt que sur votre CA brut. La protection sociale est souvent meilleure, et les droits à la retraite plus importants.
Vérifier ses droits : les outils disponibles
Lassuranceretraite.fr : votre espace personnel en ligne. Vous y trouvez votre relevé de carrière, le nombre de trimestres validés à date, et une estimation de votre pension à différents âges de départ. C'est la source officielle — consultez-le au moins une fois par an.
Le relevé de situation individuelle (RIS) : document envoyé automatiquement à 35, 40, 45 et 50 ans par l'assurance retraite. Il récapitule l'ensemble de votre carrière, tous régimes confondus. Vous pouvez le demander à tout moment sur lassuranceretraite.fr.
L'estimation indicative globale (EIG) : envoyée à partir de 55 ans, elle donne une estimation de votre pension selon différentes hypothèses d'âge de départ. C'est le document le plus complet pour planifier votre fin de carrière.
Mon compte Cipav (pour les libéraux CIPAV) : sur cipav.fr, vous consultez vos points accumulés et estimez votre future pension complémentaire.
En parallèle, votre suivi de CA dans votre logiciel de facturation vous permet de vérifier chaque trimestre si vous avez atteint le seuil de validation. Avec Kelyseo (essai gratuit 14 jours), vous voyez votre CA cumulé en temps réel et anticipez vos déclarations URSSAF sans calcul manuel.
Auto-entrepreneur et conjoint : droits retraite du conjoint collaborateur
Un auto-entrepreneur peut déclarer son conjoint comme conjoint collaborateur. Cette option, souvent sous-utilisée, a des implications directes sur les droits retraite du conjoint.
Le conjoint collaborateur est une personne mariée ou pacsée avec l'auto-entrepreneur, qui travaille régulièrement dans l'entreprise sans être salarié et sans percevoir de rémunération. En déclarant ce statut auprès de l'URSSAF, le conjoint bénéficie d'une couverture sociale personnelle, notamment pour la retraite.
En micro-entreprise, le conjoint collaborateur cotise à la retraite selon une assiette calculée sur une fraction du CA de l'auto-entrepreneur. Ces cotisations lui ouvrent des droits à la retraite de base (trimestres) et à la retraite complémentaire, indépendamment de ses propres revenus. C'est un avantage significatif pour les conjoints qui ne travaillent pas à l'extérieur et qui, sans ce statut, n'accumulent pas de droits à la retraite de leur propre chef.
La démarche : déclarer le conjoint collaborateur sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Une cotisation supplémentaire s'applique sur votre CA, calculée selon un taux défini par l'URSSAF. Cette cotisation est déductible du revenu imposable dans certaines limites.
Stratégie de fin de carrière : anticiper la transition vers la retraite
Arriver à la retraite en auto-entreprise sans avoir planifié sa sortie peut signifier des droits insuffisants et un niveau de vie amoindri. Voici les questions à se poser à 5-10 ans de la retraite.
Vérifier le nombre de trimestres manquants. Consultez votre relevé de carrière sur lassuranceretraite.fr et identifiez le nombre de trimestres qu'il vous reste à valider pour bénéficier d'une retraite à taux plein (sans décote). À 62 ans sans tous vos trimestres, vous subirez une décote permanente sur votre pension.
Calculer l'impact d'une décote vs un rachat de trimestres. Si vous avez moins de trimestres que nécessaire, vous avez deux options : travailler plus longtemps (partir plus tard) ou racheter des trimestres. Le rachat coûte plusieurs milliers d'euros par trimestre, mais peut être rentable si votre espérance de vie est longue et si la décote est importante.
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) comme levier complémentaire. Si vos cotisations obligatoires ne suffisent pas à maintenir votre niveau de vie à la retraite (ce qui est souvent le cas pour les auto-entrepreneurs à CA modéré), le PER est le complément idéal. Les versements sont déductibles de votre revenu imposable (dans la limite de 10 % de votre revenu net, avec un plafond annuel). Commencez tôt : la capitalisation sur 10 à 20 ans transforme des versements modestes en capital retraite significatif.
Réduire progressivement votre activité. Certains auto-entrepreneurs réduisent leur CA dans les années précédant la retraite pour alléger leur charge de travail, tout en conservant quelques clients fidèles. Cette réduction progressive doit être gérée avec soin car elle peut affecter la validation de trimestres si le CA descend sous les seuils.
Le cumul emploi-retraite comme transition en douceur. Une fois à la retraite, vous pouvez continuer votre activité en auto-entreprise et cumuler pension et revenus d'activité. Dans certains cas (cumul intégral), vous pouvez même acquérir de nouveaux droits et obtenir une surcote sur votre pension.
Les cotisations retraite auto-entrepreneur : un investissement, pas une charge
Il est tentant de voir les cotisations URSSAF uniquement comme une charge qui réduit le revenu disponible. Mais la cotisation retraite est un investissement différé : chaque euro cotisé contribue à la pension que vous percevrez pendant votre retraite.
Le calcul de rentabilité est personnel et dépend de votre âge de départ à la retraite et de votre espérance de vie. En France, l'espérance de vie à 62 ans dépasse 25 ans pour les femmes et 20 ans pour les hommes. Sur cette durée, une pension de 200 € par mois de plus représente 60 000 € sur 25 ans (pour une femme) ou 48 000 € sur 20 ans (pour un homme).
Vu sous cet angle, atteindre le seuil de validation des 4 trimestres annuels, même si cela demande un effort commercial, est souvent rentable à long terme. Un artisan en services qui passe de 12 000 € à 16 000 € de CA annuel valide 4 trimestres au lieu de 3 — cette amélioration modeste peut représenter, sur une carrière de 20 ans, 20 trimestres supplémentaires validés.
FAQ
Combien faut-il facturer pour valider 4 trimestres de retraite en auto-entreprise ?
En 2026, pour un artisan en prestation de services, il faut environ 15 600 € de CA annuel pour valider 4 trimestres. Pour la vente de marchandises, ce seuil est d'environ 28 400 €. Ces chiffres varient chaque année avec le SMIC et sont à vérifier sur lassuranceretraite.fr.
Si je ne génère pas de CA pendant plusieurs mois, est-ce que je perds mes droits retraite existants ?
Non. Les trimestres et points déjà acquis sont définitivement acquis. Une période d'inactivité ne les efface pas. En revanche, vous n'en accumulez pas de nouveaux pendant cette période. Si votre inactivité dure une année entière et que votre CA est nul, vous ne validez aucun trimestre pour cette année.
La retraite d'un auto-entrepreneur est-elle vraiment inférieure à celle d'un salarié ?
Généralement oui, à niveau de revenu équivalent. Un salarié cotise sur la totalité de son salaire brut (environ 28 % de cotisations patronales et salariales retraite), tandis qu'un auto-entrepreneur cotise entre 7 et 21 % de son CA, ce qui peut représenter un taux effectif inférieur sur le revenu net réel. De plus, l'employeur d'un salarié abonde les cotisations — avantage inexistant en auto-entreprise.
Puis-je cumuler retraite et auto-entreprise ?
Oui. Le cumul emploi-retraite est possible pour les auto-entrepreneurs. Si vous êtes retraité et que vous créez une auto-entreprise, vous pouvez continuer à exercer et percevoir votre pension de retraite. Dans certains cas (cumul intégral), la reprise d'activité peut vous permettre d'acquérir de nouveaux droits à la retraite et d'obtenir une majoration de pension.
Que se passe-t-il pour ma retraite si je ferme mon auto-entreprise ?
Les droits acquis sont conservés. La fermeture de l'auto-entreprise met fin aux cotisations futures mais n'efface pas les trimestres et points accumulés. Ces droits restent dans votre relevé de carrière et sont pris en compte dans le calcul de votre future pension, quel que soit le régime dans lequel vous cotisez ensuite (salarié, autre indépendant, etc.).
Puis-je volontairement augmenter mes cotisations retraite en auto-entreprise ?
Non, en régime micro-entreprise, les cotisations sont strictement proportionnelles au CA déclaré et calculées selon des taux fixes. Il n'existe pas d'option de cotisation volontaire supplémentaire au sein du régime micro-entrepreneur. En revanche, vous pouvez alimenter un Plan d'Épargne Retraite individuel (PER) pour vous constituer un complément de retraite par capitalisation, déductible de votre revenu imposable.
Mon auto-entreprise a eu peu de CA certaines années. Ces années comptent-elles quand même ?
Partiellement. Une année avec un CA insuffisant peut valider 1, 2 ou 3 trimestres selon les montants. Seules les années avec un CA nul (0 € déclaré) ne valident aucun trimestre. Même une activité partielle avec 5 000 € de CA en prestation de services valide généralement 1 ou 2 trimestres. Ces trimestres partiels s'accumulent dans votre relevé de carrière et contribuent au calcul de votre pension, même s'ils ne représentent pas une année pleine.
Un auto-entrepreneur peut-il bénéficier de la retraite anticipée pour carrière longue ?
Oui, à condition d'avoir commencé à travailler avant un certain âge et d'avoir validé suffisamment de trimestres avant 20 ans. Les cotisations en auto-entreprise comptent pour ce dispositif, au même titre que les trimestres salariés. Si vous avez commencé à travailler tôt (avant 16, 18 ou 20 ans selon le cas), vérifiez votre situation sur lassuranceretraite.fr pour savoir si vous êtes éligible à une retraite avant 62 ans.
À lire aussi : cotisations URSSAF auto-entrepreneur : calcul et taux 2026 et charges auto-entrepreneur 2026 : tous les pourcentages.
Pour suivre votre chiffre d'affaires encaissé et la base de calcul de vos cotisations retraite, le générateur de facture gratuit de Kelyseo affiche votre CA par période en temps réel.
Retraite de base et retraite complémentaire de l'auto-entrepreneur
Les cotisations retraite de l'auto-entrepreneur sont incluses dans le taux global de charges sociales (22 % pour les prestations de services BIC et BNC, 12,3 % pour les activités de vente). Ces cotisations financent deux régimes distincts : la retraite de base du SSI (Sécurité Sociale des Indépendants) et la retraite complémentaire RCI (Régime Complémentaire des Indépendants).
La retraite de base SSI
La retraite de base est gérée par le SSI pour les indépendants non agricoles. Elle fonctionne par points, convertis en trimestres. Le nombre de trimestres validés par an dépend du chiffre d'affaires encaissé : pour 2026, il faut environ 6 500 € de CA annuel pour valider 4 trimestres (1 trimestre par tranche de 1 625 € de CA). Un CA annuel de 3 250 € valide seulement 2 trimestres.
La retraite complémentaire RCI
La retraite complémentaire des indépendants (RCI) est calculée en points acquis tout au long de la carrière. Les cotisations versées sont converties en points selon la valeur d'achat du point. Au moment de la retraite, les points accumulés sont multipliés par la valeur de service du point pour calculer la pension complémentaire annuelle. Le montant est généralement plus faible que pour un salarié de niveau équivalent, car les cotisations micro-entrepreneur sont proportionnelles à un CA qui inclut les charges (contrairement aux cotisations salariales calculées sur le salaire net).
Simuler sa retraite en auto-entreprise
Avant de prendre des décisions sur votre épargne retraite ou votre changement de statut, simulez votre pension future. Deux outils officiels sont disponibles :
- Le simulateur M@rel sur info-retraite.fr : il agrège tous vos régimes de retraite (salarié, indépendant, ARRCO-AGIRC) et calcule une estimation de votre pension globale. Accessible avec votre identifiant France Connect.
- Le relevé de carrière sur lassuranceretraite.fr : il liste tous vos trimestres validés depuis votre premier emploi, y compris les trimestres assimilés (maladie, maternité, chômage).
Ces simulations sont indicatives. La pension finale dépend de l'évolution des règles de retraite et des valeurs de points. Refaites la simulation tous les deux à trois ans pour ajuster votre stratégie d'épargne.
Le PER individuel pour compenser la faiblesse des cotisations retraite
Le Plan d'Épargne Retraite individuel (PER) est l'outil de complément de retraite par capitalisation recommandé pour les auto-entrepreneurs. Ses avantages :
- Les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite de 10 % du revenu net (avec un plafond spécifique pour les TNS). Pour un auto-entrepreneur déclarant 30 000 € de revenus, la déduction peut atteindre 3 000 € par an.
- L'épargne est investie (fonds euros, unités de compte) et peut générer des plus-values non fiscalisées pendant la phase d'épargne.
- Au moment de la retraite, le capital peut être récupéré en rente viagère ou en capital (avec fiscalité sur la sortie).
- Des cas de déblocage anticipé existent (achat de résidence principale, décès du conjoint, invalidité, fin de droits au chômage).
Quel montant épargner chaque mois sur un PER ?
En règle générale, les conseillers en gestion de patrimoine recommandent d'épargner 10 à 15 % du revenu net pour la retraite. Pour un auto-entrepreneur avec 35 000 € de CA annuel, cela représente 3 500 à 5 250 € par an, soit 300 à 440 € par mois. Commencez tôt : l'effet des intérêts composés est significatif sur 20 ans.
Cumul emploi-retraite et retraite à taux plein
Reprendre une auto-entreprise après la retraite
Le cumul emploi-retraite permet de cumuler sa pension de retraite avec une activité en auto-entreprise. Si vous avez liquidé votre retraite à taux plein (tous les trimestres requis), le cumul est intégral : vous percevez l'intégralité de votre pension et pouvez avoir un CA illimité en auto-entreprise. Si vous avez pris une retraite à taux réduit (décote), le cumul est partiel et plafonné. Les cotisations versées après la reprise d'activité ne génèrent pas de droits supplémentaires à la retraite.
Pension de réversion pour le conjoint
En cas de décès d'un auto-entrepreneur, le conjoint survivant peut percevoir une pension de réversion représentant 54 % de la retraite de base du défunt (sous conditions de ressources) et une fraction de la retraite complémentaire. Le conjoint doit être marié (le PACS et le concubinage ne donnent pas droit à la réversion au régime SSI). Les conditions d'âge et de ressources varient selon le régime. Informez-vous auprès du SSI et de la CNAV pour connaître vos droits exacts.
Comparer la retraite auto-entrepreneur et la retraite salarié
La principale différence entre la retraite d'un auto-entrepreneur et celle d'un salarié tient aux bases de cotisation. Un salarié cotise sur son salaire brut (environ 25 à 28 % de cotisations retraite), tandis que l'auto-entrepreneur cotise sur son CA (qui inclut ses charges). À CA égal, l'auto-entrepreneur cotise donc sur une base plus large et obtient moins de droits qu'un salarié avec un salaire net équivalent au bénéfice de l'auto-entrepreneur.
Exemple chiffré de comparaison
- Auto-entrepreneur prestataire de services : CA 40 000 €/an. Cotisations retraite intégrées dans les 22 % de charges : environ 4 400 €/an versés aux régimes retraite. Revenu disponible après charges URSSAF : environ 31 200 €.
- Salarié cadre : salaire brut 35 000 €/an. Cotisations retraite (part salariale + patronale) : environ 9 800 €/an. Revenu net : environ 27 000 €.
- Pour un niveau de vie similaire, le salarié cotise davantage et accumule plus de droits à la retraite. L'auto-entrepreneur dispose de plus de revenus disponibles à court terme mais devra compenser par une épargne volontaire (PER, assurance-vie) pour une retraite équivalente.
Trimestres validés en auto-entreprise : le calcul détaillé
La validation des trimestres de retraite en auto-entreprise suit une règle spécifique basée sur le chiffre d'affaires annuel. Contrairement aux salariés (qui valident des trimestres en fonction du temps de travail), les indépendants valident des trimestres en fonction de leur CA.
Seuils de CA pour valider 1 à 4 trimestres en 2026
- 1 trimestre : CA annuel ≥ 1 625 € (prestations de services)
- 2 trimestres : CA annuel ≥ 3 250 €
- 3 trimestres : CA annuel ≥ 4 875 €
- 4 trimestres : CA annuel ≥ 6 500 €
Pour les activités de vente (BIC commerçants), les seuils sont légèrement différents car le taux de cotisation global est plus faible (12,3 %). Un CA de 6 500 € en prestations de services suffit à valider une année complète de retraite, soit une progression équivalente à un salarié au SMIC travaillant à temps plein.
Impacts des années à faible CA sur la pension
Une année avec seulement 2 trimestres validés au lieu de 4 représente 2 trimestres manquants. Sur une carrière de 40 ans, accumuler plusieurs années partielles peut créer un déficit de trimestres qui oblige à travailler plus longtemps ou à accepter une décote sur la pension. Pour anticiper ce risque, consultez régulièrement votre relevé de carrière sur lassuranceretraite.fr et identifiez les années incomplètes.
Départ à la retraite : à quel âge et à quelles conditions ?
Âge légal de départ et durée de cotisation
Depuis la réforme de 2023, l'âge légal de départ à la retraite est fixé à 64 ans (pour les générations nées après 1968). La durée de cotisation pour une retraite à taux plein est de 172 trimestres (43 ans) pour les générations nées à partir de 1965. Ces règles s'appliquent à tous les régimes, y compris le SSI des indépendants.
Retraite à taux plein avant 64 ans : conditions
Il est possible de partir avant 64 ans dans plusieurs cas : carrière longue (début avant 20 ans avec 5 trimestres validés avant la fin de l'année des 20 ans), invalidité ou inaptitude au travail, exposition à des facteurs de risques professionnels (pénibilité), ou situation de handicap. Les auto-entrepreneurs peuvent bénéficier de ces dispositifs si les conditions sont réunies, au même titre que les salariés.
Optimiser sa retraite en auto-entreprise : stratégies pratiques
Racheter des trimestres manquants
Il est possible de racheter des trimestres d'études supérieures ou des années incomplètes (jusqu'à 12 trimestres au total). Le coût varie selon votre âge et votre revenu. Ce rachat peut être judicieux si vous avez des années avec peu de CA et que vous êtes proche du nombre de trimestres requis. Consultez la simulation disponible sur lassuranceretraite.fr avant de décider.
Assurance-vie en complément du PER
L'assurance-vie est un autre outil d'épargne retraite pour les auto-entrepreneurs, complémentaire au PER. Elle ne bénéficie pas de déductibilité fiscale des versements, mais la fiscalité à la sortie est très avantageuse après 8 ans de détention (abattement de 4 600 € pour un célibataire, 9 200 € pour un couple). L'assurance-vie est plus flexible que le PER (retraits à tout moment) et peut servir d'épargne de précaution ou de transmission patrimoniale.
Combiner auto-entreprise et salariat pour maximiser les droits
Si vous exercez simultanément une activité salariée et une auto-entreprise, vos cotisations retraite s'accumulent dans les deux régimes. Le régime général des salariés (CNAV) et le SSI des indépendants calculent chacun vos droits de manière indépendante. Au moment de la retraite, vous percevez deux pensions distinctes. Cette configuration est fréquente pour les créateurs d'activité qui gardent un emploi salarié en parallèle.
FAQ retraite auto-entrepreneur
Ma pension auto-entrepreneur sera-t-elle suffisante pour vivre ?
Dans la majorité des cas, une carrière en auto-entreprise seule génère une pension modeste (souvent inférieure à 800 €/mois pour une carrière complète à CA moyen). Cette réalité doit vous pousser à épargner parallèlement via un PER, une assurance-vie ou de l'immobilier locatif. La retraite par capitalisation (épargne personnelle) est un complément indispensable pour les indépendants.
Puis-je cumuler plusieurs PER ?
Oui. Vous pouvez détenir plusieurs PER individuels auprès de différents établissements. Les plafonds de déductibilité s'appliquent globalement à l'ensemble de vos versements, pas par contrat. Il n'y a pas d'intérêt à multiplier les PER sauf pour diversifier les supports d'investissement ou bénéficier de la concurrence entre établissements sur les frais de gestion.
La retraite auto-entrepreneur est-elle imposable ?
Oui. Les pensions de retraite (retraite de base SSI + retraite complémentaire RCI) sont imposables à l'impôt sur le revenu, avec un abattement forfaitaire de 10 % (plafonné à 3 812 € par foyer). Les rentes issues d'un PER sont également imposables à la sortie (rente viagère) ou partiellement imposables (sortie en capital, selon la proportion de versements déduits). Consultez un conseiller fiscal pour optimiser la stratégie de sortie de votre PER.
Carrière mixte salarié-indépendant : comment consolider ses droits
De nombreux auto-entrepreneurs ont eu une carrière mixte : des années de salariat avant de se lancer en indépendant, ou une activité mixte simultanée. La consolidation de ces droits est importante pour maximiser la pension finale.
Relevé de carrière interrégimes
Le relevé de carrière disponible sur lassuranceretraite.fr liste tous vos trimestres validés, tous régimes confondus : régime général des salariés, RSI/SSI des indépendants, ARRCO/AGIRC pour la retraite complémentaire des salariés. Vérifiez que tous vos trimestres sont bien pris en compte, notamment les périodes d'auto-entreprise récentes (les déclarations de CA trimestrielles peuvent mettre 6 à 12 mois à apparaître sur le relevé).
Transfert de droits entre régimes
Il n'y a pas de transfert physique de droits entre régimes : chaque régime conserve les points ou trimestres accumulés en son sein. Au moment de la liquidation de la retraite, vous effectuez des demandes simultanées ou successives auprès de chaque régime. Le montant total de votre pension sera la somme des pensions de chaque régime.
Auto-entrepreneur artisan et retraite : spécificités
Les auto-entrepreneurs artisans (plombiers, électriciens, maçons, etc.) sont immatriculés au Répertoire des Métiers (RM) en plus de leur déclaration URSSAF. Sur le plan de la retraite, ils cotisent au même régime SSI que les autres auto-entrepreneurs, avec les mêmes règles de validation des trimestres en fonction du CA.
Cotisation à la Caisse de Retraite des Artisans (RSI historique)
Depuis 2020, le RSI a été intégré au régime général via le SSI. Les artisans auto-entrepreneurs cotisent désormais directement au SSI pour leur retraite de base et au RCI pour leur retraite complémentaire. Si vous avez cotisé au RSI avant 2020, vos droits ont été transférés automatiquement au SSI. Vérifiez votre relevé de carrière pour vous assurer que la transition n'a pas engendré d'anomalies.
Quel âge de départ optimal pour un auto-entrepreneur ?
Le calcul de l'âge optimal de départ à la retraite dépend de votre nombre de trimestres validés, de votre espérance de vie estimée et de vos besoins financiers. Il n'existe pas de réponse universelle, mais quelques principes généraux.
Partir à taux plein ou accepter une décote ?
Si vous n'avez pas le nombre de trimestres requis à 64 ans, vous pouvez partir avec une décote (réduction permanente de la pension) ou attendre d'atteindre l'âge du taux plein automatique (67 ans, quel que soit le nombre de trimestres). Un calcul simple : comparez la pension réduite perçue pendant les années supplémentaires par rapport à la pension pleine perçue plus tard. La simulation sur info-retraite.fr vous donne les montants pour chaque scénario.
Continuer l'auto-entreprise pour compléter ses trimestres
Si vous êtes à quelques trimestres du taux plein, continuer l'auto-entreprise quelques années supplémentaires peut valoir le coup pour maximiser votre pension. Comparez le coût de cette période supplémentaire de travail (stress, effort, charges) avec le gain en pension mensuelle sur la durée de la retraite. Pour une pension de retraite, le gain de 5 % par trimestre supplémentaire peut représenter plusieurs dizaines d'euros par mois à vie.
Ressources pour préparer sa retraite d'auto-entrepreneur
- info-retraite.fr : le portail officiel de simulation retraite, toutes caisses confondues
- SSI (Sécurité Sociale des Indépendants) : ssi.fr - consulter votre relevé de carrière SSI
- Agirc-Arrco : si vous avez eu une carrière salariale avant l'auto-entreprise
- RCI (Retraite Complémentaire des Indépendants) : rci-retraite.fr - vos points retraite complémentaire artisan
- Chambre de Métiers et de l'Artisanat : accompagnement à la préparation de la retraite artisanale
- Assurance retraite Carsat : carsat-*.fr selon votre région pour les artisans et commerçants
- CIPAV : caisse de retraite des professions libérales non réglementées
Retraite et patrimoine : protéger ses proches
La retraite est aussi l'occasion de réfléchir à la transmission de son patrimoine et à la protection de son conjoint. Pour un auto-entrepreneur, les solutions courantes sont :
- Assurance-vie : placement hors succession, capital versé directement aux bénéficiaires désignés
- PER individuel : déduit fiscalement en régime réel, mais aussi sortie en capital à la retraite
- Pension de réversion pour le conjoint : 54 % de la pension de base SSI versés au conjoint survivant
- Testament ou donation : pour les actifs (fonds artisanal, véhicules professionnels) non couverts par la succession légale
- Prévoyance décès-invalidité : assure un capital ou une rente en cas de décès prématuré ou d'invalidité avant la retraite
Optimiser ses dernières années d'activité pour maximiser la retraite
- Racheter des trimestres : possible pour compléter des années creuses (études, activité partielle)
- Cotisation maximale SSI : dans les années précédant la retraite, cotiser au plafond pour acquérir le maximum de trimestres
- Surcote : partir après l'âge du taux plein augmente la pension de 1,25 % par trimestre supplémentaire
- Cumul emploi-retraite : continuer à exercer en auto-entrepreneur tout en percevant sa retraite (sous conditions)
- Bilan retraite : faire établir un bilan par un conseiller spécialisé 5 ans avant la retraite pour optimiser
La retraite d'un auto-entrepreneur requiert une anticipation active tout au long de la carrière. En comprenant le fonctionnement du régime SSI et en mettant en place des solutions complémentaires (PER, assurance-vie, prévoyance), vous préparez une retraite digne de votre travail d'indépendant. Ce guide est mis à jour régulièrement pour 2026.
Checklist retraite pour l'auto-entrepreneur
- Vérifier chaque année son relevé de carrière sur info-retraite.fr et signaler toute anomalie
- Calculer le nombre de trimestres validés et l'estimation de pension sur le simulateur officiel
- Souscrire un PER ou une assurance-vie dès les premières années d'activité indépendante
- Ne jamais négliger les cotisations URSSAF : chaque trimestre non cotisé est un trimestre perdu à jamais
- Anticiper les périodes de faible revenu (maladie, congé parental) qui peuvent créer des trimestres insuffisants
- Prévoir un bilan retraite complet avec un conseiller spécialisé 5 à 10 ans avant la retraite envisagée
- Informer son conjoint sur les pensions de réversion et les droits dérivés pour anticiper les risques
Pour aller plus loin, consultez notre guide sur les aides à la création d'auto-entreprise et notre article sur le compte bancaire professionnel pour auto-entrepreneur.
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